Thérapie de couple

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L’attachement amoureux durable est une des relations affectives les plus importantes qui soit pour un individu. C'est un lieu de sécurité, de soutien et d’entraide majeur, et le sentiment de sécurité ressenti est à son tour un facteur de consolidation de la relation. De nos jours, il sous-entend un investissement affectif majeur où viennent se conjuguer désirs amoureux et attentes parfois excessives des partenaires. Son équilibre est souvent fragile. La thérapie de couple, ou conjugale, vise à procurer une aide aux conjoints en souffrance sans pour autant présager de leur issue.

Comment se définit cet attachement ?

Dans les pays occidentaux, il pourrait se définir comme deux individus qui1 2‌‌ :

  • Souhaitent être ensemble car ils s’aiment.
  • Ont le désir d’un épanouissement commun, sexuel, intellectuel, affectif.
  • Souhaitent avoir des enfants ensemble et les élever ensemble.
  • Ambitionnent d’évoluer conjointement socialement.
  • Se soutiennent l’un l’autre.
  • ont une relation durable, le plus souvent exclusive.
Mains d'homme et de femme entrelacées : quelle thérapie de couple ?

Cette définition actuelle est le fruit d’une longue évolution culturelle et sociale, où chacun de ces items a pu varier selon les époques et les civilisations avant d’arriver au modèle conjugal amoureux actuel3.

L'évolution de cette notion dans le monde occidental

Au cours de l'histoire

Elle a notablement évolué dans son concept avant de devenir une entité propre résultant de l’union collaborative de deux partenaires et formant le noyau du lien familial4.

Avant le 19e siècle, le couple n’était le plus souvent que l’union de deux familles à des fins sociales ou économiques, notamment l’enrichissement en patrimoine.

Par ailleurs, il a longtemps été conçu sur un modèle patriarcal d’où l’altérité et l’indépendance socio-économique des partenaires étaient absentes.

Ce n’est qu’au 20e siècle qu’est apparue la famille dite « conjugale » constituant une entité autonome à la fois conjugale et parentale.

Il s’est ainsi dissocié de son appartenance familiale au sens élargi et également de son inscription dans un modèle social prédéterminé.

Les choix personnels et amoureux ont remplacé les unions dictées par des intérêts familiaux ou patrimoniaux.

Une des conséquences de cette évolution a été une fragilisation de la vie conjugale par rapport au nombre de liens familiaux, sociaux ou économiques qui le déterminaient auparavant5.

La seule disparition du lien amoureux est donc désormais à même d’entraîner sa fin.

Aujourd’hui, les problématiques amoureuses, de désamour, sexuelles, d’évolution du rapport amoureux avec le temps constituent les principaux motifs de souffrance au sein de cette relation.

Évolution de la place de la thérapie de couple

Traitements de la dernière chance jusqu’aux années 1990, les prises en charge sont aujourd’hui le traitement de premier recours des conflits et des situations de détresse6.

Une relation autonomisée par rapport à la famille et à la société mais plus fragile

Contexte historique

Sa formation est passée d’une motivation d’intérêt familial ou patrimonial à une motivation personnelle, en particulier amoureuse7.

Or la fragilité du lien amoureux par rapports au poids des contraintes familiales ou patrimoniales a fait qu'il est devenu plus fragile et particulièrement sensible aux évolutions sentimentales et affectives, au risque du seul désamour.

La séparation ou le divorce sont désormais inscrits dans son évolution possible, sans que ne s’y opposent le poids des conventions sociales ou familiales. Le mariage lui-même n’est plus une condition et de fait, depuis presque 50 ans, le nombre de mariages diminue passant en Europe de 8 mariages pour 1000 habitants en 1970 à 4,4 en 20108.

Parallèlement, le divorce s’est libéralisé et a connu en revanche un doublement, passant de 1 divorce pour 1000 habitants en 1970 à 1,9 en 20099.

Recentré sur l'amour mais plus fragile, que s'est-il passé ?

Jusqu’aux années 1970, le mariage s’apparentait à un rituel de passage dans la vie adulte et officialisait la sexualité. Il était un symbole de maturité et d’acquisition de leur autonomie pour les jeunes adultes10.

