Lithiase urinaire: symptômes et traitement naturel

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La lithiase urinaire est une pathologie, qui se caractérise par la formation de calculs urinaires dans les reins ou dans la vessie. Cette maladie touche environ 5 à 10% de la population, dans les pays occidentaux. Quel traitement naturel favoriser, en cas de lithiase urinaire? Quels sont les symptômes et causes de cette maladie? Quelle hygiène de vie adopter?

Définition et termes-clés

Image représentant des personnes qui souffrent de lithiase urinaire: traitement naturel et symptômes.

Les calculs urinaires sont de petits cailloux qui se forment dans les voies urinaires: reins, vessie, et ils peuvent obstruer le conduit urinaire, l’uretère. Ils sont responsables de la lithiase urinaire. Le mot lithiase vient du grec lithos = pierre. En ancien français, elle était appelée gravelle. En crise, elle peut être excessivement douloureuse au flanc, c’est la douleur caractéristique de la colique néphrétique.

Les calculs ont une composition en cristaux différentes, en fonction de l’alimentation:

  • Phosphates de calcium, magnésium.
  • Carbonates de calcium.
  • Acide urique.
  • Urates de sodium, de calcium, de potassium, de magnésium.
  • Oxalates de calcium.

Ils peuvent souvent être constitués d’une combinaison de plusieurs de ces cristaux.

Symptômes

Les symptômes caractéristiques d’une lithiase urinaire sont le plus souvent:

  • Douleurs abdominales chroniques ou aiguës: douleurs au flanc, douleurs à l’aine. Elles peuvent résister aux antalgiques.
  • Fièvre, s'il y a infection.
  • Sang dans les urines (hématurie).
  • Insuffisance rénale: absence de miction, obstruction par calcul (rare).

Les symptômes de la lithiase urinaire peuvent être également:

  • Nausées, vomissements.
  • Agitation.
  • Douleur.

Prévalence

La lithiase urinaire touche environ 5 à 10 % de la population des pays occidentaux. Ce taux peut augmenter en fonction de la température extérieure, des pics de chaleur, car la formation de calculs est facilitée par la déshydratation. La population des pays les plus défavorisés est également sujette aux calculs urinaires, à cause de la malnutrition.

Causes médicales

Les causes non alimentaires, qui peuvent expliquer la formation de calculs urinaires sont rares. Elles ne comptent que pour 10 % des causes de la lithiase urinaire:

  • Causes endogènes :
    • déséquilibre acido-basique, favorisant la précipitation de calculs;
    • infection urinaire, souvent concomitante aux calculs.
  • Exogènes (médicaments), rares: antiprotéases (traitement du HIV).
  • Causes secondaires ou facteurs de risque:
    • Diabète
    • Obésité
    • Hypertriglycéridémie
    • Insuffisance rénale
    • Suite de chirurgie gastrique (by-pass) ou intestinale (maladie de Crohn)
    • Hyperparathyroïdie

Causes de terrain

Les causes de l'émergence d'une lithiase urinaire sont principalement alimentaires:

  • Déséquilibre acido-basique: acidose (acide urique) ou aussi alcalinose des urines.
  • Manque d’hydratation: il faut boire 1,5 litre d'eau par jour, peu minéralisée de préférence. Il est recommandé de ne pas consommer d'alcool, favorisant la déshydratation
  • Déséquilibre alimentaire:
    • Excès de protéines animales: abats, charcuteries.
    • Excès d’acide urique: alcools (vin blanc, rosé, bière, cidre), fruits de mer (bulots notamment).
    • Excès de calcium: fromages, en particulier de vache.
    • Excès d’acide oxalique: oseille, rhubarbe, épinards, chocolat, thé noir, côtes de bette (blettes).
    • Excès de phosphates: fruits secs, pois secs, sodas.
  • Le stress ou les angoisses: en Médecine Traditionnelle Chinoise, le rein est associé à la peur.

Diagnostic

Le diagnostic de la lithiase urinaire se fait surtout par imagerie médicale:

  • Echographie, radiographie.
  • Scanner de l’appareil urinaire.
  • Urographie intraveineuse (rayons X).

Les techniques faisant appel aux rayons (radiographie, scanner, urographie) sont contre-indiquées pour les femmes enceintes, en raison du risque qu’elles représentent pour le fœtus.

Une analyse de sang (NFS Numération Formule Sanguine) sera également très utile pour connaître le taux d’acide urique sanguin, et de créatine.

Et en cas d’infection (fièvre) ou de sang dans les urines, elle sera complétée par:

  • Une analyse d’urine pour recherche de sang (hématurie = sang dans les urines).
  • Un Examen Cytobactériologique des Urines (E.C.B.U.) pour rechercher les germes responsables de l’infection.
  • Bandelettes urinaires pour contrôler le pH (acidité).

