Troubles du spectre autistique (TSA) ou autisme: définition, causes, symptômes

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Trouble du développement, il se manifeste par une altération de la communication, des interactions sociales et des ressentis sensoriels. Les causes de l'autisme, à la fois génétiques et environnementales, sont de plus en plus explorées. Quels sont les facteurs de risque de ce trouble ? Quels sont les symptômes significatifs ?

Présentation

Caractéristiques

Personnage souffrant d'autisme : causes et symptômes.

L’autisme, appelé également "troubles du spectre de l’autisme (TSA)", est un trouble du développement d’origine neurologique, se manifestant principalement par une altération de la communication et des interactions sociales. Les intérêts sont également restreints et répétitifs. Il a été décrit pour la première fois par le pédopsychiatre Leo Kanner.
Les personnes concernées peuvent avoir un comportement inadapté aux situations de la vie sociale et du quotidien. Il peut se manifester avant l'âge de 3 ans.

Il est lié à un neurodéveloppement du fœtus altéré. Son origine serait génétique. Cependant de nombreuses causes environnementales et endogènes, liées à la grossesse, jouent un rôle dans l'apparition de l'autisme.

Les réseaux cérébraux spécialisés, dédiés à la communication sociale et à la modulation du comportement en fonction de l’environnement et de ses changements, sont altérés chez les personnes atteintes de TSA. Plusieurs centaines de gènes ont été identifiés. Ces gènes participent à la formation du système nerveux et des connexions synaptiques, ainsi qu’à la synthèse des neurotransmetteurs.

Son aspect neurologique englobe de très nombreuses facettes du comportement. Ses manifestations peuvent fortement varier.

Il peut se manifester de la manière suivante :

  • altération des interactions sociales ;
  • difficultés pour communiquer, aussi bien au niveau du langage que de la communication non verbale ;
  • des intérêts et activités restreints, stéréotypés et répétitifs ;
  • des réactions sensorielles inhabituelles.

Ces traits de personnalité sont à l’origine de difficultés d’apprentissage et d’insertion sociale qui créent un handicap social, qu’il y ait ou non un retard intellectuel. Un tiers des personnes atteintes de TSA présentent une déficience intellectuelle. Le syndrome d’Asperger concerne au contraire des personnes à haut potentiel intellectuel. Certains retards mentaux provenant de pathologies génétiques, comme le syndrome de l’X fragile ou le syndrome de Rett, sont associés aux troubles du spectre autistique.

Ils sont le plus souvent repérés durant la petite enfance et persistent tout au long de la vie. Les TSA concernent environ 1 % de la population. En 2016 aux Etats-Unis, 1 enfant sur 68 (1,46 %) était concerné1.

Pour les personnes concernées, les contacts nécessaires à la construction d’une relation sont difficiles à établir, en particulier les contacts visuels. La communication non verbale, les gestes, les expressions du visage, le regard ou le ton de la voix ne sont pas souvent compris. Ainsi, elles ne répondent pas lorsqu’on les appelle, sourient rarement et semblent ne pas comprendre les sentiments et les émotions des autres.

Les difficultés de langage sont courantes : répétition de mots ou de phrases, formulations inhabituelles, non utilisation de termes abstraits, etc.

Les symptômes de l'autisme peuvent aussi se manifester de la manière suivante : comportements répétitifs (auto-stimulation, battement des mains…), auto-agressifs (se mordre, se cogner la tête…) ou inappropriés (pleurer ou rire sans raison apparente).

Par ailleurs, pour les personnes concernées, les changements (vêtements, alimentation, emplois du temps) et situations inattendues peuvent entraîner de l’angoisse, de la colère et/ou de l’agressivité. Ils peuvent également présenter une hypersensibilité sensorielle; une réponse exagérée à une stimulation sensorielle (lumière, contact physique, odeur).

L'autisme ne se guérit pas, cependant, une prise en charge adaptée peut améliorer le fonctionnement des enfants et adultes. L’hygiène de vie, l’alimentation, la micronutrition et l’exercice physique peuvent avoir un impact significatif.

Hommes et femmes inégaux face aux TSA

Les garçons semblent davantage concernés que les filles. Dans une méta-analyse de 2017, ce ratio était de trois garçons pour une fille 2. Cependant, les données sont insuffisantes à ce sujet.