La diminution du nombre de mariages peut être imputée au recentrage du désir de se mettre un couple sur des sentiments amoureux personnels, donc plus indépendants et libres en regard de l’aspect social et de la notion sociétale de famille.

Il faut noter qu’il n’y a pas de diminution de la vie à deux, ce désir est toujours bien présent, mais pas forcément avec le même partenaire pour toute la vie11. Mais même si le divorce s’est banalisé, il repose sur des causes plus profondes que sa seule facilité. L’augmentation des séparations et des divorces apparait en effet corrélée à une idéalisation excessive de la vie à deux basée avant tout sur le sentiment amoureux avec comme conséquence un surinvestissement dans les attendus de cette relation12 13‌‌.

Le recentrage amoureux à l’origine du couple sous-entend qu'il va reposer sur une union amoureuse forte et durable. Et c’est de fait le désir primordial des sujets s’unissant avec des motivations sentimentales amoureuses. Mais, après la rencontre et sa formation, diverses étapes de la vie de couple vont avoir lieu. La vie quotidienne avec son retentissement sur la sexualité par exemple, la parentalité avec son atteinte à la vie intime et personnelle. Les évolutions personnelles des partenaires en termes d’épanouissement personnel ou de sécurité affective, etc., ne pourront être supportées par le seul sentiment amoureux aussi fort soit-il ou a-t-il été lors des débuts de sa formation14.

Les déceptions éventuelles, liées au surinvestissement affectif et émotionnel, viennent alors rencontrer la facilité acquise socialement pour le désengagement. Cette convergence fait une grande part du lit de sa fragilité à long terme.

De la fragilité à la détresse conjugale

Les enquêtes récentes montrent que seulement un couple sur trois se dit fondamentalement heureux. Ce taux était de 60% il y a 25 ans15.

Globalement, cette satisfaction diminue avec le temps. Cette insatisfaction apparait dès les 10 premières années de mariage. L’insatisfaction sexuelle est un des symptômes particulièrement fréquents de l’évolution vers une détresse conjugale, et est rapportée comme étant entre à 50% et jusqu’à 70% responsable des difficultés et insatisfactions16.

En revanche, la satisfaction de la vie sexuelle ne compte que pour seulement 20% des raisons du bonheur dans les couples heureux.

La sexualité est donc un élément dysfonctionnant majeur chez les conjoints en détresse mais une sexualité satisfaisante ne fait qu’une petite partie du bonheur des conjoints heureux. En France, l’existence d’une infidélité est reconnue par 27% des hommes et 15% des femmes17.

Fait notable, plus les partenaires sont égalitaires pour les tâches et les décisions, plus le niveau de conflits est faible.

Quels sont les éléments d’évaluation de la fragilité de la relation ?

Plusieurs éléments permettent d’évaluer sa fragilité18 :

  • Le souhait ou seulement l’idée de la possibilité de divorce ou de séparation.
  • La notion de violences.
  • La fréquence des comportements d’infidélité, leurs circonstances de survenue.
  • Le niveau d’insatisfaction sexuelle ou affective.
  • La survenue de troubles sexuels non liés à des pathologies organiques et leur aspect sélectif ou non envers le ou la partenaire.
  • L’existence d’une demande d’aide.

Les facteurs identifiés comme causes principales de la détresse conjugale

Certains facteurs ont été identifiés comme jouant un rôle majeur dans la survenue d’une détresse conjugale19 :

  • Défaut de communication.
  • Hostilité.
  • Défaut ou perte de l’engagement affectif ou émotionnel.
  • Violence.

Facteurs individuels ayant un impact négatif sur la satisfaction

Des facteurs individuels concernant l’un ou l’autre des partenaires augmentent les risques de fragilisation20 :

  • Instabilité émotionnelle.
  • Personnalité introvertie.
  • Antagonismes dans les préférences, les désirs, les décisions.
  • Tendance à la négligence dans la vie quotidienne et envers l’autre.
  • Traits de personnalité psychopathiques : impulsivité, manipulation, domination, etc.
  • Attachement pathologique : abandonnisme, évitement des situations intimes, dépendance affective.

