N-acétylcystéine: bienfaits et posologie

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La NAC est un antioxydant reconnu depuis de nombreuses années car c’est un fluidifiant bronchique performant. C’est aussi le précurseur du glutathion, un antioxydant naturel très puissant. Ses propriétés pharmacologiques diverses et efficaces en font un sujet d’étude populaire chez les chercheurs. Les bienfaits de la N-acétylcystéine sont nombreux: protecteur cardiovasculaire, hépatique, rénal, nerveux… Une molécule à tout faire dont on touche seulement du doigt le potentiel.

Présentation

N-acétylcystéine: bienfaits et posologie de cette molécule.

La N-acétylcystéine est un composé synthétique : on ne la trouve pas dans la nature. C’est un précurseur de la cystéine. Celle-ci est un acide aminé qui elle même est nécessaire à la production de glutathion. Ce dernier est considéré comme l’un des deux antioxydants les plus puissants de l’organisme. 

Il est difficile de faire monter les taux de glutathion dans le corps en simple supplémentation : il est mal absorbé et utilisé lorsqu’il est pris directement. Les données montrent un résultat semblable avec la prise de cystéine. 

La supplémentation en N-acétylcystéine a montré qu’elle était plus efficace pour produire du glutathion en quantité importante, et surtout utilisable par l’organisme. Elle entraîne la production de cystéine puis de glutathion directement exploitable, y compris par les cellules du cerveau. Une grande disponibilité qui en fait un précurseur de choix pour une activité antioxydante efficace. Pour ne rien gâcher, la NAC est elle-même antioxydante, et propose une belle activité anti-inflammatoire.1  

Propriétés et vertus

Traiter les troubles psychiatriques

Soulager des addictions

La N-acétylcystéine se montre efficace dans certains sevrages. Dans le cas de la cocaïne, une étude menée sur un petit groupe de personnes montre une diminution des envies irrépressibles après le début du sevrage. D’autres chercheurs suggèrent qu'elle est surtout utile pour éviter les rechutes chez les personnes déjà abstinentes. 

Des chercheurs ont aussi mené une étude sur 116 personnes consommant du cannabis, avec une diminution de la consommation à la clé grâce à la NAC.  

Du côté de l’arrêt de la cigarette, elle est aussi prometteuse. Des personnes ayant tout juste stoppé le tabac ont déclaré que l’acétylcystéine rendait la première cigarette moins bonne, après une période d’abstinence.

Les troubles obsessionnels compulsifs

Des essais ont été réalisés afin de savoir si la N-acétylcystéine pouvait aider les personnes atteintes de ces TOC. Ils montrent des résultats encourageants dans le cas de la trichotillomanie (besoin de s’arracher les cheveux), de l’onychophagie (se ronger les ongles) ou de l’excoriation (besoin de se gratter la peau, les boutons du visage).

Dans ces cas, elle agirait en inhibant la libération de glutamate dans le cerveau, un composé que l’on retrouve de façon excessive chez de nombreux patients. Un dosage entre 2400 et 3000 milligrammes par jour serait idéal pour traiter les TOC. 

Troubles dépressifs et bipolaires

Une méta-analyse portant sur 574 personnes au total montre notamment des résultats très encourageants dans le cas de la dépression, avec une diminution des symptômes. La N-acétylcystéine représente une piste thérapeutique alternative, en opposition aux traitements classiques qui peuvent être mal supportés par les patients.

Une autre méta-analyse montre des résultats similaires du côté de la bipolarité, sans toutefois changer le rythme des phases maniaques et dépressifs. 

Espoir pour les patients schizophrènes

Plusieurs recherches suggèrent que la NAC réduit les symptômes de la schizophrénie, seul ou en complément d’un traitement.2

Rôle dans les affections respiratoires

Les bienfaits de la N-acétylcystéine en tant que traitement ont d’abord été exploités du côté des poumons. Elle permet de fluidifier les mucosités, que l’on expérimente lors d’un rhume, d'une toux grasse, d'une sinusite ou d’une bronchite

Les chercheurs se sont aussi penchés sur son effet dans le cas de la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO). On appelle aussi cette maladie “bronchite chronique” : cette maladie peut devenir handicapante et nécessiter des traitements lourds. La molécule semble ici capable de diminuer le nombre d’exacerbations, c’est-à-dire des épisodes sévères de difficultés respiratoires associées à la pathologie.3

La pneumonie est une infection pulmonaire aiguë, aggravée par le stress oxydatif. La NAC a montré qu’elle agissait sur l’oxydation excessive et l’inflammation des tissus des poumons, pouvant représenter un complément thérapeutique intéressant.4 

Toujours en association avec un traitement médicamenteux, elle permet de ralentir l’évolution de la fibrose pulmonaire idiopathique, une pathologie grave des poumons.5 

Enfin, du côté de la grippe, elle ne permet pas d’empêcher l’infection, mais permet d’alléger les symptômes.6 

Une action sur les maladies neurodégénératives

Des essais cliniques ont permis de confirmer les bienfaits de la N-acétylcystéine sur les troubles neurodégénératifs.

