Sécheresse vaginale : causes et traitement naturel

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Une hydratation vaginale correcte permet de maintenir l’humidification optimale de la muqueuse, afin qu’elle conserve sa souplesse. Trop souvent qualifiée de « petit problème » gynécologique, ce trouble est loin d’être un petit problème de la vie des femmes et est aussi bien loin de ne les embêter que lors de la ménopause. Elle peut accompagner la prise de pilule contraceptive, la survenue ou le décours d’une infection, etc., mais peut aussi traduire ou être la conséquence de difficultés affectives tant le vagin peut jouer un rôle
« d’éponge émotionnelle ». Quel traitement naturel privilégier, en cas de sécheresse vaginale?

Définition : une insuffisance de sécrétion de la muqueuse

Femme en sous-vêtement représentant la sécheresse vaginale: traitement naturel et causes.

La sécheresse vaginale se définit par l’insuffisance de sécrétion de la muqueuse vulvo-vaginale1‌.
Cette insuffisance de sécrétion peut, selon sa cause, être continue ou ponctuelle, souvent alors lors des rapports sexuels.

Physiologiquement, les sécrétions sont entretenues par la sécrétion hormonale d’estrogènes. Elles jouent également un rôle majeur dans le maintien de la flore vaginale normale, en assurant un pH compris entre 4 et 5. Ce pH protège de la prolifération de germes pathogènes, à l’origine des infections ou vaginites.

L’abondance de cette sécrétion varie :

  • Selon les femmes et les périodes du cycle.
  • Selon les circonstances : elle est stimulée et augmentée lors des rapports sexuels et joue un rôle majeur dans la lubrification facilitant la pénétration. Elle peut toutefois être réduite lors du 1er rapport sexuel, du fait du stress de la pénétration.
  • Selon le cycle de la vie génitale : diminution lors de la ménopause (carence en estrogènes), semaines suivant l’accouchement.
  • Selon des facteurs exogènes comme la prise de certains médicaments asséchant les muqueuses (antihypertenseurs, antidépresseurs, antihistaminiques), certaines pilules contraceptives faiblement dosées en estrogènes, une intolérance à des contraceptifs locaux, à des lubrifiants ou à des préservatifs.
  • Selon l’état psychique de la femme : sensibilité au stress et aux émotions, dépression. La sécrétion vaginale est aussi médiée par le système nerveux et les états de stress ont des répercussions négatives inhibitrices.
  • Lors d’une infection gynécologique (vaginite, vulvo-vaginite).
  • Lors de maladies dermatologiques pouvant atteindre la sphère génitale (dermite séborrhéique, lichen, etc.).
  • Dans le contexte de traitements de certains cancers (certaines chimiothérapies et radiothérapies).
  • Lors de mauvaises habitudes d’hygiène intime, soit négligence soit plus souvent toilettes trop fréquentes et agressives pour les muqueuses génitales, déséquilibrant la physiologie de la flore normale.
  • Dans le manque de désir sexuel ou dans le vaginisme, où la crainte de la douleur vient bloquer la sécrétion et l’excitation génitale.

En pratique, les principales causes de sécheresse vaginale sont représentées par :

  • La ménopause où la sécheresse s’intègre dans les troubles trophiques génitaux, dus aux modifications hormonales spécifiques de la ménopause.
  • Les troubles du désir sexuel.
  • Les effets secondaires de certains médicaments.

Signes et symptômes

Ce trouble concerne environ 4 femmes sur 10, au cours de leur vie, et 60% des femmes ménopausées.

Les symptômes se confondent avec ses conséquences sur la vie quotidienne et sur la vie génitale de la femme :

  • Démangeaisons vulvo-vaginales.
  • Sensations de brûlures vaginales ou vulvaires.
  • Infections favorisées par le déséquilibre de la flore bactérienne normalement présente sur la muqueuse génitale (flore de Döderlein).
  • Dyspareunie, douleurs lors des rapports sexuels, notamment lors de la pénétration.
  • Fissure vulvo-vaginale due à la fragilité de la muqueuse (sécheresse des tissus).