L’excrétion d’un calcul urinaire par les voies naturelles (à la miction) va aussi permettre de déterminer la composition du calcul, et faciliter son traitement. Il est utile de le conserver pour son analyse en laboratoire (par spectrophotométrie), en tamisant l’urine avec un tamis fourni en pharmacie.

Médicaments

Les médicaments recommandés1 2 par la médecine conventionnelle ont principalement pour objectif, de réduire la douleur qui peut être aiguë:

  • Anti-Inflammatoire Non Stéroïdien (AINS): ketoprofène (Profénid©).
  • Dérivés de la morphine si la douleur ne cède pas.

Par la suite, en attendant le traitement (chirurgical, ondes de choc, ultrasons…):

  • Restriction hydrique pour atténuer la douleur.
  • Ou a contrario augmentation de la diurèse (ou la pratique de certains sports) pour faire descendre le calcul.
  • AINS = Anti-Inflammatoire Non Stéroïdien.
  • Antalgiques.
  • Antispasmodiques (Spasfon©).
  • Alpha-bloquants: tamsulosine (Josir© LP): pour relâcher les muscles lisses de l’uretère (et laisser glisser le calcul). Ils complètent souvent le traitement.

Le traitement de la lithiase urinaire, lorsque que le calcul n’a pas été éliminé naturellement (taille supérieure à 7 voire 10 mm), nécessite une hospitalisation:

  • Lithotripsie, lithotrithie extracorporelle par onde de choc (LEC).
  • Urétéroscopie (URS): par ultrasons, par choc balistique ou laser pulsé.
  • Néphrolithotomie percutanée (NPLC): chocs électro-hydrauliques, ultrasons, sondes.
  • En cas d’échec des méthodes précédentes: chirurgie ouverte (rare).

En cas de fièvre et donc d’infection, avec risque de pyélonéphrite (infection remontant aux reins), l’opération sera plus compliquée et éventuellement faite en urgence:

  • Drainage des urines
  • Traitement antibiotique +++

Hygiène de vie

Elle repose essentiellement sur des règles simples, notamment en termes d’alimentation:

  • Buvez au moins 1 litre et demi par jour d’eau de source, ou peu minéralisée (résidu sec inférieur à 50 mg/l).
  • Diminuez de  la consommation de charcuteries, d’abats et de viandes rouges.
  • Diminuez la consommation de laitages, notamment de vache.
  • Evitez les légumes contenant des oxalates: oseille, rhubarbe, épinard cru, fane de carotte.
  • Associez protéines et légumes pour l’équilibre acido-basique.
  • Diminuez la consommation de café, thé, chocolat.
  • Augmentez la consommation des poissons gras.
  • Diminuez la consommation d’alcools.
  • Faites un drainage des émonctoires, en particulier des reins avant l’hiver au changement de saison, pendant 3 semaines.
  • Faites régulièrement des monodiètes avec des légumes de saison (de préférence aux fruits), et de préférence pauvres en acide oxalique.
  • Reprenez une activité physique régulière: une demi-heure par jour minimum ou 2 heures et demi par semaine.

Quel traitement naturel privilégier, en cas de lithiase urinaire?

Traitement naturel de la lithiase urinaire

En l’absence de médicaments, et sans attendre un traitement ou une hospitalisation, plusieurs solutions existent avec les plantes, les huiles essentielles ou les bourgeons, en particulier pour prévenir la formation de calculs, voire pour dissoudre de petits calculs. Quel traitement naturel envisager, pour soigner la lithiase urinaire?

Phytothérapie: tisanes, teintures-mères (formes liquides)

La phytothérapie3 4 5 est un traitement naturel de premier choix, en cas de lithiase urinaire.

Outre les aliments à éviter du fait de l’origine alimentaire de la majorité des calculs urinaires, plusieurs plantes ont été utilisées depuis le Moyen-Âge et qui pour beaucoup ont fait leurs preuves, notamment en infusion ou en décoction. Toutes ces plantes sont diurétiques et seront contre-indiquées en crise de colique néphrétique ou en cas d’insuffisance rénale:

  • Alkékenge (Physalis alkekengi) baies: c’est le fruit de l’«amour-en-cage», également appelé physalis. En décoction, à raison de trois grandes tasses par jour
  • Aubier de tilleul (Tilia cordata): l’aubier est la seconde écorce de l’arbre, ici le tilleul. Sa décoction (20-25 minutes à couvert) est un classique du drainage des voies urinaires (et biliaires). En herboristerie, nous l’associons avec la sabline.
  • Bouleau (Betula alba), feuilles, écorce, sève: draineur de l’acide urique. Infusion des feuilles.
  • Bugrane (Ononis spinosa), racine: infusion de 5 minutes de la racine (c’est une exception).
  • Chardon-Rolland (Eryngium campestre), racine: décoction de 5 minutes.
  • Chèvrefeuille (Lonicera nigra), feuilles: infusion.
  • Epine-vinette, berbéris (Berberis vulgaris), écorce de racine: macération d’un quart d’heure puis ébullition, et infusion de 20 minutes.
  • Frêne (Fraxinus excelsior), feuilles, écorce.
  • Garance (Rubia tinctorium), racine : décoction de 3 minutes contre les phosphates
  • Grémil (Lithospermum officinalis), plante: décoction de 3 minutes.
  • Maïs (Zea mays), barbe: infusion
  • Orthosiphon (Orthosiphon stamineus), plante: infusion.
  • Paliure (Paliurus aculeatus ou spina-christi), fruit: décoction de 5 minutes.
  • Pariétaire (Parietaria officinalis), plante: infusion.
  • Persil (Petroselinum sativum), racine: décoction.
  • Pissenlit (Taraxacum dens-leonis), feuilles en infusion: urée, acide urique.
  • Sabline (Arenaria rubra), plante en infusion de 10 minutes: acide urique. En association avec l’aubier de tilleul (après sa décoction, ajoutez 1 cuillère à soupe).
  • Salsepareille (Smilax Sarsaparilla), racine en décoction: urée, acide urique.

Aromathérapie

L'aromathérapie6, autre traitement naturel, est également indiquée en cas de lithiase urinaire.

Les huiles essentielles (HE) suivantes peuvent être prises, en interne, dans une petite cuillère d’huile d’olive (en cure de 10 jours par mois maximum, pendant 3 mois, 1 goutte 3 fois par jour). Elles peuvent être aussi utilisées, en usage externe, diluées dans une cuillère d’huile d’amande douce, en application dans la région des reins. Attention, pas d’exposition au soleil après application (photosensibilisation) :

  • HE buchu (Agathosma betulina), feuilles (rare): spasmolytique.
  • Essence de citron, essence de citron vert (Citrus limonum): litholytique.
  • HE khella (Ammi visnaga), semences: spasmolytique.
  • HE genévrier (Juniperus communis), rameaux à baies: pas d’usage prolongé car elle est irritante pour les reins.

Pour l’usage interne, il est préférable de demander conseil à un médecin aromathérapeute ou un thérapeute expérimenté.

Gemmothérapie

En cas de lithiase urinaire, la gemmothérapie7 8‌‌ est un traitement naturel intéressant.

Les bourgeons ou jeunes pousses des arbres et arbustes, se prennent en cure de 3 semaines, à raison de 5 gouttes, 3 fois par jour, dans un verre d’eau (pour un adulte):

  • Bouleau verruqueux (Betula pendula / verrucosa), bourgeons
  • Genévrier (Juniperus communis), jeunes pousses
  • Hêtre (Fagus sylvatica), bourgeons
  • Myrtillier (Vaccinium myrtillus), bourgeons
  • Maïs (Zea mays), radicelles

Questions fréquentes

Qu'est-ce que la lithiase urinaire?

La lithiase urinaire est une maladie, qui se caractérise par la formation de calculs dans les voies urinaires.

Quel traitement naturel privilégier?

- Phytothérapie
- Aromathérapie
- Gemmothérapie

Quelles sont les autres recommandations?

- Boire 1,5 litre d'eau par jour
- Eviter de consommer: de la viande rouge, des laitages,
des légumes riches en oxalate
- Ne pas boire d'alcool
- Faire régulièrement des monodiètes
- Pratiquer une activité physique


  • 1Guide de thérapeutique PERLEMUTER, éditions Elsevier Masson
  • 2Guide des 4000 médicaments utiles, inutiles ou dangereux, Pr Philippe Even et Pr Bernard Debré, éditions du Cherche Midi, Paris 2012
  • 3Traité Pratique de Phytothérapie, Dr Jean-Michel Morel, éditions Grancher Paris 2008
  • 4Guide des 4000 médicaments utiles, inutiles ou dangereux, Pr Philippe Even et Pr Bernard Debré, éditions du Cherche Midi, Paris 2012
  • 5La santé à la pharmacie du bon dieu, Maria Treben, éditions Ensthaler, réédition 2007
  • 6ABC de l’herboristerie familiale, Thierry Folliard, éditions Grancher, Paris 2009
  • 7Petit Larousse des Huiles Essentielles, Thierry Folliard, éditions Larousse, Paris 2014 réédité 2020 – Bible Larousse des Huiles Essentielles, Thierry Folliard, éditions Larousse, Paris 2016
  • 8Gemmothérapie, les bourgeons au service la santé, Stéphane Boistard, éditions de Terran 2016
  • 9Dictionnaire complet de gemmothérapie, Thierry Folliard, éditions du Dauphin, à paraître, Paris 2021
Thierry Folliard

Naturopathe depuis 2009. Auteur de plusieurs livres dont la bible Larousse des huiles essentielles (2016) et l’ABC de l’herboristerie familiale (2009). Consulte à Paris 13ème.