Ces éléments sont à l’origine d’une dysfonction relationnelle entre les partenaires pouvant concerner les comportements, la communication verbale ou non verbale, les échanges émotionnels et sexuels, etc.

Ces différences représentent souvent l’élément initial qui engendrera les difficultés et conflits futurs. Elles donnent souvent au début lieu à des tentatives de faire changer l’autre puis deviennent de plus en plus négativement perçues, aboutissant à de véritables incompatibilités.

De quoi naît une dispute ?

Parmi les facteurs déclenchants les plus fréquemment rapportés des disputes, on trouve21 22 :

  • Les critiques.
  • Les contrariétés successives.
  • Le sentiment d’injustice ou d’abus.
  • Le rejet.
  • Le mépris.
  • Un acte ou au contraire une inaction.
  • Le déni de responsabilité.
  • La dérobade dans un silence mutique.
  • Un défaut de disponibilité.
  • L’insatisfaction sexuelle.

Quels sont les sujets fréquents de disputes ?

Certains thèmes sont particulièrement fréquents dans les désaccords et à l’origine de disputes et de conflits23 24:

  • Les considérations financières.
  • Le choix des loisirs.
  • Le sentiment d’inéquité dans le partage des tâches et activités ou dans le domaine de la vie sexuelle.
  • Les désaccords et antipathies familiaux.

Il faut noter que les thèmes des tensions et des disputes sont relativement stables.

D’autres sont en revanche moins fréquents qu’on pourrait le penser :

  • Les enfants.
  • Les thématiques religieuses.

Un autre motif de conflit, d’apparition récente, est l’emprise de l’usage des outils numériques, aboutissant à une indisponibilité d’un des partenaires pour l’autre. Cette emprise peut être personnelle (jeux en réseau, réseaux sociaux) ou professionnelle (impossibilité de déconnecter de son travail).

Cette emprise peut altérer la vie commune le jour et jusqu’à retentir sévèrement sur son intimité et sa sexualité la nuit. Et ceci d’autant plus que le partenaire délaissé est exclu du monde numérique de l’autre alors qu'ils sont réunis. Il peut même parfois s’agir de cybersexualité, ajoutant alors une dimension d’infidélité au conflit.

De la détresse conjugale à la souffrance personnelle des conjoints

Il existe une corrélation forte entre l’insatisfaction dans la vie de tous les jours et la souffrance individuelle des partenaires. Les facteurs les plus impactant menant à une souffrance personnelle sont25 :

  • Les tensions relationnelles.
  • Les conflits et disputes.
  • L’irrespect, les humiliations.
  • Les infidélités.
  • Le divorce ou la séparation.

Ces éléments ont des conséquences tant physiques (cardiovasculaires, immunologiques, endocriniennes, etc.) que psychologiques (anxiété, dépression, abus de substances comme l’alcool par exemple) au niveau individuel. On a pu mettre en évidence une augmentation des hormones du stress (épinéphrine, norépinéphrine, cortisol, adrénaline) chez les partenaires en conflit26.

Ces conséquences sont d’autant plus importantes et s’aggravent d’autant plus que le niveau de conflit et de détresse est élevé.

Les conflits conjugaux constituent donc un risque réel pour la santé tant physique que psychique des individus.

Les trois grandes dimensions des difficultés rencontrées

On identifie trois dimensions distinctes, mais interagissant ensemble, qui peuvent amener à consulter pour une thérapie de couple ou conjugale27 28 :

  • L’engagement, dimension cognitive de l’amour.
  • L’intimité, dimension affective.
  • La passion, dimension émotionnelle.

Ces trois dimensions caractérisent les trois grands domaines interrelationnels entre les partenaires, et l’intégrité des trois permet de définir un amour comme mature.

Elles évoluent dans le temps et selon les différentes étapes de sa vie. Elles présentent l’intérêt d’être opérantes pour guider les interventions en thérapie de couple quelle que soit la modalité d’intervention (psychodynamique, humaniste, systémique, comportementale, émotionnelle, cognitive)29.

