Arthrite: causes, traitement naturel

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L'arthrite est une affection inflammatoire, qui se manifeste par une inflammation d'une articulation. Contrairement à l'arthrose, elle ne détruit pas les cartilages. Fortement invalidante, elle peut occasionner de fortes douleurs. Quels sont les symptômes,causes et traitement naturel de l'arthrite?

Définition

Femme souffrant d'arthrite: causes et traitement naturel de ce trouble.

L’arthrite est une inflammation de l’articulation, caractérisée par quatre facteurs concomitants : la Douleur,  la Chaleur, la Tuméfaction, la Rougeur (en latin Dolor, Calor, Tumor, Rubor). L’arthrite ne détruit pas le cartilage (au contraire de l’arthrose). Elle est aiguë ou chronique et touche une seule articulation (monoarthrite) par opposition à la polyarthrite touchant plusieurs articulations.

Symptômes et prévalence

L’arthrite, touche  environ 10 % de la population, tous âges confondus.

La douleur va toucher une seule articulation et va se manifester par un ou plusieurs des symptômes suivants :

  • Douleur (Dolor) localisée, permanente
  • Inflammation (arthrite) : Rougeur (Rubor), Chaleur (Calor). La douleur est inflammatoire, c'est-à-dire qu’elle est ressentie même au repos, et s’aggrave à l’effort
  • Douleur aiguë, parfois vive, intense due à la présence d’acides (urique, oxalique…) et la formation de microcristaux dans l’articulation : arthrite microcristalline. Cette arthrite peut être la goutte (acide urique et urates de sodium) ou la chondrocalcinose (cristaux de pyrophosphate de calcium).
  • Enflure (Tumor) ou gonflement (bursite) : épanchement de liquide (le sang ou la synovie qui est le liquide de l’articulation) notamment après un traumatisme. Une arthrocentèse permettra un diagnostic.

Les autres symptômes qui doivent faire suspecter une cause plus grave sont :

  • La fièvre, une augmentation de la température corporelle qui peut être signe d’une infection : arthrite septique, ou arthrite infectieuse
  • Une éruption cutanée à proximité de l’articulation douloureuse, un érythème migrant : arthrite de Lyme
  • Une hémorragie pouvant résulter d’une maladie hémorragique associée : hémarthrose

Causes médicales

Blessure ou choc violent / Mouvement répétitif, effort prolongé

Une sollicitation répétitive et forcée comme dans la danse, ou tout sport, pratiqué de manière intensive pendant des années, fatigue l’articulation qui peut être douloureuse.

De même un choc sur une articulation qui entraîne une lésion telle qu’une fracture, une déchirure du tendon ou du muscle, ou encore une entorse, a des conséquences immédiates ou à long terme.

Soit cela entraîne une inflammation aiguë, immédiate, avec éventuellement épanchement de liquide comme le sang (hémarthrose) ou de liquide synovial, avec augmentation du volume de l’articulation : cela peut être de l’arthrite.

Infection ou séquelles d’une infection

Une infection aiguë de toute origine (champignon, virus, bactérie) peut être à l’origine d’une inflammation d’une articulation : c’est une arthrite infectieuse ou arthrite septique, avec les symptômes communs à toute arthrite (en latin Dolor, Calor, Tumor, Rubor). Cela peut être aussi les séquelles :

  • d’une infection grave après une angine mal soignée (streptocoque A-β hémolytique) entraînant un Rhumatisme Articulaire Aigu (RAA),
    • d’une forme chronique de la maladie de Lyme (arthrite de Lyme) qui est une infection récente ou ancienne après la morsure d’une tique infectée par la bactérie borrélie. La chronicité de cette maladie fait encore débat (pour des raisons difficilement compréhensibles, surtout pour les malades)

Tumeur

Rare, cette cause bénigne ou maligne entraîne tous les signes d’une arthrite avec installation progressive d’une douleur permanente.