Diagnostic

Le diagnostic de sécheresse vaginale ainsi que le diagnostic de sa cause est fait par l’examen gynécologique, qui devra être réalisé de façon douce et atraumatique pour la muqueuse fragilisée par la sécheresse.

Il est ainsi fortement recommandé de consulter un médecin généraliste ou un gynécologue, notamment pour dépister une infection génitale qui nécessite un soin médical spécifique.

L’importance de l’hygiène de vie

L’hygiène de vie et intime sont des déterminants essentiels du bien-être génital de la femme. En cas de sécheresse vaginale, outre un traitement naturel adapté, une hygiène de vie saine est également essentielle.

L’hygiène intime

Grâce à son acidité et au mucus sécrété par les cellules vaginales et recouvrant ses parois, le vagin est « auto-nettoyant » et aucun geste d’hygiène « interne » n’est nécessaire.

Une bonne hygiène intime est indispensable pour le maintien de l’intégrité fonctionnelle de la muqueuse1 :

  • La toilette doit se faire simplement au niveau de la vulve, avec du savon de Marseille ou un gel spécifique, sans antiseptique pour la toilette intime.
  • Éviter tout excès de fréquence de la toilette intime, qui perturbe fortement la flore physiologique du vagin. Une toilette quotidienne suffit.
  • Pas de douche vaginale, qui déstructure totalement la flore protectrice naturelle.
  • S’essuyer toujours de l’avant vers l’arrière aux toilettes, pour éviter de véhiculer des bactéries pathogènes de l’anus vers le vagin.

Une bonne option de choix de gel de toilette intime est un gel nettoyant surgras à pH physiologique neutre ou acide (pH 4,5).

L’acidité du vagin constitue, en effet, un frein au développement de bactéries pathogènes qui n’y trouvent pas un milieu propice à leur croissance. D’autres facteurs d’altération sont à éviter :

  • Le tabagisme dont les méfaits résident aussi dans l’induction d’un déséquilibre de la flore vaginale, via la toxicité du monoxyde de carbone véhiculé dans le sang.
  • L’usage de déodorant intime, toxique pour la flore bactérienne normale.

Le maintien de l’intégrité physiologique de la flore passe également par des recommandations vestimentaires :

  • Éviter les pantalons trop serrés à l’origine d’irritations.
  • Préférer des sous-vêtements en coton, réduisant le risque de macération.

Il importe aussi de changer régulièrement de protection intime durant la période des règles.

Alimentation

En cas de sécheresse vaginale, en plus d'un traitement naturel adapté, l'alimentation peut être également modifiée.

Une bonne hydratation régulière est recommandée pour favoriser l’hydratation des muqueuses : boire environ 1,5 litre d’eau par jour, répartis au cours de la journée. Certains aliments peuvent avoir une action favorable sur l’équilibre de la flore vaginale, notamment par leur action probiotique :

  • Yaourts natures, riches en levures et bactéries (Lactobacillus acidophilus) bénéfiques à la flore vaginale.
  • Kimchi (chou fermenté coréen).
  • Choucroute.
  • Kéfir (boisson fermentée).

L’avocat et les fruits à coque comme les noix, les amandes ou les noisettes sont riches en huiles végétales et en vitamine E et, consommés régulièrement, peuvent aider à la prévention de ce trouble.
Les produits à base de soja (tofu, fève édamame) pourraient être bénéfiques pour leur teneur en isoflavones estrogènes-like. Cependant, il faudrait en consommer des quantités importantes, pour avoir un effet estrogénique sur la muqueuse.

Activité physique

En cas de sécheresse vaginale, l'activité physique et un traitement naturel adapté permettent de soulager les symptômes de ce trouble.

Avoir une activité physique régulière est un élément de base de l’hygiène de vie. Si elle n’a pas d’action directe sur la sécheresse des muqueuses, elle présente néanmoins un bénéfice indirect, en favorisant la circulation sanguine. Elle favorise également une bonne vascularisation et hydratation de l’appareil génital.

