Gui (plante médicinale): vertus et toxicité

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Le gui, plante parasite de certains arbres (pommiers, aubépine, sapins), est répandue dans toute l'Europe et en Asie. Reconnu pour ses vertus médicinales, le gui doit être néanmoins utilisé avec prudence en raison de sa toxicité. Sa floraison a lieu de mars à mai. Les feuilles et les jeunes tiges sont utilisées en phytothérapie.

Présentation

Gui : plante utilisée pour ses vertus médicinales.

Nom commun : Gui
Nom latin : Viscum Album
Noms populaires : Blondeau, bois de la Sainte-Croix, bouchon, gillon, verguet, vert du pommier.
Famille botanique : Loranthacées

Propriétés thérapeutiques

  • Système nerveux - antispasmodique et sédatif : crises d'épilepsie, crises nerveuses, chorée et éclampsie
  • Cœur : hypotenseur, hypertension, artériosclérose
  • Génital - hémostatique : hémorragies (pertes utérines), métrorragies, ménorragies, inertie utérine, rétention placentaire
  • Saignement de nez
  • Décongestionnant : hypertrophie congestive, prostatique
  • Reins - diurétique azoturique : néphrite, goutte, pelvispondylite rhumatismale, antirhumatismal
  • Digestif : hémorragies digestives
  • Cancer

Usages populaires

Digestif : nausées, vomissements, diarrhée, ténesme, hémorragies intestinales, typhoïde
Cœur : hypotensif,  hypertension, artériosclérose, gêne cardiaque, palpitations
Reins : sécrétion urinaire, néphrites chroniques, goutte
Tête : céphalalgies, migraines
Circulation : hémorragies congestives, œdèmes
Poumon : tuberculose, asthme convulsif, toux spasmodiques rebelles, coqueluche
Génital : ménorragies
Endocrinien : ménopause
Système nerveux : hystéro-épilepsie, chorée, vertiges, diverses névroses, convulsions chez l'enfant, oppression
Système lymphatique : engorgements
Crampes, troubles de la vue, bourdonnements d'oreilles, saignements de nez, hoquet

Utilisations et dosages

  • Infusion ou décoction de feuilles : 20 à 30 g par litre d'eau. Prendre une tasse avant les principaux repas.
    • Métrorragies : 1 cuillère à café de poudre de gui, 20 g de poudre d'ortie, 30 g de Bourse- à-pasteur. Incorporer 1 à 2 cuillerées à soupe du mélange par tasse. Laisser macérer 15 minutes dans de l'eau bouillante. Prendre 3 à 4 tasses par jour.
  • Poudre de feuilles sèches :
    • Pour les adultes : prendre 1 à 4 g de gui, en poudre, en cachets ou en gélules. De la poudre de Valériane peut être également ajoutée.
    • Pour les enfants (convulsions) : 0,5 à 1 g de poudre de gui, à prendre toutes les 2 ou 3 heures.
  • Vin : 30 à 40 g de Gui, macéré dans un litre de vin blanc. Prendre 1 verre à madère à chaque repas.
  • Extrait aqueux : 500 g de feuilles et de jeunes tiges réduites en poudre. Laisser infuser pendant 12 heures dans 6 litres d'eau bouillante. Laisser le mélange s'évaporer, jusqu'à l'obtention d'une consistance sirupeuse. Il est possible d'ajouter de la poudre de réglisse.
  • Décoction pour injections et bains (contre la leucorrhée) : 30 g par litre d'eau.
  • Teinture Mère : 5 parties d'alcool pour 1 partie de Gui. Après 10-15 jours, passer et filtrer.
    • Activité antispasmodique : 10 gouttes par tasse, dans une infusion de Tilleul.
    • Contre les crachements de sang : 10 à 15 gouttes par tasse, dans une infusion de Prêle.
  • Poudre de plante - antispasmodique (coqueluche) : 1 à 1,5 g par jour dans un quart de litre d’eau.
  • Macération - Hypertension artérielle - artériosclérose : 30 à 40 g de plante fraîche ou 40 g de feuilles coupées en morceaux par litre de vin. Laisser macérer pendant 48h dans 1 litre de vin blanc. Prendre 2 verres par jour.
  • Vin de gui : faire macérer pendant 24 heures dans 1 litre de vin blanc, 40 g de feuilles coupées en morceaux. Boire 1 verre à Bordeaux par jour entre les repas, soit 3 verres par jour, 15 jours par mois.

Alimentation

Aucun usage alimentaire pour le gui.

Précautions et contre-indications

A forte dose, le Gui peut provoquer des troubles très graves : une dépression neuromusculaire intense, de la paraplégie, de la paralysie, des troubles cardiovasculaires, la congestion des organes abdominaux et la mort par asphyxie.

Le gui est contre-indiqué pour les femmes enceintes et allaitantes.

Principes chimiques actifs

Le gui contient des saponines, des alcaloïdes dont de la viscotoxine.
Ce sont les baies qui comportent de la viscotoxine, substance très toxique pour l'organisme.
En effet, l'ingestion de dix baies peut provoquer des troubles nerveux, digestifs et cardiovasculaires mortels.

Le gui est également constitué de choline, un micronutriment non toxique, d’acide phosphorique, de flavonoïdes, d'acides aminés, de potassium, de magnésium et de vitamine C.

Autres usages

Le gui est aussi employé en gemmothérapie: Bourgeon de Gui.

Bibliographie

Secrets d’une herboriste. Marie-Antoinette Mulot, éditions du Dauphin, 2015
Dictionnaire des plantes médicinales et vénéneuses de France. Paul Fournier, éditions Omnibus, 2010
Livre des bonnes herbes. Pierre Lieutaghi, Actes Sud, 1999
Précis de phytothérapie : Essai de thérapeutique par les plantes françaises. Henri Leclerc, Masson et Cie Editeurs, 1935
La phytothérapie : Se soigner par les plantes. Docteur Jean Valnet, Hachette, 1968
La santé à la pharmacie du Bon Dieu. Maria Trében, Ennsthaler, 2000

Collectif thérapeute

Un ensemble de thérapeutes ont participé à cet article.