Endométriose : causes et traitement naturel

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L’endométriose est une maladie du système gynécologique féminin, mais qui peut s’étendre plus largement, selon son stade. Elle concerne environ 10% des femmes de 25 à 45 ans. Les facteurs déclencheurs ne sont pas encore tous clairement identifiés, même si certaines pistes semblent se préciser. Les approches actuelles et conventionnelles permettent de réduire l'impact de cette maladie. En cas d'endométriose, un traitement naturel adapté peut être également envisagé. En effet, cette maladie étant évolutive: plus la prise en charge sera précoce, meilleurs seront les résultats.

Définition

Femme souffrant d'endométriose: causes et traitement naturel.

L’endomètre constitue la paroi interne de l’utérus. Les cellules endométriales peuvent migrer et s’installer à des endroits inadaptés, considérés comme pathologiques. Cette migration correspond à une maladie, appelée l’endométriose.

Cette pathologie est caractérisée par la présence de tissu endométrial sur les ovaires, les trompes de Fallope, les ligaments de soutien de l’utérus, mais aussi en dehors de la sphère gynécologique. Dans ce cas, il peut se loger au niveau de la vessie, des reins, des différentes parties du tube digestif (côlon, rectum), et plus rarement, dans les poumons ou les membres supérieurs.

Ce tissu endométrial est soumis aux mêmes variations hormonales que l’endomètre, d’où des symptômes plus ou moins marqués selon le moment du cycle. Les formes sont également variables d’une femme à une autre et évoluent dans le temps, d’où l’importance d’être bien accompagnée, pour limiter autant que possible l’inconfort et l’évolution de la maladie.

Symptômes

L’endométriose se caractérise par des symptômes définis, bien qu’il existe aussi des cas asymptomatiques. Lorsque les manifestations cliniques sont présentes, elles peuvent être très fortes, et très handicapantes au quotidien.

La plupart du temps, les femmes touchées par l’endométriose ont des règles très douloureuses (dysménorrhée) et abondantes. Elles peuvent aussi souffrir de douleurs lors des rapports (dyspaneurie), ainsi que de douleurs pelviennes. Le fonctionnement digestif est souvent perturbé: ballonnements, alternance de constipation et diarrhée, présence de sang dans les selles.

Pour certaines, l’endométriose est accompagnée de douleurs lombaires (qui irradient dans tout le corps, sous forme de sciatique, cruralgie, lombalgie). Enfin, il peut parfois y avoir aussi un inconfort urinaire, si la sphère urinaire est touchée. Elle se traduit également par de la fatigue chronique, de l’irritabilité et des troubles de l’humeur.

Le principal symptôme de l’endométriose est la douleur. Elle peut être liée à plusieurs facteurs :

  • L’atteinte de nerfs
  • Un phénomène inflammatoire
  • La présence d’adhérences fibreuses, entre les organes

L’endométriose, selon son stade, peut aussi avoir un impact sur la fertilité (infertilité féminine), dans 30 à 40% des cas. Le diagnostic est d’ailleurs parfois établi à l’occasion d’un bilan de fertilité, et un accompagnement à la procréation peut alors se révéler nécessaire.

Diagnostic

Il est parfois long à établir, car certains symptômes (fatigue, troubles digestifs, douleurs lombaires, etc) peuvent être en lien avec d’autres pathologies.

Le premier examen consiste en un toucher vaginal (parfois accompagné d’un toucher rectal en cas d’atteintes digestives). Il permet d’identifier certaines lésions et kystes.

S’en suivent 2 examens d’imagerie médicale :

  • Une échographie pelvienne et/ou endovaginale, permettant une localisation globale des kystes.
  • Une imagerie par résonance magnétique (IRM), pour une localisation plus précise des lésions

Si nécessaire, une cœlioscopie peut aussi être pratiquée. Il s’agit à la fois d’une méthode diagnostique, mais aussi d’une technique d’ablation de certaines lésions.