Elle renforce également la libido et favorise l’activité sexuelle, qui à son tour, est un facteur d’entretien fonctionnel de l’hydratation vaginale.

Médicaments

Les traitements médicaux font appel à plusieurs classes thérapeutiques :

  • Les lubrifiants et hydratants locaux pharmaceutiques sont d’une grande utilité, par exemple Ainara gel, Gynofit, Hydralin, Intimina, Intimy, Lactacyd, Ménophytéa hydrata­tion intime, Mucogyne, etc.
  • Soin local visant à restaurer une flore normale (probiotiques).
  • Infiltrations d’acide hyaluronique, favorisant l’hydratation vaginale et le renouvellement des cellules muqueuses.
  • Application locale d’estrogènes (gel, crème, capsule ou anneau vaginal).
  • Hormonal : par voie orale ou transcutanée de la ménopause, si on se situe dans ce contexte.
  • Traitement d’une infection génitale, si la cause infectieuse est objectivée (antibiotique, antifongique).
  • Soin dermatologique spécifique si une dermatose est en cause.
  • Parfois prise d'antidépresseurs ou d'anxiolytiques, si la sécheresse s’intègre dans le contexte d’un trouble anxiodépressif.

Sécheresse vaginale : quel traitement naturel?

Les solutions naturelles ont une place de premier plan dans la prise en charge de ce trouble.

Lubrifiants, huiles et ovules naturels

Certains produits naturels peuvent constituer des lubrifiants particulièrement efficaces :

  • Gel à l’Aloé vera, non seulement hydratant mais aussi apaisant pour les muqueuses. Il est appliqué sur les parties génitales une fois par jour, pendant 2 semaines, en dehors des règles puis répété si besoin.
  • Capsules ou ovules vaginaux à base de calendula, d’huile d’onagre ou d’Aloé vera, insérés régulièrement 2 à 3 fois par semaine.
  • Crème au calendula.

L'huile de millepertuis ou de coco représente un traitement naturel, au long cours, de la sécheresse vaginale :

  • L’huile de millepertuis est rouge et a tendance à tâcher les vêtements.
  • L’huile de coco est donc souvent préférée et possède également des propriétés antifongiques (en complément du traitement médical d’une vaginite candidosique) et anti-inflammatoires apaisantes sur une muqueuse irritée.
  • Elles s’administrent en application interne (vagin) et externe (vulve) : une noisette en massage doux 2 fois par jour.
  • Leur action est renforcée par l’utilisation d’un savon non décapant, pour l’hygiène intime, comme une huile lavante réparatrice.
  • Ces huiles sont hydratantes mais non lubrifiantes, leur utilisation pour les rapports sexuels n’apporte pas le confort d’un gel lubrifiant. Elles ne sont donc pas conseillées dans ce contexte, d’autant plus que l’huile de coco dégrade le latex des préservatifs et le rend poreux.

Les huiles d’amande douce ou d’olive peuvent également être utilisées, mais toujours en dehors de l’usage de préservatifs qu’elles dégradent. On choisira toujours plutôt un produit bio, sans excipent, afin de limiter les risques de survenue d’une intolérance.

Phytothérapie

Plusieurs plantes contenant des phyto-hormones (estrogènes-like), souvent commercialisées comme « compléments spécial ménopause » peuvent améliorer ce trouble :

  • Houblon.
  • Sauge.
  • Trèfle rouge.
  • Lin.
  • Shatavari (racine).
  • Aulne blanc ou de montagne (bourgeon).
  • Airelle (bourgeon).
  • Propolis rouge.

On les trouve aussi commercialisées sous les noms de Sérépause. Phytorigin sauge et lin, Ménogyne, etc. Leur posologie est de 1 à 3 gélules par jour, pendant au moins 2 à 4 mois.