Ces dimensions peuvent être regroupées selon deux domaines d’amour30 :

  • Un amour de la relation à l’autre : passion, intimité.
  • Un amour d’appartenance au couple en tant qu’entité : engagement.

Ces deux domaines d’attachement peuvent permettre de situer un attachement dominant chez les partenaires et de repérer un déséquilibre d’attachement.

Plus le nombre de difficultés est élevé, plus la détresse conjugale est importante et plus l’avenir de la relation est en danger.

L'engagement

L’engagement31 caractérise le désir et les actes concrets en faveur du maintien de la relation. Il constitue un élément majeur à sa stabilité.

C’est aussi un choix de l’individu.

Il intervient notamment lorsque la phase de passion amoureuse diminue en intensité et qu'il se réorganise de façon moins fusionnelle autour des personnalités propres de chacun de ses membres.

Il représente un facteur important du sentiment de sécurité ressenti par les partenaires et de stabilité de la relation.

Une différence de niveau d’engagement constitue ainsi une cause de difficulté pour le maintien à long terme.

On décrit trois modalités à la diminution de l’engagement :

  • Une distanciation progressive qui se fait sans ressenti particulier de souffrance. Il peut même être vécu comme une individualisation bénéfique de chaque partenaire.
  • Une distanciation progressive mais dans laquelle un ou les partenaires éprouvent de la souffrance, pouvant amener à consulter pour une thérapie de couple.
  • Le désengagement brutal lors du décès d’un des membres ou d’un accident mais aussi lors d’une infidélité à forte tonalité émotionnelle ou à fort ressentiment. La brutalité de ce désengagement induit une détresse importante, voire majeure.

L'intimité

Dans la thérapie de couple, la notion d’intimité32 est la capacité à être proche de l’autre. Elle se caractérise par la connaissance de soi et de l’autre et est entretenue par la valorisation de chaque partenaire par l’autre. C’est l’espace de communication privilégiée pour la tendresse, l’affection, l’amour, la complicité, la sensualité et la sexualité, associant parole et langage corporel33.

Elle est sous-tendue par des compétences relationnelles et comportementales :

  • Capacité à se dévoiler et à parler de soi dans l’intimité.
  • Capacité d’exprimer ses émotions (peur de l’abandon ou du rejet par l’autre par exemple) au-delà de ses comportements réactionnels (colère, énervement, irritabilité, etc.) et à exprimer ses sentiments et son affection pour l’autre.
  • Capacité à réagir de façon appropriée aux paroles ou aux comportements de son ou de sa partenaire, ce qui traduit sa compréhension et son acceptation de l’autre et sa bienveillance et sa tolérance envers l’autre.
  • Aptitude à collaborer ensemble dans un sens favorable.

Elle dépend donc beaucoup de la personnalité de chaque sujet.

L’intimité est ainsi le fruit d’un apprentissage progressif de l’autre, basé sur la confiance et l’existence d’un sentiment de sécurité. Inversement, elle vient elle-même renforcer cette confiance et le sentiment de sécurité.

Elle se construit et s’enrichit durant toute la vie du lien amoureux34.

La passion

La passion35 correspond au lien qui a le plus souvent présidé, de façon intense, à la naissance du couple.

De nombreux éléments interviennent dans sa genèse et dans sa persistance : affectif, émotions, reconnaissance identitaire, communauté de motivations, ainsi que le désir, la congruence et la satisfaction sexuelle. La passion est aussi la dimension amoureuse qui impulse la sexualité, en associant l’attirance physique à la volonté de s’unir, de ne faire qu'un36.

Elle est la dimension la plus sensible au temps et au quotidien mais peut aussi se transformer en dépendance à l’autre. A l’exacerbation amoureuse de la rencontre fait suite l’attachement qui correspond à un engagement émotionnel. L’attachement se définit comme la relation d’écoute, de soutien et d’attention qui est indissociable du bien-être psychique mais aussi physique d’un individu37.