Causes

Il n’y a pas une cause clairement identifiée à ce jour, mais certains facteurs ont pu être mis en évidence:

  • Ne pas avoir d’enfants
  • Des règles précoces
  • Un flux rétrograde
  • Un cycle court
  • Un excès d’œstrogènes et/ou un déficit en progestérone
  • Un dérèglement immunitaire (ex : terrain allergique) et/ou la présence concomitante d’une maladie auto-immune (ex : lupus, polyarthrite rhumatoïde, sclérose en plaques, etc)
  • Des facteurs génétiques : environ 20 gènes en lien avec l’endométriose ont été identifiés à ce jour. Des variations au niveau de ces gènes seraient à l’origine d’environ 6% des cas. Par ailleurs, l’expression de gènes codant pour des récepteurs aux prostaglandines de la muqueuse utérine serait augmentée de 10 à 20 fois chez les personnes atteintes d’endométriose par rapport aux personnes saines1. Enfin, d’autres facteurs génétiques, telles des modifications de la méthylation de l’ADN et des variantes de l’enzyme DNMT3L ont été établis.
  • Des facteurs environnementaux, notamment les perturbateurs endocriniens (plastiques, détergents, pesticides, etc) dont les plus toxiques seraient le bisphénol A, le distilbène, les parabènes, les phtalates, les dioxines, etc, en raison de leur mimétisme avec les œstrogènes. Ainsi, les personnes les plus exposées aux pesticides ont un risque supérieur (jusqu’à 70%) de souffrir d’endométriose2.L’alimentation, si elle est de mauvaise qualité (graisses saturées, sucres, etc) augmenterait aussi les risques.
  • Un terrain inflammatoire
  • Des pathologies annexes: colopathie fonctionnelle, fibromyalgie. Ces pathologies auraient des origines communes avec l’endométriose3

Le plus souvent, il s’agit d’une combinaison de facteurs (surtout génétiques et environnementaux, d’après les études statistiques) qui en étant cumulés, entraîneraient le développement de l’endométriose.

Traitements actuels: approche conventionnelle

Des traitements existent, pour réduire la douleur ou limiter l’inconfort, mais à l’heure actuelle, il n’y a pas de solution permettant une suppression totale de la maladie.

Il existe différentes options thérapeutiques basées sur la prise d’hormones, comme la prise d’un contraceptif oestroprogestatif ou progestatif sans interruption, sous forme de pilule ou de stérilet. La contraception hormonale en continu permet de mettre l’endomètre « au repos » et de limiter ainsi les manifestations douloureuses.

Une autre solution médicamenteuse est la prise d’analogues de la GnRH (GonadotrophinReleasing Hormone) ou de la LH-RH (Luteinizing Hormone Releasing Hormone), déclenchant une ménopause artificielle. Ils ne peuvent généralement être pris sur une longue durée. En découlent les effets typiques de la ménopause: bouffées de chaleur, nervosité, fragilisation osseuse, sécheresse vaginale, et parfois des effets androgéniques (pilosité, acné, etc).

Si la solution médicamenteuse n’est pas souhaitée ou insuffisante, la voie chirurgicale est proposée. Elle consiste à retirer les lésions, excroissances et adhérences, généralement lors d’une cœlioscopie. Un soulagement immédiat est ressenti chez 70 à 100% des patientes opérées, mais la douleur peut revenir ultérieurement4.

Une nouvelle technique est actuellement au stade de recherche clinique : elle est sans cicatrices, grâce à l’utilisation de l’appareil Focal One® (l’indication initiale est le traitement du cancer de la prostate). Cette méthode non invasive consiste à diffuser des ultrasons localement, par voie endorectale, sur les lésions, qui vont alors être dévitalisées. Les premiers résultats sont encourageants, avec une diminution avérée des douleurs5.

Dans certains cas, une ablation totale de l’utérus (hystérectomie) est réalisée, mais cette opération ne limite que faiblement la douleur liée à l’endométriose.

En traitement symptomatique des douleurs: la prise d’anti-inflammatoires et d’antispasmodiques est souvent conseillée. L’électrostimulation des zones douloureuses à l’aide d’un appareil peut aussi être bénéfique, selon les cas. Dans la majorité des cas, après la ménopause, l’endométriose disparaît.