Dans une étude datant de 2019, il a été démontré que le rapport créatinine/créatine est prédominant quant à la survenue des TSA chez les sujets féminins 3.

Les femmes atteintes de troubles du spectre autistique sont plus à risque de développer des problèmes de santé tels que des maladies neurologiques, des maladies mentales, de l'alimentation et du sommeil 4. Une prévalence accrue de l'épilepsie a été également identifiée. Une augmentation de l'incidence des problèmes de santé reproductive a été constatée chez les sujets féminins 5.

Traitements classiques

Avant de voir les causes de l'autisme, quels sont les traitements classiques existants ?

Tout d'abord un dépistage précoce, dès 18 mois, est indispensable pour pouvoir établir une prise en charge efficace.

La prise en charge des enfants, fondée sur une approche comportementale et développementale, inclut des indications sanitaires, médico-sociales et sociales. Des soins psycho-éducatifs, basés sur le jeu, aident à développer le langage, les compétences cognitives, sensorielles, motrices et comportementales, ainsi que la gestion des émotions. C’est dans le lieu de vie, avec la famille, que cela est idéalement mené, afin de leur permettre d’acquérir les outils nécessaires aux interactions sociales. Le développement de l’enfant est évalué au minimum une fois par an, afin de pouvoir ajuster sa prise en charge.

Des centres d'accueil spécialisés sont apparus en France en 1996. Cependant, ils sont encore trop peu nombreux. Ainsi, les adultes autistes peuvent se retrouver dans des environnements inadaptés à leur situation (hôpitaux psychiatriques, institution pour personnes mentalement déficientes…).

A ce jour, les médicaments disponibles ciblent principalement certains symptômes concomitants des TSA (épilepsie notamment). Cependant, ils ne sont pas efficaces sur les troubles de la communication et les interactions sociales.

La rispéridone est utilisée pour améliorer les crises de colère, l'agressivité ou les comportements d'automutilation. Elle peut entraîner une prise de poids 6 7.

La transplantation de cellules souches hématopoïétiques et mésenchymateuses, chez les enfants atteints d'autisme, s'est avérée prometteuse. Elle permet de réduire l'inflammation et d'améliorer certains symptômes8.

Ce trouble induit une inflammation cérébrale et un dysfonctionnement mitochondrial.

Les troubles du développement sont associés à un dysfonctionnement microglial (cellules du cerveau et de la moelle épinière). L'administration orale de lipopolysaccharides, dérivés de la bactérie Pantoea agglomerans (LPSp), conduit à la normalisation de l'activité phagocytaire de la microglie et à la suppression de l'inflammation chez la souris. La capacité verbale et les difficultés de communication associées ont été améliorées chez les patients qui en ont consommé 9.

Les approches non pharmacologiques, telles que les compléments alimentaires (vitamines, acides gras polyinsaturés oméga-3, pré- et probiotiques, et certains composés phytochimiques) sont aujourd’hui utilisés.

La transplantation fécale est également envisagée 10.

Avant d'aborder les causes de l'autisme, quels sont ses symptômes ?

Symptômes des troubles du spectre autistique

Comportementaux

Les premiers signes se manifestent le plus souvent entre 18 et 36 mois. L’enfant est alors :

  • trop calme ou au contraire trop excité ;
  • indifférent aux sons et à son prénom ;
  • indifférent aux personnes qui l’entourent.

L'enfant ne :

  • réagit pas (ou peu) aux séparations et aux retrouvailles ;
  • sourit pas (ou rarement) et reste silencieux ;
  • regarde pas dans les yeux ;
  • pointe pas du doigt ;
  • cherche pas à imiter les adultes.

Chez l’enfant plus âgé et l’adulte, ces symptômes subsistent et s’expriment différemment.