Traitements médicamenteux 

Certains médicaments (ciclosporine, diurétiques…) acidifient l’organisme et entraînent, comme dans le déséquilibre acido-basique (voir ci-dessous) la formation de microcristaux au niveau des articulations, entraînant une inflammation généralement locale : hallux ou genou1. C’est ce que l’on appelle une arthrite microcristalline.

Causes de terrain

L’équilibre acido-basique

Outre les effets secondaires de certains médicaments, l’arthrite est due à un déséquilibre alimentaire :

  • Excès d’acide urique (alcools, bière et cidre, fruits de mer, charcuteries et abats, lentilles, viande rouge, sardines…),
    • insuffisance d’aliments alcalins comme la plupart des légumes et des fruits (à l’exception des sources d’acide oxalique à éviter : oseille, rhubarbe, épinard cru)….
    • Autres aliments acidifiants : tomates cuites, fruits trop verts, agrumes hors saison, kiwis, mais aussi cacao, soda, tabac, thé noir, …

Dans le cas d’un déséquilibre acido-basique entre protéines (acidifiantes) et légumes verts (alcalinisants), l’acidité des tissus va être équilibrée par l’organisme en puisant dans ses ressources minérales, ce qui entraîne la formation de microcristaux dans les articulations, cristaux qui vont engendrer des douleurs localisées.

L’alimentation

Elle joue un rôle encore négligé sur l’inflammation articulaire, non seulement en raison du déséquilibre acido-basique que nous venons de voir mais aussi des effets d’autres aliments qui favorisent l’inflammation en général comme les sucres, les aliments raffinés dont l’index glycémique est trop élevé (riz blanc, sucre blanc,…).

Mais attention, les aliments complets contiennent en partie de l’acide phytique et ils sont donc quelque peu acidifiants. Un bon compromis consiste à opter pour des aliments semi-complets.

L’hydratation

Il est important de boire tous les jours un litre et demi d’une eau peu minéralisée, pour bien hydrater le corps et favoriser ainsi une bonne fluidité des mouvements. Les minéraux des eaux minérales font débat et ne seraient pas très bien assimilés.

La sédentarité

Le manque d’exercice physique favorise la stagnation des liquides, des cristaux, notamment au niveau des articulations, entraînant des douleurs localisées. La pratique d’une activité sportive régulière permet de réduire la viscosité du liquide synovial et d’augmenter la production de ce dernier, qui a pour rôle de lubrifier l’articulation.

Diagnostic

Le diagnostic de l’arthrite fera appel à plusieurs techniques médicales2. Principalement ce sont les techniques classiques d’imagerie médicale:

  • La radiographie
  • L’IRM, Imagerie par Résonance Magnétique
  • Le scanner (Rayons X)

Ce diagnostic repose aussi sur des analyses standards :

  • De sang : NFS, Numération Formule Sanguine, et notamment les marqueurs de l’inflammation :
    • Vitesse de Sédimentation VS;
    • Protéine C-réactive (CRP) ;
    • Electrophorèse, profil protidique.
  • D’urine : mesure de l’acidité, de pH urinaire. Il est le reflet de l’acidité des tissus.

Mais ce sera aussi des analyses locales, en cas d’épanchement, à partir d’un prélèvement du liquide articulaire :

  • L’arthrocentèse : ponction articulaire (liquide au niveau de l’articulation) pour :
    • Analyse bactériologique : borrélia (Lyme), streptocoque A-β hémolytique;
    • Culture microbiologique;
    • Recherche de microcristaux (urates, oxalates…).
  • Sans oublier l’anamnèse classique :
    • Antécédents d’infection ou élévation anormale de la température corporelle (fièvre);
    • Antécédents médicaux.

Médicaments

Les médicaments employés dans la médecine conventionnelle3 pour soulager les douleurs de l’arthrite sont regroupés en plusieurs classes:

  • AINS : Anti-Inflammatoires Non Stéroïdiens : aspirine, paracétamol
  • Corticoïdes, de la famille de la cortisone
  • Opiacés : codéïne, morphine, Tramadol©…avec risque d’addiction
  • Anesthésiques locaux à base de cocaïne : Xylocaïne©…
  • Colchicine, diurétique : goutte

Comme tout médicament, ces molécules sont prescrites sur ordonnance (à l’exception de l’aspirine et du paracétamol).