Homéopathie

L'homéopathie est également un traitement naturel intéressant, en cas de sécheresse vaginale.

Selon l’intensité du trouble, 3 niveaux de traitement homéopathique peuvent être proposés :

  • Dès l’apparition des premiers symptômes : Folliculinum 5CH.
  • Devant une sécheresse importante : Alumina et Bryonia 5CH.
  • En cas de fissurations : Natrum muriaticum 5CH.

Compléments alimentaires

Certains compléments alimentaires favorisent l’hydratation de la muqueuse et son maintien :

  • Huiles de bourrache ou d'onagre.
  • Huile de poisson.
  • Huile de germes de blé.

Toutes ces huiles sont riches en oméga-3 et en oméga-6, qui favorisent l’hydratation des muqueuses. Elles présentent un effet anti-inflammatoire, qui apaise et cicatrise les muqueuses irritées.

Elles s’administrent à raison de 2 à 4 gélules par jour en cures de 3 mois, plus longtemps en cas de sécheresse post-ménopausique. On les trouve commercialisés sous les noms de Ménophytea Hydratation Intime, Luboral, Donalis, etc., par exemple.

Traitements externes

En plus d'un traitement naturel, les traitements externes sont également efficaces pour soulager les symptômes de la sécheresse vaginale.

L’usage d’un gel intime

L’utilisation d’un gel ou lubrifiant intime est la solution la plus simple en pratique pour ne pas souffrir lors de la sexualité et pour soulager l’inconfort lorsqu’il est permanent.

Dans le contexte de la sexualité

L’utilisation de gel intime doit obéir à certaines recommandations pour apporter le plus de confort en toute sécurité.

  • L’application initiale d’un gel lubrifiant est externe, vulvaire, avec dépôt d’une « noisette » à l’entrée du vagin. Il peut être appliqué sur l’ensemble de la vulve ainsi que sur le sexe du partenaire et son application intégrée aux préliminaires.
  • Les lubrifiants à base d’acide hyaluronique sont recommandés en priorité, car ils hydratent la muqueuse vulvo-vaginale et ont des propriétés cicatrisantes, en plus de leur action lubrifiante. Ils doivent toutefois être appliqués 1 à 2 heures avant le rapport sexuel (effet retard), ce qui nécessite un timing précis pas toujours évident à suivre.
  • Les gels intimes hydratants à l’eau sont d’une excellente efficacité pour faciliter la pénétration, mais s’évaporent rapidement et nécessitent donc plusieurs applications. Le plus simple est à base d’eau et de glycérine.
  • Les gels à l’eau et au polyacrylamide agissent plus longtemps, en déposant un film humectant sur la muqueuse.
  • Les gels au silicone apportent une excellente lubrification mais sont plus glissants.

Il est recommandé d’éviter les lubrifiants à base de vaseline, car ils peuvent être irritants pour les muqueuses. De plus, la vaseline ne doit pas être utilisée lorsque les rapports ont lieu avec préservatif (perte de leur étanchéité).

Des gels plus « sexy » sont proposés avec des sensations de chaud ou autres diverses sensations, il convient de se méfier des risques d’intolérance aux composés ajoutés.

Dans le contexte d'un désagrément continu

Les gels lubrifiants avec applicateur intravaginal, canule monodose ou sous forme d’ovules sont indiqués dans les sécheresses chroniques et douloureuses en dehors des rapports sexuels.

Ils renferment de l’acide hyaluronique, à forte concentration et à libération prolongée, associé à des polymères relâchant progressivement de l’eau. Ils sont appliqués tous les 2 ou 3 jours, de façon systématique en dehors des rapports sexuels.

Huiles essentielles

L'aromathérapie est également un traitement naturel intéressant, en cas de sécheresse vaginale.

Les huiles essentielles (HE) ne doivent pas être appliquées sur les muqueuses même diluées, sauf à des dilutions bien définies et sur prescription d’un spécialiste, sous peine de brûlures.