  • Les personnes concernées présentent les comportements suivants :
    • Difficulté pour établir des relations
    • Difficulté à interpréter les émotions de leur entourage
    • Absence du sourire social
  • Difficultés de langage et de la communication (expression, compréhension verbale et gestuelle) :
    • Langage oral absent ou inadapté
    • Contacts visuels difficiles à établir
    • Non utilisation de termes abstraits
    • Modulation et formulations inhabituelles
    • Répétition incessante de phrases ou de mots
    • Difficulté de communication
    • Absence de communication non verbale (gestes, expressions du visage, regard ou ton de la voix)
  • Comportements inappropriés (pleurer ou rire sans raison apparente…)
  • Comportements répétitifs, stéréotypés ou auto-agressifs (se mordre les mains, se cogner la tête…), qui sont sources de réconfort
  • Utilisation d'objets de manière détournée
  • Intolérance au changement (emploi du temps, vêtements, alimentation)
  • Angoisse, colère ou agressivité face à l’imprévu
  • Indifférence au monde extérieur
  • Hypersensibilité aux stimulis sensoriels (lumière, contact physique, odeurs)
  • Sommeil agité
  • Dépression, anxiété
  • Troubles du développement (de l’apprentissage ou de l’attention/hyperactivité)
  • Isolement
  • Centres d'intérêts limités

Physiologiques

Les symptômes physiologiques ne peuvent pas être entièrement différenciés des symptômes comportementaux ; les défauts alimentaires induits par les comportements sélectifs entraînent des troubles physiologiques.

Microbiote intestinal

  • Déséquilibre du microbiote intestinal et impact sur la digestion 11
  • Dysfonctionnement de l’axe intestin-cerveau et du système immunitaire 12
  • Microbiote intestinal différent chez les individus atteints de TSA et les personnes dites "neurotypiques" 42 43

Cerveau

  • Epilepsie
  • Déséquilibre des neurotransmetteurs 13 14 (niveau de GABA réduit 15, taux élevé de sérotonine 16)
  • Hypoperfusion cérébrale, ou flux sanguin insuffisant dans le cerveau, qui se produit dans de nombreuses régions du cerveau 24
  • Concentration sérique moyenne d'α-synucléine (α-syn) et taux inférieurs chez les enfants atteints de TSA 29
  • Des anomalies du système endocannabinoïde 38 39
  • Hypomyélinisation des axones dans les voies nerveuses cérébrales liée à un niveau réduit d'IGF (insulin like growth factor) circulant 40

Inflammation

  • Concentration du glutathion réduite 17
  • Stress oxydatif important 33 34 35‌‌‌
  • Des taux de lactate cérébral élevés 36
  • Un état inflammatoire chronique 37

Autres

  • Des modifications épigénétiques 44
  • Façon de marcher mécanique 27
  • Prédisposition aux dermatites atopiques 18 19‌‌
  • Densité minérale osseuse basse (due à une mauvaise nutrition) 20
  • Un dysfonctionnement mitochondrial 21 22 23‌‌
  • Taux sanguins périphériques de méthionine (Met), de S-adénosylméthionine (SAM), de S-adénosylhomocystéine (SAH) sensiblement différents. 24
  • Oxyde nitrique plus élevé chez les garçons autistes 18
  • Anomalies des stérols et des lipides 19
  • Un miARN dérégulé 20 21‌, une diminution des taux de stéroïdes neuroactifs, des taux anormaux de cortisol, de testostérone, d'œstrogène, de progestérone et de vitamine D liés aux stérols 22

Causes

Quelles sont les causes de l'autisme ?

Trouble multifactoriel avec une composante génétique, plusieurs causes génétiques ont été identifiées, le sexe masculin et les antécédents familiaux sont ainsi des facteurs de risque reconnus.

Cependant, des travaux plus récents ont mis en évidence que certaines expositions environnementales, au début de la vie, sont également des facteurs de risque prépondérants. Les facteurs environnementaux durant la grossesse (infections, malnutrition, toxiques, médicaments…), ainsi que les naissances prématurées, semblent avoir un impact considérable sur le développement du cerveau25.

L'infection maternelle, l'obésité et les expositions à des substances toxiques (acide valproïque, plastifiants, perturbateurs endocriniens, éthanol et métaux lourds…) sont des facteurs de risque environnementaux 26.

Exposition au stress durant la grossesse

Le trouble de stress post-traumatique maternel peut être associé aux troubles du spectre autistique chez la progéniture. C’est ce que met en avant une cohorte américaine comprenant 413 cas de TSA et 42 868 témoins. Les symptômes liés au stress post-traumatique de la mère étaient fortement associés aux TSA de l'enfant.