La part de la personnalité de chacun

Enfin certains éléments relevant de la personnalité propre de chaque partenaire doivent être pris en compte, dans la thérapie de couple, et jouent un rôle dans leurs réactions à l’altération des relations dans les trois dimensions précédentes :

  • Comportement de rapprochement ou de mise à distance.
  • Comportement de contrôle de la situation de conflit.
  • Comportement de prise de sa responsabilité, s’opposant au contrôle.
  • Réaffirmation des caractères propres à chaque individu tels qu’ils étaient exprimés avant la naissance de l'union et ses réaménagements relationnels.

Quels sont les secrets d’une vie commune harmonieuse et satisfaisante ?

En conséquence de tout ce qui vient d’être énoncé des facteurs pouvant entraver l'épanouissement, plusieurs recommandations peuvent être formulées pour favoriser son harmonie, en dehors d'une thérapie de couple38.

Maintenir et préserver l’intimité

L’intimité doit être entretenue pour faire perdurer la flamme amoureuse et le désir :

  • Moments de complicité.
  • Bienveillance et empathie à l’égard de l’autre.
  • Donner et recevoir de la tendresse.
  • Préserver l’érotisme, la sensualité et la sexualité.
  • Programmer des moments d’intimité.

Le maintien d’une intimité satisfaisante est associé à la sécrétion d’ocytocine, hormone de l’attachement.

Toujours chercher à séduire l’autre

La séduction est la condition indispensable à la persistance du désir d’intimité et en constitue la porte d’entrée.

  • Rester attirant pour l’autre, physiquement, affectivement, sexuellement.
  • Être sécurisant et rassurant.
  • Être ouvert et disponible à la séduction de l’autre.
  • Savoir puiser dans son imagination pour surprendre l’autre.

Rester complices

Outre une thérapie de couple ou conjugale, il est important de maintenir une complicité.

La complicité doit être maintenue et entretenue dans la vie quotidienne malgré ses vicissitudes et ses routines :

  • Varier la répartition des tâches, casser les routines.
  • Partage des décisions.
  • Faire des projets communs.
  • Passer du temps ensemble.
  • Respecter les besoins de l’autre.

Communiquer avec bienveillance et amour

Être heureux ne veut pas dire qu’il n’y a jamais de conflits mais que les conflits sont réglés par une communication positive et empathique.

Une communication bienveillante, ce sont des échanges où :

  • On est à l’écoute de l’autre et on tient compte de ses avis et demandes.
  • On formule ses demandes de façon à ne pas froisser l’autre.
  • On accepte le désaccord.
  • On est respectueux de l’autre.
  • On ne laisse pas l’autre dans un silence sans réponse.
  • On fait des compliments et on a des attentions envers l’autre.
  • On est sincère et « vrai » envers l’autre.

En n’oubliant pas que la communication est autant verbale que non verbale (regards, mimiques, gestes, comportements).

Montrer son amour

Outre une thérapie de couple adaptée, il est également important de démontrer son amour.

Aimer ne suffit pas si des actes ne viennent pas en témoigner :

  • Avoir des gestes de tendresse, non limités à la seule sexualité.
  • Être doux dans son comportement, ses regards, ses mimiques, ses intonations.
  • Se prendre la main, s’enlacer, s’embrasser.
  • Accueillir les attentions de l’autre.
  • Se fixer des rendez-vous amoureux.
  • Prendre du temps pour l’autre.

Avoir des relations érotiques au-delà des rapports sexuels

Les rapports sensuels et sexuels avec un partenaire en lequel ou en laquelle on est en confiance et dans un climat amoureux sont générateurs de bien-être psychique et physique d’un niveau supérieur par rapport à une sexualité avec des inconnus, et s’accompagnent d’une réduction des plaintes anxieuses et dépressives39.

Les relations érotiques amoureuses ne se limitent pas aux rapports sexuels :

  • Séduction, expression de son désir.
  • Préliminaires.
  • Massages, caresses.
  • Rapports érotiques sans forcément pénétration.
  • Découvrir de nouveaux jeux érotiques.
  • Créer des ambiances favorables à la montée du désir.
  • Se donner des rendez-vous.
  • Être attentif au plaisir de l’autre.
  • Communiquer sur ses envies, ce qu’on ressent.
  • Créer des scénarios sexuels excitants (sextos, rendez-vous coquins, surprises vestimentaires, jeux de société érotiques, passer une nuit à l’hôtel, etc.).