Hygiène de vie

L’activité physique

Cette activité physique ne nécessite pas d’être intense, car la pratique d’un sport en excès (compétition) peut être au contraire acidifiante pour l’organisme, et il est important d’éviter un choc ou un traumatisme.

On privilégiera donc des activités douces : marche, course, natation, taï chi chuan, yoga, à raison d’une demi-heure par jour minimum ou 2 h 30 par semaine. A noter que le jardinage peut être regardé comme une activité physique. Pensez à préparer les muscles et les articulations avant l’effort par un échauffement et des huiles de massage.

Des techniques de mobilisation douce par le mouvement

On peut citer la technique Alexander, la méthode Feldenkrais ou bien encore le Qi Kong4.

Le massage

Il permet de réduire les adhérences tissulaires et favorise l’élimination des acides et des toxines, tout en favorisant la fluidité du mouvement, le drainage de la lymphe, et la circulation sanguine.

Gestion du stress

Le stress est une des causes principales de l’acidification de l’organisme (avec l’alimentation). Il faut diminuer ce niveau de stress par :

  • Un bon sommeil
  • Sophrologie, yoga, méditation…
  • Respiration abdominale 15 minutes par jour
  • Compléments alimentaires
  • Une bonne oxygénation :
    • Marche dans la nature 
    • Exercices respiratoires  (yoga prânayama)
    • Bol d’air Jacquier©
  • Une bonne élimination rénale :
    • Une bonne hydratation (voir plus haut)
    • Aliments ou tisanes diurétiques si besoin 
  • Cures thermales

Arthrite: quel traitement naturel privilégier?

Contre les douleurs de l’arthrite, il existe de nombreux remèdes naturels anti-inflammatoires, qui ont pour la plupart fait l’objet d’études disponibles en référence.

La phytothérapie

Pour soulager les symptômes de l'arthrite, la phytothérapie, traitement naturel, peut être envisagée.

Les remèdes, en phytothérapie, sont disponibles sous forme de tisanes, teintures-mères, gélules ou poudres5.

Les remèdes principaux

Les remèdes principaux parmi les plantes sont notamment:

  • Cassis (Ribes nigrum), feuilles
  • Frêne (Fraxinus excelsior), feuilles
  • Reine des prés (Filipendula ulmaria / Spiraea ulmaria), sommités fleuries : Infusion à moins de 80 °C. (Contre-indication : anticoagulants)

Le mélange de cassis, frêne et reine des prés constitue la mythique « tisane du centenaire » de Milly la forêt.

  • Aubier de tilleul (Tilia sylvestris)
  • Ecorce de saule (Salix alba) (contre-indication : anti-coagulants)
  • Scrofulaire noueuse (Scrophularia nodosa), plante 
  • Harpagophyton (Harpagophytum procumbens), racine

Les remèdes secondaires

  • Curcuma (Curcuma longa), racine : différentes formes galéniques.
    • Contre-indications : anti-coagulants, symptômes de Covid-196
  • Gingembre (Zingiber officinalis) : teinture-mère, poudre, huile essentielle
  • Encens (Boswellia carterii) : teinture-mère, extrait sec, huile essentielle
  • Griffe du chat (Uncaria tomentosa), écorce : immunostimulante et anti-inflammatoire. En poudre, gélules ou décoction.
    • Contre-indications : grossesse, allaitement, maladie de Parkinson, symptômes de Covid-19

Compléments alimentaires

  • La bromellaïne, enzyme de l’ananas : anti-inflammatoire naturel. 1 gélule 2500 GDU par jour, 3 semaines.
    • Contre-indications : anti-coagulants, y compris aspirine.
  • Oméga 3 de poisson : 1 gélule par jour, 3 semaines.
    • Contre-indications : anti-coagulants, y compris aspirine.

Gemmothérapie

En cas d'arthrite, la gemmothérapie ou « médecine des bourgeons » est également un traitement naturel de premier choix.