Cette étude montre donc que le stress maternel peut affecter le fœtus 27.

Le stress vécu par la mère durant la grossesse est un facteur de dérégulation immunitaire. Le stress agit sur la composition du microbiote intestinal, qui participe au bon fonctionnement du système immunitaire. De ce fait, il pourrait affecter le développement neurologique de la progéniture 28. Il peut être une des causes de l'autisme.

Impact de l’alimentation prénatale

Prise de poids excessive durant la grossesse

Un gain de poids gestationnel anormal peut contribuer à des différences comportementales et neurodéveloppementales à long terme chez la progéniture.

8 études ont indiqué qu'un gain de poids gestationnel élevé est associé à un risque accru 29.

Régime riche en graisse

L'épigénétique fournit un lien mécanistique entre l'exposition à un régime maternel déséquilibré et les modifications persistantes des niveaux d'expression des gènes, qui peuvent entraîner des modifications du phénotype chez la progéniture. Chez des rats, un régime maternel riche en graisse a entraîné des changements dépendants du sexe et de l'âge dans le cortex frontal et l'hippocampe de la progéniture. 30

Obésité

L'activation immunitaire maternelle pendant la grossesse a été proposée comme cause étiologique potentielle, pouvant favoriser la survenue de l'autisme. Elle conduit à un élagage synaptique et à une altération de la production de neurones. Une étude a montré le rôle de la programmation maternelle sur l'activation des gènes épigénétiques dans les cellules immunitaires des sujets atteints de TSA. Cette programmation doit être influencée par des régimes hypercaloriques au cours du développement, créant une interférence immunitaire centrale et périphérique, qui pourrait potentiellement moduler la structure cérébrale et favoriser son apparition 31.

Dans une étude américaine, son risque de survenue était plus élevé chez la progéniture des mères souffrant d'obésité/diabète et qui présentaient également des concentrations élevées de BCAA (acides aminés ramifiés). Ce risque était encore plus élevé pour les enfants de sexe masculin 32 33.

La surveillance de l'IMC avant la grossesse et de l'adiponectine (une hormone produite par le tissu adipeux, dont le taux plasmatique est diminué chez les personnes en surpoids ou obèses) peut être un moyen de prévention intéressant 34.

Supplémentation

A ce jour, les résultats sont incohérents.

Une méta-analyse des études publiées a été menée en 2019 pour évaluer l'intérêt d'une supplémentation en multivitamines, pendant la période prénatale. La probabilité de TSA chez les enfants, dont les mères ont consommé des suppléments multivitaminés pendant la période prénatale, était significativement réduite 35.

Dans une autre revue, il a été démontré que l'utilisation de multivitamines pendant la grossesse peut exercer un effet protecteur 36.

Pour explorer l'association possible entre l'utilisation de suppléments et la survenue des symptômes chez les enfants atteints de troubles du spectre autistique, 416 enfants atteints de TSA ont participé à cette étude.

Les enfants nés de mères sans supplémentation en acide folique et en micronutriments, pendant la grossesse, présentaient davantage des troubles de la cognition sociale et de la communication sociale, des retards de développement du comportement adaptatif et moteur global, ainsi que des problèmes gastro-intestinaux 37.

Une méta-analyse sur des suppléments multivitaminés prénataux, réalisée auprès de 904 947 enfants, n'a montré aucun lien significatif 38.

Acides gras polyinsaturés

Le poisson est une source importante d'acides gras oméga-3. On pense qu'il a joué un rôle important dans l'évolution du cerveau humain et ses fonctions cognitives avancées. Les acides gras polyinsaturés à longue chaîne, en particulier l'acide docosahexaénoïque n-3 (DHA), sont essentiels au développement cérébral et à un fonctionnement neurologique normal.

Un faible taux de DHA plasmatique, ainsi que l'obésité pendant la grossesse, sont une des causes de l'autisme. Ils sont tous deux associés à un développement neurodéveloppemental inadéquat pendant l'enfance 39.

Il a été constaté que l'apport maternel en acide linoléique permet de réduire le risque de TSA chez la progéniture, à hauteur de 34 %. Les variations de l'apport en graisses polyinsaturées pourraient affecter le développement du cerveau du fœtus 40.