Thérapies conjugales

Tous les éléments décrits ci-dessus constituent les objets sur lesquels vont reposer la thérapie de couple ou conjugale.

Toutes les méthodologies thérapeutiques se focalisent sur des partenaires en souffrance, qu’elles soient psychodynamiques, comportementales, cognitives, humanistes, intégratives, systémiques, émotionnelles, etc.

Elle a pour objectif d'agir sur40 :

  • L’amélioration de la communication.
  • Le changement de comportements.
  • Les notions de bienveillance, de tolérance et d’acceptation de l’autre dans ses différences.

Deux grandes approches ont été particulièrement développées41 :

  • Les thérapies cognitivocomportementales.
  • Les thérapies centrées sur les émotions.

Thérapies cognitivocomportementales (TCC)

Plusieurs modalités ont été élaborées successivement en s’amplifiant de nouvelles conceptions.

La thérapie comportementale de couple

Apparue dans les années 197042, elle est basée sur le fait que la détresse conjugale se caractérise par un faible niveau de comportements positifs et un niveau élevé de conduites négatives, avec une aggravation des conflits avec le temps en intensité et en fréquence.

L’objectif est de rééquilibrer la balance entre comportements positifs et négatifs avec comme principe le renforcement du positif.

Elle procède selon deux grandes étapes :

  • Modifier les comportements de chaque partenaire selon des objectifs décidés conjointement avec les deux membres, après un travail d’identification des comportements à modifier chez l’autre. Ce travail de modification des comportements peut également comprendre l’acquisition de nouvelles compétences.
  • Améliorer et renforcer la communication et la capacité à résoudre les difficultés. Cette étape passe par un apprentissage et un entraînement à exprimer ses émotions sans attaquer l’autre et à améliorer ses capacités d’écoute de l’autre. Pour l’amélioration de la capacité à résoudre les conflits, le travail consiste à renforcer les capacités d’identification et d’analyse des difficultés et à définir conjointement une solution. Elle doit être un compromis à la fois efficace pour mettre fin au problème et aussi satisfaisant pour chaque partenaire.

Approche cognitivocomportementale

Apparue dans les années 198043, cette thérapie de couple considère les conjoints comme une entité propre, au sein de laquelle les comportements doivent être non seulement modifiés mais leur interprétation également.

Elle intègre ainsi une dimension cognitive (restructuration cognitive), qui a pour objectif la modification des interprétations des comportements dans un sens positif.

S’y associe un travail sur les émotions négatives ressenties et leurs interactions avec le fonctionnement de l'entité. L’introduction de ce travail sur les émotions négatives repose sur l’observation que l’apparition d’émotions négatives peut être ignorée. Ce qui peut se traduire par un comportement d’éloignement (détachement émotionnel), bien plus évocateur d’une détresse conjugale qu'un sentiment de colère, par exemple. On en revient à la valeur de l’engagement émotionnel dans la solidité de la relation.

Approche comportementale intégrative

Apparue au début des années 200044, elle ajoute la prise en compte de l’acceptation des différences entre les conjoints, sans chercher à faire changer l’autre, et leur tolérance. Cette bienveillance vise à éviter la transformation des différences en incompatibilités qui génèrent des conflits.

Cette thérapie de couple fait donc également appel à un travail de restructuration cognitive visant à modifier le vécu émotionnel négatif envers les différences de l’autre.

Approches thérapeutiques centrées sur les émotions

Il existe deux méthodes distinctes :

  • Celle centrée sur les émotions ESCT (Emotionaly focused couples therapy).
  • Celle orientée vers l’insight IOCT (Insight-oriented couples therapy).

Technique centrée sur les émotions ESCT

Apparue dans les années 198045, elle combine approches psychodynamique, émotionnelle et systémique. Elle tient particulièrement compte des émotions négatives et comporte un travail sur le renforcement du lien émotionnel.

Cette thérapie de couple se donne pour objectif de modifier, en la restructurant, la dynamique relationnelle des conjoints :

  • Ressenti émotionnel moins explosif et mieux adapté à l’autre.
  • Adoption de comportements positifs.
  • Renforcement de l’attachement et de l’engagement émotionnel pour créer un lien affectif plus sécurisant.