Pour les femmes souffrant d'endométriose, il existe également d'autres alternatives: quel traitement naturel envisager?

Endométriose: quel traitement naturel?

Le traitement naturel de l’endométriose comprend plusieurs volets : l’alimentation, la phytothérapie ainsi que la pratique de techniques de relaxation.

L'alimentation

L’endométriose étant liée à un état inflammatoire de la muqueuse, il est recommandé de consommer des aliments permettant de limiter cette inflammation.

Les omégas-3

Les omégas-3 sont présents en abondance dans les poissons (maquereaux, sardines, harengs, etc) et les huiles végétales (les plus riches en omégas-3: cameline, périlla).

D’après des études, les femmes consommant d’avantage d’omégas-3 seraient moins susceptibles de développer une endométriose, avec 22% de risques en moins6. Au contraire, en cas de consommation d’acide gras trans, le risque serait augmenté de 48%. Les graisses animales auraient aussi un impact négatif.

Une autre étude a démontré l’importance de la qualité des acides gras, dont les omégas-3 (protecteurs de l’inflammation)7.  A l’inverse, les omégas-6, qui ont une activité pro inflammatoire, doivent être limités. L’objectif global est donc d’avoir un bon équilibre omégas-3/omégas-6, pour limiter la propagation de la maladie8. Enfin, une autre analyse a démontré qu’une alimentation riche en omégas-3 pourrait diminuer l’évolution de la maladie9.

Les légumes verts

Ce sont tous les types de choux, le brocoli, la blette, ainsi que les fruits frais bio. La consommation de viande doit être limitée.

Certaines études ont démontré que la consommation de légumes verts et de fruits frais (notamment les agrumes), en quantité, limiterait le risque d’être atteint d’endométriose.

Au contraire, la consommation importante de produits carnés aurait un impact négatif10. A ce sujet, une consommation d’au moins 7 portions de viande rouge par semaine entraînerait deux fois plus de risque de développer une endométriose qu’une consommation de moins de 3 fois par semaine, selon une étude italienne.

Les oléagineux

Outre les oléagineux, il est également conseillé de consommer des produits fermentés, des graines germées et du curcuma.

Parallèlement, il est conseillé de limiter les produits laitiers, les graisses saturées, les produits transformés, les sucres, l’alcool et le gluten.

La phytothérapie

La phytothérapie est un traitement naturel de premier choix, en cas d'endométriose. Certaines plantes peuvent avoir un effet positif sur la sphère gynécologique et la régulation des hormones sexuelles, la sensation d’inconfort et la fertilité.

Par exemple :

  • Le framboisier, le gattilier, l’alchémille, pour un meilleur équilibre hormonal.
  • La viorne, l’achillée mille-feuille et le gingembre pour limiter les crampes.
  • L’huile de ricin en application locale sur une compresse, à associer à une bouillotte chaude, en cas de douleurs11.
  • La propolis, qui permettrait d’améliorer la fertilité (60% vs 20 % pour le placebo) selon une étude12.
  • Les plantes du drainage hépatique: radis noir, aubier de tilleul, pissenlit, pour un bon métabolisme hormonal. 

Il est également important d’agir sur le stress, grâce à des compléments de magnésium, vitamines B et de plantes relaxantes (passiflore, mélisse, tilleul, etc).

Pour réduire l’oxydation cellulaire (source d’inflammation), les antioxydants tels que le resvératrol du raisin, le thé vert, la N-acétylcystéine ou le pycnogénol de l’écorce de pin sont particulièrement intéressants. Ce dernier a montré des effets très prometteurs: en inhibant les cyclo-oxygénase (COX) (participant à la synthèse des prostaglandines pro-inflammatoires), l’écorce de pin réduirait les douleurs, dont celles en période menstruelle13‌‌.

Techniques de relaxation

Yoga, respiration, méditation: ces pratiques permettent une meilleure gestion de la douleur.

La réflexologie

En cas d'endométriose, la réflexologie, autre traitement naturel, peut être également envisagée.

Trois points d’acupression sont à stimuler (technique appelée Do-In) en cas de douleurs menstruelles: au niveau du sacrum, entre le gros et le 2ème orteil et au-dessus du pubis.