La consommation de certains poissons et de fruits pendant la grossesse semble être un facteur préventif, selon une étude chinoise. Avant la conception, la consommation de poisson par le père peut aussi diminuer le risque de sa survenue 41

Une supplémentation en oméga-3 pendant la grossesse peut entraîner un développement cognitif favorable chez l'enfant42.

Acide folique

A ce jour, aucune étude n'a permis de démontrer l'avantage d'une supplémentation en acide folique. Aucun bénéfice clair n'a été mis en évidence 43.

Un taux de folates sériques maternel élevé, au début de la grossesse, pourrait être une des causes de l'autisme chez la progéniture 44.

L’association entre l’acide folique non métabolisé du sang de cordon (UMFA) et les TSA a été explorée chez 92 enfants présentant des TSA. Les enfants présentant une UMFA présentaient un risque plus élevé. Par ailleurs, il est apparu un risque plus élevé chez les enfants afro-américains45.

Fer

Une anémie en fer au cours des 30 premières semaines de grossesse peut être la cause d'un risque accru d'autisme (de déficit de l’attention et de déficience intellectuelle) chez la progéniture. Étant donné que la carence en fer et l'anémie sont fréquentes chez les femmes en âge de procréer, il est important de procéder à un dépistage précoce du taux de fer et de prodiguer des conseils nutritionnels46.

Iode

Il existe des preuves suggérant que la carence en iode pourrait être associée à une augmentation de sa prévalence 47. Les besoins maternels en cet oligo-élément augmentent pendant la grossesse, pour fournir les hormones thyroïdiennes essentielles au développement du cerveau du fœtus. Une carence maternelle peut entraîner une hypothyroxinémie, une diminution de l'apport fœtal en hormones thyroïdiennes qui, au cours du premier trimestre, a été associée à un risque accru de troubles du spectre autistique chez l'enfant.

Pour les femmes enceintes qui ont des déficiences d’apport nutritionnel en iode, la perturbation de la thyroïde due à l'exposition aux organochlorés (solvant, pesticide, insecticide, fongicide…) pourrait induire une carence plus sévère et entraîner des effets négatifs sur le cerveau du fœtus en développement.

Un faible taux de thyroxine libre (FT4) maternel a été associé à un mauvais développement neurologique de l'enfant dans certaines études. Un faible taux de thyroxine libre était systématiquement associé à un QI inférieur, et une association suggestive d'hypothyroxinémie, avec un plus grand risque de traits autistiques 48.

Des études supplémentaires sont nécessaires pour savoir si la carence en iode peut être une des causes de l'autisme49.

Il apparait important de garantir un statut nutritionnel adéquat en iode aux femmes enceintes, compte tenu des effets négatifs d'un certain nombre de produits chimiques environnementaux sur la thyroïde 50 51.

Glucoraphanine

Les données épidémiologiques suggèrent que l'activation immunitaire maternelle (MIA) joue un rôle dans l'étiologie des maladies neuropsychiatriques, notamment les troubles du spectre autistique et la schizophrénie.

La glucoraphanine est présente dans les légumes crucifères et il est le précurseur d'un composé anti-inflammatoire naturel, le sulforaphane. Il peut prévenir l'apparition d'anomalies comportementales chez la progéniture, ayant subi une activation immunitaire maternelle.

L'apport alimentaire de glucoraphanine, pendant la grossesse et l'allaitement, a empêché les déficits cognitifs et les déficits d'interaction sociale chez la progéniture juvénile après une activation immunitaire maternelle. Cet apport alimentaire a également empêché les déficits cognitifs chez la progéniture adulte après une activation immunitaire maternelle.

Pour affirmer ces résultats, des études sur l'être humain sont cependant nécessaires 52.

Caféine

La consommation de caféine pendant la grossesse pourrait être une des causes de la survenue de l'autisme chez l'enfant 53.

Des études supplémentaires sont justifiées pour confirmer ces résultats. Cependant, la consommation de caféine en trop grande quantité est déconseillée durant la grossesse.

Facteurs environnementaux pendant la grossesse

Divers xénobiotiques peuvent impacter la survenue de troubles du spectre autistique.