Elle s’adresse à des individus non violents et n’ayant pas de difficultés pour identifier et exprimer leur ressenti émotionnel.

Technique orientée vers l’insight IOCT

D’introduction récente et encore peu évaluée, elle est focalisée sur l’interprétation et la modification des ressentis émotionnels à l’origine des conflits46.

Elle prend ainsi en compte le vécu individuel de chacun des membres, les interactions négatives conflictuelles et les interprétations négatives.

Difficultés rencontrées : ne pas attendre

Toutes les données s’accordent à montrer que les difficultés ne s’arrangent pas avec le temps et ne s’améliorent que rarement sans prise en charge en thérapie de couple47.

Aucune des approches, décrites ci-dessus, n’est apparue meilleure que l’autre. Les conjoints choisiront en fonction de leurs préférences ou de leurs aptitudes à aborder le domaine des émotions, ainsi que le thérapeute avec lequel ils se sentiront le plus à l’aise pour exprimer leurs difficultés. Enfin, la séparation ou le divorce ne doivent pas être vus comme des échecs, « une séparation constructive vaut mieux qu’une relation stable destructive »48.

La thérapie de couple est aussi là pour aider les partenaires à accepter sereinement, ce qui n’est pas un échec, mais la fin toujours possible d’une histoire, et à ne pas traîner avec eux un conflit persistant pouvant retentir sur leur nouvelle vie ou sur leurs enfants. Elle est autant là pour retrouver une satisfaction conjugale que pour mettre fin à une ambivalence relationnelle.

Que conclure ?

  • Toutes les approches ont en commun d’agir sur l’amélioration de la communication, le changement de comportements, l’acceptation de l’autre dans ses différences.
  • L’évolution des détresses conjugales est en règle péjorative, en l’absence de prise en charge.
  • Une thérapie conjugale est souvent une urgence pour éviter que la situation ne s’aggrave et ne dégénère.

Questions fréquentes

Quelles sont les thérapies de couple ?

- Les thérapies cognitivocomportementales
- Les thérapies centrées sur les émotions

La thérapie conjugale est-elle efficace ?

Elle favorise l'amélioration de la communication, la bienveillance et la modification de certains comportements.

Quelles sont les autres recommandations pour améliorer la vie de couple ?

1. Partager des moments d'intimité
2. Faire perdurer le désir
3. Maintenir la complicité
4. Communiquer avec bienveillance