Sous cette condition, certaines huiles essentielles peuvent être utilisées diluées dans une huile végétale pour apaiser localement les irritations et démangeaisons : HE de camomille allemande, de lavande ou de millepertuis.

Deux huiles essentielles s’avèrent être particulièrement indiquées :

  • L’HE de sauge sclarée dont le sclaréol pourrait avoir une action proche des estrogènes (« estrogènes-like »), avec une action positive sur la muqueuse vaginale, en cas de sécheresse post-ménopausique.

Par précaution, elle est contre-indiquée lorsque la sécheresse est secondaire au traitement d’un cancer hormono-dépendant. Elle s’administre par voie orale, à raison d’une goutte dans une tasse de thé par exemple, sans dépasser 3 semaines. Elle peut également être administrée en massages du bas ventre ou du bas du dos (2 gouttes diluées dans de l’huile végétale).

  • L’HE de niaouli possède aussi des propriétés « estrogènes-like », qui peuvent la faire indiquer dans la sécheresse vaginale post-ménopausique en massages du bas ventre, diluée dans une huile végétale.

Traitement au laser

Cette nouvelle modalité thérapeutique est d’apparition récente et semble prometteuse bien qu’on ait encore peu de recul.

Il s’agit de laser CO2, LED ou radiofréquences qui ne brûle pas et est indolore. Il est basé sur la régénération des cellules de la muqueuse, en abrasant les cellules superficielles sèches. Le principe est donc d’accélérer le remplacement de la couche superficielle de la muqueuse par des cellules jeunes mieux hydratées.

Les séances (3 à 4) se pratiquent chez le gynécologue et ne nécessitent aucune anesthésie.

Les indications à ce jour sont les sécheresses vaginales post-ménopausiques et après traitement hormonal pour cancer du sein. Il existe des complications possibles (douleurs, brûlures ou cicatrices).

Prise en charge sexologique

En cas de sécheresse vaginale, en plus d'un traitement naturel adapté, une prise en charge sexologique peut être également nécessaire.

Une activité sexuelle régulière favorise la vascularisation du vagin et donc l’apport à la muqueuse d’eau et de substrats pour la synthèse des sécrétions. Une sexualité régulière permet également, chez les femmes ménopausées, d’entretenir la souplesse des parois et donc de s’opposer à la progression d’une atrophie2.

Importance des préliminaires

La place des préliminaires est importante, car ils induisent une augmentation de la sécrétion muqueuse avec l’augmentation du désir.

Outre le plaisir de la sensualité et de la montée de l’excitation, une des fonctions des préliminaires est en effet de préparer l’appareil génital féminin au rapport sexuel en stimulant la production de sécrétion qui va lubrifier les parois vaginales.

Prise en charge spécifique d’un trouble sexuel

Sur le plan du traitement de certaines causes de sécheresse vaginale, la prise en charge sexologique permet la prise en charge thérapeutique :

  • D’un vaginisme.
  • D’un trouble du désir sexuel associé.
  • D’une difficulté de couple, dont la sécheresse lors des rapports sexuels pourrait être une conséquence liée au stress du conflit.

Elle peut également constituer un accompagnement nécessaire pour la reprise d’une sexualité post-accouchement ou après un cancer.

Usage de préservatif

Il importe de préciser qu’en cas de sécheresse vaginale, la lubrification commerciale des préservatifs est insuffisante et il est recommandé d’ajouter du gel lubrifiant sur sa surface, pour éviter que le rapport risque d’être douloureux pour sa partenaire.

Il faut utiliser du gel aqueux (à base d’eau) et non un gel huileux qui altère le latex (risque de porosité et de déchirure).

Pratiques complémentaires et corps-esprit

Les techniques corps-esprit sont particulièrement bénéfiques, en particulier dans le contexte des sécheresses vaginales post-ménopausiques.

Acupuncture

Dans la sécheresse vaginale secondaire à la survenue de la ménopause, l’acupuncture est un traitement naturel, qui peut être proposé.