Dix principaux composés environnementaux, soupçonnés de favoriser la survenue de difficultés d'apprentissage, ont été identifiés : le plomb, le méthylmercure, les biphényles polychlorés, les pesticides organophosphorés, les pesticides organochlorés, les perturbateurs endocriniens, les gaz d'échappement, les hydrocarbures aromatiques polycycliques, le diphényle polybromé, les éthers et les composés perfluorés.

Pesticides

Les pesticides peuvent favoriser leur survenue 54.

Le glyphosate est largement utilisé comme déshydratant et comme herbicide dans les champs de culture. Il semble être une des causes de l'autisme. Une utilisation accrue de glyphosate augmente le risque de sa survenue.

L'utilisation généralisée de glyphosate altère la flore gastro-intestinale animale et humaine. Les espèces de bactéries nocives, telles que Clostridia, qui sont insensibles au glyphosate, sont augmentées après une exposition au pesticide. C’est un excès de dopamine, causé par des réactions liées aux métabolites de Clostridia, qui produit à son tour des espèces oxydantes. Elles endommagent les enzymes du cycle de Krebs neuronal, les mitochondries neuronales et les éléments structuraux neuronaux tels que les neurofibrilles, altérant ainsi le fonctionnement cérébral 55 56.

Métaux lourds

L'exposition au mercure est aussi un facteur de risque avéré57. L'obésité pourrait être en effet associée à une accumulation excessive de mercure dans l'organisme maternel.

Les personnes en surpoids et obèses présentent un niveau plus élevé de mercure dans les cheveux, le sang et l'urine. Cependant, des études expérimentales et cliniques supplémentaires sont nécessaires pour déterminer dans quelle mesure le mercure contribue au développement des TSA, chez les enfants de mères souffrant d'obésité58 59.

L'exposition prénatale aux métaux toxiques est associée à une dérégulation de la bioénergétique cellulaire, en lien avec la survenue des troubles du spectre autistique 60.

La consommation de poisson par les femmes enceintes permettrait de contrer les effets néfastes du mercure61.

Pollution de l’air

L'exposition des femmes enceintes à la pollution de l'air peut être une des causes de l'autisme chez la progéniture. Une exposition maternelle à une pollution de l’air élevée pendant la grossesse, en particulier au troisième trimestre, peut être néfaste pour le bon développement de l'enfant 62.

Triclosan

Le triclosan est un biocide antibactérien et antifongique utilisé massivement dans les produits courants depuis le début des années 1990. On le trouve dans des savons, déodorants, dentifrices, solutions hydro-alcooliques, ainsi que dans de nombreux produits de consommation courante (ustensiles de cuisine, jouets, literie, sacs poubelle, éponges), afin de les rendre résistants à certains germes 63. L'exposition maternelle au triclosan constitue un facteur de risque des troubles du spectre autistique 64.

Phtalates

Les phtalates sont utilisés dans une grande variété de produits : enrobages des pilules pharmaceutiques, agents de contrôle de la viscosité, gélifiants, agents filmogènes, stabilisants, dispersants, lubrifiants, liants, agents émulsifiants, adhésifs, colles, adjuvants agricoles, matériaux de construction, détergents, tensioactifs (savons et shampoings), pâte à modeler, cires, peintures, différents plastiques alimentaires, parfum, fard à paupières, crème hydratante, vernis à ongles…65

Des concentrations gestationnelles plus élevées de certains métabolites de phtalates sont associées à des scores plus élevés de traits autistiques chez les garçons, mais pas chez les filles. Une supplémentation en acide folique permet de contrer ces effets 66 67.

Tétrachlorodibenzo-p-dioxine

La 2,3,7,8-tétrachlorodibenzo-p-dioxine (TCDD) est un polluant environnemental persistant et toxique, qui se trouve principalement dans les graisses et viandes animales cuites. Il est aussi créé par le brûlage des déchets et la fumée de cigarette.

L'exposition gestationnelle à la TCDD est liée à des déficits cognitifs et moteurs. Elle peut être une des causes de l'autisme et avoir un impact à long terme sur le développement et le fonctionnement du cerveau 68.