  • 1De l’amour. Fragments d’un discours scientifique. Actes Sud Ed., Paris, 2019
  • 2Lansac J, Lopès P et coll. Questions sexo. Eyrolles Ed., Paris, 2017
  • 3Lansac J, Lopès P et coll. Questions sexo. Eyrolles Ed., Paris, 2017
  • 4Gérardin-Toran M. Thérapies conjugales. In Courtois F, Bonierbale M et coll. Médecine sexuelle. Lavoisier Ed., Paris, 2016
  • 5Gérardin-Toran M. Thérapies conjugales. In Courtois F, Bonierbale M et coll. Médecine sexuelle. Lavoisier Ed., Paris, 2016
  • 6Gérardin-Toran M. Thérapies conjugales. In Courtois F, Bonierbale M et coll. Médecine sexuelle. Lavoisier Ed., Paris, 2016
  • 7Gérardin-Toran M. Thérapies conjugales. In Courtois F, Bonierbale M et coll. Médecine sexuelle. Lavoisier Ed., Paris, 2016
  • 8Gérardin-Toran M. Thérapies conjugales. In Courtois F, Bonierbale M et coll. Médecine sexuelle. Lavoisier Ed., Paris, 2016
  • 9Gérardin-Toran M. Thérapies conjugales. In Courtois F, Bonierbale M et coll. Médecine sexuelle. Lavoisier Ed., Paris, 2016
  • 10Gérardin-Toran M. Thérapies conjugales. In Courtois F, Bonierbale M et coll. Médecine sexuelle. Lavoisier Ed., Paris, 2016
  • 11Gérardin-Toran M. Thérapies conjugales. In Courtois F, Bonierbale M et coll. Médecine sexuelle. Lavoisier Ed., Paris, 2016
  • 12Navarre M. Le couple réinventé. In L’amour, Sciences Humaines Ed., 2016
  • 13Navarre M. Le couple réinventé. In L’amour, Sciences Humaines Ed., 2016
  • 14Navarre M. Le couple réinventé. In L’amour, Sciences Humaines Ed., 2016
  • 15Gérardin-Toran M. Thérapies conjugales. In Courtois F, Bonierbale M et coll. Médecine sexuelle. Lavoisier Ed., Paris, 2016
  • 16Gérardin-Toran M. Thérapies conjugales. In Courtois F, Bonierbale M et coll. Médecine sexuelle. Lavoisier Ed., Paris, 2016
  • 17Gérardin-Toran M. Thérapies conjugales. In Courtois F, Bonierbale M et coll. Médecine sexuelle. Lavoisier Ed., Paris, 2016
  • 18Gérardin-Toran M. Thérapies conjugales. In Courtois F, Bonierbale M et coll. Médecine sexuelle. Lavoisier Ed., Paris, 2016
  • 19Gérardin-Toran M. Thérapies conjugales. In Courtois F, Bonierbale M et coll. Médecine sexuelle. Lavoisier Ed., Paris, 2016
  • 20Gérardin-Toran M. Thérapies conjugales. In Courtois F, Bonierbale M et coll. Médecine sexuelle. Lavoisier Ed., Paris, 2016
  • 21Gérardin-Toran M. Thérapies conjugales. In Courtois F, Bonierbale M et coll. Médecine sexuelle. Lavoisier Ed., Paris, 2016
  • 22Gérardin-Toran M. Thérapies conjugales. In Courtois F, Bonierbale M et coll. Médecine sexuelle. Lavoisier Ed., Paris, 2016
  • 23Lansac J, Lopès P et coll. Questions sexo. Eyrolles Ed., Paris, 2017
  • 24Gérardin-Toran M. Thérapies conjugales. In Courtois F, Bonierbale M et coll. Médecine sexuelle. Lavoisier Ed., Paris, 2016
  • 25Gérardin-Toran M. Thérapies conjugales. In Courtois F, Bonierbale M et coll. Médecine sexuelle. Lavoisier Ed., Paris, 2016
  • 26Lansac J, Lopès P et coll. Questions sexo. Eyrolles Ed., Paris, 2017
  • 27Gérardin-Toran M. Thérapies conjugales. In Courtois F, Bonierbale M et coll. Médecine sexuelle. Lavoisier Ed., Paris, 2016
  • 28Gérardin-Toran M. Thérapies conjugales. In Courtois F, Bonierbale M et coll. Médecine sexuelle. Lavoisier Ed., Paris, 2016
  • 29Lansac J, Lopès P et coll. Questions sexo. Eyrolles Ed., Paris, 2017
  • 30Gérardin-Toran M. Thérapies conjugales. In Courtois F, Bonierbale M et coll. Médecine sexuelle. Lavoisier Ed., Paris, 2016
  • 31Gérardin-Toran M. Thérapies conjugales. In Courtois F, Bonierbale M et coll. Médecine sexuelle. Lavoisier Ed., Paris, 2016
  • 32Neuburger R. Thérapie de couple. Payot Ed., Paris, 2019
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  • 34Gérardin-Toran M. Thérapies conjugales. In Courtois F, Bonierbale M et coll. Médecine sexuelle. Lavoisier Ed., Paris, 2016
  • 35Lansac J, Lopès P et coll. Questions sexo. Eyrolles Ed., Paris, 2017
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  • 41Tarquino C. Touché corporel, sexualité et psychologie positive. In Mignot J et coll. Psycho-sexologie. Dunod Ed., Malakoff, 2013
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  • 50Gérardin-Toran M. Thérapies conjugales. In Courtois F, Bonierbale M et coll. Médecine sexuelle. Lavoisier Ed., Paris, 2016
Philippe Schwartz

Relaxologue et sexologue. Diplôme de docteur en médecine. Consulte à Paris.