Plusieurs bourgeons sont efficaces contre l’arthrite, quelle qu’en soit l’origine, en macérat-mère (5 à 15 gouttes par jour) ou en dilution D1 (20 à 100 gouttes par jour).

  • Les remèdes principaux: les trois bourgeons suivants sont les plus couramment employés :
    • Cassis (Ribes nigrum) : anti-inflammatoire, cortisone-mimétique, anti-allergique;
    • Vigne rouge (Vitis vinifera);
    • Vigne vierge (Ampelopsis weitchii / Parthenocissus tricuspidata).
  • Les remèdes secondaires : plusieurs bourgeons ont une action contre différentes formes d’arthrite et peuvent compléter l’un de ces trois bourgeons-maîtres, dans les mêmes posologies :
    • Bouleau blanc (Betula alba/pendula) : arthrite, tendinite (draineur des acides)
    • Charme (Carpinus betulus)
    • Frêne (Fraxinus excelsior) : goutte (acide urique)
    • Orme champêtre (Ulmus campestris) : goutte (acide urique), rhumatismes
    • Poirier (Pyrus communis) : rhumatismes (acide urique)
    • Pommier (Malus X communis) : rhumatismes (acide urique)
    • Viorne (Viburnum lantana)

Aromathérapie

L'aromathérapie, autre traitement naturel, est également indiqué en cas d'arthrite.

Il est possible de soulager une douleur locale par l’application d’une ou de plusieurs huiles essentielles en mélange7, de préférence diluée dans une huile végétale (Arnica montana par exemple).

De nombreuses huiles essentielles peuvent être employées à cet effet, comme défini dans le chapitre « Quelle huile essentielle pour soulager les articulations? »

Questions fréquentes

Qu'est-ce que l'arthrite?

L'arthrite est une inflammation chronique ou aiguë d'une seule articulation. Elle occasionne une douleur permanente et localisée.

Quels traitements naturels envisager?

- La phytothérapie et la gemmothérapie
- L'aromathérapie
- La prise de compléments alimentaires

Quelles sont les autres recommandations?

- La pratique d'une activité physique
- Une meilleure gestion du stress
- Les techniques de mobilisation douce: méthodes Feldenkrais et Alexander, la pratique du Qi Gong
- Le massage


  • 1Le manuel Merck des symptômes, Merck Research Laboratories, NJ 2008, éditions
  • 2Guide des 4 000 médicaments utiles, inutiles ou dangereux, Pr Philippe EVEN, Pr Bernard DEBRE, éditions du Cherche-Midi, Paris 2012
  • 3ABC de l’herboristerie familiale, Thierry Folliard, éditions Grancher, Paris 2009
  • 4AVIS de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail relatif à l’évaluation des risques liés à la consommation de compléments alimentaires contenant des plantes pouvant interférer avec la réponse immunitaire et inflammatoire associée à l'infection par le SARS-Cov-2, Saisine n° 2020-SA-0045, Maisons-Alfort Avril 2020
  • 5Petit Larousse des Huiles Essentielles, Thierry Folliard, éditions Larousse, Paris 2014 réédité 2020 – Bible Larousse des Huiles Essentielles, Thierry Folliard, éditions Larousse, Paris 2016
  • 6Anne Barquin, « Progrès récents dans le diagnostic et le traitement du syndrome douloureux régional complexe [News in diagnostic and treatment of complex regional pain syndrome] », Rev med suisse, vol. 4, no 162,‎ 18 juin 2008, p. 1518-9.🔗 https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/18649598/
  • 7Harden RN, Bruehl S, Galer BS, Saltz S, Bertram M, Backonja M, Gayles R, Rudin N, Bhugra MK, Stanton-Hicks M, « Complex regional pain syndrome: are the IASP diagnostic criteria valid and sufficiently comprehensive? », Pain, vol. 83, no 2,‎ 1999, p. 211-9.🔗 https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/10534592/
Thierry Folliard

Naturopathe depuis 2009. Auteur de plusieurs livres dont la bible Larousse des huiles essentielles (2016) et l’ABC de l’herboristerie familiale (2009).