La médecine chinoise traditionnelle considère la ménopause comme le déclin naturel d’énergie du Yin du Rein (« système du rein ») et vise à rétablir l’équilibre entre le Yin, représentant la masse corporelle et associé au repos, et le Yang, représentant le mouvement et la circulation de l’énergie.

Le déséquilibre de la ménopause est constitué par le déclin du Yin du Rein, avec perte de la capacité d’humidifier, et l’échappement du Yang engendrant chaleur et assèchement. L’abord par acupuncture vise à renforcer la vitalité du Yin du Rein.

Yoga, Tai Chi

La pratique du Yoga ou du Tai Chi constituent des pratiques de gestion de ses émotions et de prise de conscience corporelle bénéfiques lors des changements corporels liés à la ménopause.

Certaines postures centrées sur la respiration (Kapalbhati) et sur la souplesse et l’équilibre corporel (Tadasana, PadaHastasana, lotus, arbre) sont particulièrement recommandées chez les femmes ménopausées. Certains programmes de yoga spécifiques à la vie génitale de la femme (« yoga hormonal ») ont été développés.

Relaxation

La relaxation constitue une aide précieuse pour la prise en charge du stress lié à la sécheresse vaginale, notamment liée à la peur et à l’anticipation de l’échec lors de la pénétration sexuelle. Elle apporte aussi une aide notable à la gestion du stress et à l’acceptation des modifications corporelles liées à la ménopause.

Elle peut s’associer à des exercices périnéaux permettant une mobilisation musculaire du plancher pelvien favorable à une bonne circulation sanguine dans la région génitale, favorisant ainsi l’hydratation vaginale.

Enfin, elle représente un abord thérapeutique de choix pour la prise en charge des troubles émotionnels et du stress associés aux difficultés de couple et aux troubles sexuels (trouble du désir, vaginisme), pouvant entraîner une sécheresse vaginale. Elle est également indiquée dans d’autres contextes stressants pouvant générer ce trouble (cancers hormono-dépendants traités, pathologies dermatologiques, douleurs, etc.).

Hypnose

Lorsque la sécheresse vaginale est liée à un trouble sexuel (baisse du désir, vaginisme), l’hypnose peut représenter un traitement naturel de choix du trouble à l’origine de la sécheresse vaginale.

Que conclure?

  • Une hydratation correcte du vagin permet de maintenir l’humidification optimale de la muqueuse, afin qu’elle conserve sa souplesse fonctionnelle.
  • La préservation de l’intégrité de la flore et de son équilibre est un impératif reposant sur une bonne hydratation de la muqueuse, pour assurer le meilleur confort de la vie génital et sexuel de la femme.
  • Une hygiène intime correcte est primordiale pour prendre soin de sa flore vaginale.
  • Les traitements naturels et externes ont une place de premier plan dans la prise en charge de ce trouble.
  • Dans le contexte de la ménopause, elle n’est pas une fatalité et ne doit pas signer l’arrêt de la vie sexuelle.

Questions fréquentes

Sécheresse vaginale : quel traitement envisager ?

- Médicaments
- Prise en charge sexologique
- Traitement au laser
- Utilisation de gels intimes

Quelle solution naturelle privilégier ?

- Phytothérapie, homéopathie, aromathérapie
- Utilisation de compléments alimentaires

Quelles sont les autres recommandations ?

- Adopter une hygiène intime adaptée
- Arrêt du tabac
- Modification de l'alimentation
- Pratique d'une activité physique


  • 1Mares P et coll. La sécheresse vaginale. Rev. Prat., 2001 ; 51 : 155-158
  • 2Lopes P. Syndrome génito-urinaire de la ménopause. Rev. Prat. MG, 2020 ; 34 : 828-830
  • 3Lopes P. Syndrome génito-urinaire de la ménopause. Rev. Prat. MG, 2020 ; 34 : 828-830
Philippe Schwartz

Relaxologue et sexologue. Diplôme de docteur en médecine. Consulte à Paris.