Méthanol de source alimentaire

Le méthanol alimentaire se trouve dans les boissons fermentées alcoolisées (vin, spiritueux, bière, vinaigre…), jus de fruits (tomate, orange, pamplemousse…) et dans l’aspartame.

Dans une étude, il a été démontré que les femmes ayant donné naissance à un enfant autiste ont consommé davantage de sources alimentaires de méthanol. La consommation de produits allégés, contenant de l’aspartame, est aussi nocive pour le fœtus 69.

Médicaments

L'exposition prénatale à l'antidépresseur fluoxétine (un psychotrope inhibiteur sélectif de la recapture de la sérotonine) peut être une des causes de l'autisme chez l'enfant. La fluoxétine affecte la différenciation du système dopaminergique en augmentant la production de précurseurs dopaminergiques, tout en diminuant leur maturation, en partie par interférence avec le système œstrogène, causant ainsi des dommages cérébraux 70.

Le traitement à l'acide valproïque (un antiépileptique) est associé aux troubles du spectre autistique chez l'homme. L'exposition à l'acide valproïque au cours du stade tardif de la neurogenèse corticale (entre le 3ème et le 5ème mois de grossesse) peut altérer le développement de la connectivité cérébrale 71 72.

Facteurs biologiques

Caractéristiques

Les causes de l’autisme incluent : la génétique, la santé maternelle et les facteurs environnementaux influant sur celle-ci. Cependant, de plus en plus de preuves montrent que l’équilibre du microbiote intestinal joue un rôle prépondérant dans son apparition.

Troubles intestinaux

La présence accrue de symptômes gastro-intestinaux chez les personnes atteintes de troubles du spectre autistique est due à des profils de microbiome altérés, des réponses pro-inflammatoires et une perméabilité intestinale altérée. Les personnes concernées, qui présentent des symptômes gastro-intestinaux, présentent un déséquilibre dans leur réponse immunitaire. Ce déséquilibre peut être influencé par un changement du microbiome. Il pourrait altérer la fonction de la barrière intestinale 73.

Les patients diagnostiqués avec un TSA présentent des altérations du microbiote intestinal non seulement dans la composition du microbiote intestinal 74 75 76 mais aussi dans la production des métabolites. La production de métabolites et de neurotransmetteurs stimule le système immunitaire et influence le système nerveux central (SNC), par stimulation du nerf vagal (axe intestin-cerveau) 77.

Des troubles métaboliques peuvent être une des causes de l'autisme 78.

Une altération de la présence de certains oligo-éléments dans l'organisme, ainsi qu'une altération du microbiote intestinal, ont été constatées chez les enfants atteints de TSA 79. Les microorganismes intestinaux du genre Prevotella, Roseburia, Ruminococcus, Megasphaera et Catenibacterium pourraient être des biomarqueurs de ce trouble80 81. Des études sont nécessaires pour délimiter l'impact des modifications du microbiote sur la symptomatologie des TSA 82.

Colorants alimentaires

Dans une étude menée au Royaume-Uni, il a été démontré que les colorants alimentaires favorisent le comportement hyperactif chez les enfants 83. Certains colorants artificiels contiennent des produits chimiques neurotoxiques, qui peuvent impacter négativement la santé mentale 84. Les colorants alimentaires artificiels pourraient donc être impliqués dans l’aggravation des symptômes de l’autisme.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que l'autisme ?

Trouble neurodéveloppemental, il se caractérise par une altération de la communication et des interactions sociales.

Autisme : comment le détecter ?

Les premiers signes se manifestent entre 18 et 36 mois, l'enfant :
- est indifférent au monde extérieur
- ne répond pas à son prénom
- ne réagit pas ou peu lors des séparations et retrouvailles
- ne cherche pas à imiter les adultes

Quelles sont les causes de ce trouble ?

Les causes prénatales sont :
1. Le stress lors de la grossesse
2. Un gain de poids gestationnel important
3. Un apport insuffisant en certains oligo-éléments et nutriments
4. Exposition à la pollution de l'air, à des pesticides, des métaux lourds, des produits chimiques ou médicaments
5. Déséquilibre du microbiote intestinal


Marianne Buclet
Marianne Buclet, Auteur

Naturopathe et professeure de yoga. Site internet : www.mariannebuclet.com