L’acupuncture

Lors d’une étude comparative, les personnes ayant bénéficié d’acupuncture ont constaté une baisse d’en moyenne 62% de leurs douleurs après quatre semaines, par rapport au reste du groupe14. Vous pouvez retrouver l'ensemble des informations au sein de l'article: Endométriose et acupuncture.

Mais aussi toutes les pratiques qui agissent sur le confort articulaire et musculaire: l’ostéopathie, le thermalisme, et a fortiori, une activité physique adaptée.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que l'endométriose?

L'endométriose est une affection gynécologique. Cette pathologie est caractérisée par la présence de tissu endométrial, en dehors de l'utérus. Ce qui peut entraîner de fortes douleurs.

Endométriose: quel traitement naturel privilégier?

- La phytothérapie
- La réflexologie
- L'acupuncture
- Les techniques de relaxation

Quelles sont les autres recommandations?

- La pratique d'une activité physique
- L'adoption d'une alimentation saine: riche en légumes, en oléagineux et en omégas-3


  • 1🔗 https://www.inserm.fr/information-en-sante/dossiers-information/endometriose
  • 2Upson K, De Roos AJ, Thompson ML, Sathyanarayana S, Scholes D, Barr DB, Holt VL. Organochlorine pesticides and risk of endometriosis: findings from a population-based case-control study. Environ Health Perspect. 2013 Nov-Dec;121(11-12):1319-24
  • 3Hum Reprod Update. 2015 Endometriosis: a high-risk population for major chronic diseases?
  • 4Sleiman L et Shahid NA. Le traitement de l’endométriose, Les cahiers de MedActuel, vol. 7, no 21, 13 juin 2007
  • 5https://www.chu-lyon.fr/fr/utilisation-dondes-hifu-pour-traiter-lendometriose
  • 6A prospective study of dietary fat consumption and endometriosis risk. Missmer SA, Chavarro JE, et al. Hum Reprod. 2010 Jun;25(6):1528-35. Epub 2010 Mar 23🔗 https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/20332166/
  • 7Endometriosis, dysmenorrhea and diet-what is the evidence? Fjerbaek A, Knudsen UB. Eur J ObstetGynecolReprod Biol. 2007 Jun;132(2):140-7. Epub 2007 Jan 8. Review.🔗 https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/17210218/
  • 8Khanaki K, Nouri M, Ardekani AM, Ghassemzadeh A, Shahnazi V, Sadeghi MR, Darabi M, Mehdizadeh A, Dolatkhah H, Saremi A, Imani AR, Rahimipour A. Evaluation of the relationship betweenen dometriosis and omega-3 and omega-6 polyunsaturated fatty acids. Iran Biomed J. 2012;16(1):38-43
  • 9Halpern G, Schor E, Kopelman A. Nutritional aspects related to endometriosis. Rev Assoc Med Bras (1992). 2015 Nov-Dec;61(6):519-23
  • 10Parazzini F, Chiaffarino F, et al. Selected food intake and risk of endometriosis. Hum Reprod. 2004 Aug;19(8):1755-9. Epub 2004 Jul 14🔗 https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/15254009/
  • 11WholeHealthMD.com (Ed). Healing Centers – Endometriosis
  • 12Fertility and Sterility, 2003 ; 80 suppl. 3 : 32
  • 13Effect of French Maritime Pine Bark Extract on Endometriosis as Compared With Leuprorelin Acetate, TakafumiKohama, J Reprod Med, 2007 Aug;52(8):703-8
  • 14Effect of French Maritime Pine Bark Extract on Endometriosis as Compared With Leuprorelin Acetate, Takafumi Kohama, J Reprod Med, 2007 Aug;52(8):703-8.
  • 15Japanese-style Acupuncture for Endometriosis-RelatedPelvic Pain in Adolescents and Young Women: Results of a Randomized Sham-Controlled Trial, Peter M Wayne, PediatrAdolescGynecol. 2008 Oct;21(5):247-57
Sophie Marchais
Sophie Marchais, Auteur

Naturopathe depuis 2017 à Roussas (26). Docteure en pharmacie.