Prenons le cas de la maladie de Parkinson, en premier lieu. Cette maladie se caractérise par des lésions au niveau de la substance noire du cerveau. Avec pour conséquence les difficultés motrices que l’on connaît mais aussi des pertes de mémoire, de la fatigue, des troubles du sommeil… Une pathologie que l’on attribue notamment à une oxydation importante et un manque d’activité antioxydante.

Si plusieurs antioxydants n’ont pas montré d’effet significatif sur la maladie de Parkinson, la NAC présente un avantage certain; elle passe la fameuse barrière hémato-encéphalique. Celle-ci est souvent délicate à aborder dans le cas des traitements pour le système nerveux, car elle bloque un certain nombre de molécules depuis le sang, les empêchant d’accéder au cerveau. La NAC permet donc d’augmenter l’activité antioxydante dans le système nerveux, via la voie du glutathion notamment. Des résultats avérés dans des modèles de souris, et en cours d’étude chez l’homme.7 

La maladie d’Alzheimer fait aussi l’objet d’études concernant le potentiel rôle de la NAC. C’est également la partie antioxydante qui est scrutée par la recherche. Des résultats encourageants ont été observés chez des rongeurs. Du côté clinique, quelques recherches ont montré une légère réduction de certains symptômes de la maladie, surtout en complément thérapeutique.8 Elles doivent être renforcées par des essais cliniques davantage contrôlés.  

La santé des femmes

Les femmes sont particulièrement concernées par l’action de la N-acétylcystéine.

Du côté de la ménopause, c’est le système immunitaire qui profite de la NAC. Le vieillissement entraîne une dégradation des fonctions immunitaires, associée à un stress oxydatif accru. La NAC permet, selon une étude menée sur 36 femmes, de conserver une bonne santé immunitaire au cours de la ménopause. Fait intéressant, ses effets se poursuivent plusieurs mois après l’arrêt de la supplémentation.9 

Le stress oxydatif est aussi un facteur aggravant du cancer du sein. La N-acétylcystéine et son fort pouvoir antioxydant permettraient selon une étude de réduire l’impact de la prolifération tumorale.10

La lutte contre les infections

Par ailleurs, de nombreuses femmes souffrent de cystites récidivantes après un cancer traité par thérapie adjuvante. Celle-ci créé un déficit en oestrogènes, propice à l’installation des bactéries à l’origines d’infections urinaires. La NAC, en association avec du D-Mannose et un extrait de Morinda Citrifolia améliorent les résultats positifs obtenus avec des antibiotiques seuls. C’est une étude menée sur 60 femmes qui l’a montré.11 

Des chercheurs se sont aussi penchés sur la vaginose bactérienne, qui augmente les risques d’accouchement prématuré. Une étude randomisée, contrôlée en double aveugle a montré que la N-acétylcystéine associée à un traitement hormonal était plus efficace que le traitement seul. En clair, elle a augmenté le nombre de grossesses menées plus loin, voire à terme.12 

Toujours dans la sphère de la grossesse, elle est aussi observée pour son rôle dans l’amélioration des infections intra-amniotiques. Celles-ci entraînent une réaction inflammatoire importante, qui peut avoir des conséquences graves sur la santé de la mère et de l’enfant. Une étude randomisée et contrôlée a permis de mettre en évidence les effets anti-inflammatoires de la NAC, qui permet aussi de préserver les échanges entre le sang et le système nerveux. Il s’agit en outre d’un traitement sûr, selon les chercheurs.13 

Fertilité : des effets positifs sur les femmes… et les hommes

Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) est un dérèglement hormonal qui affecte aujourd’hui 1 femme sur 10. Il est aussi la première cause d’infertilité féminine.14 Plusieurs études ont montré les effets positifs de la N-acétylcystéine sur les symptômes du SOPK : une amélioration de l’ovulation, et du taux de grossesses menées à terme.15 

Par ailleurs, le SOPK est aussi associé régulièrement à une plus forte résistance à l’insuline. Celle-ci aggrave les troubles hormonaux et les soucis de fertilité qui en résultent. Une étude met en avant l’impact positif de la NAC sur la résistance à l’insuline, associée aux bienfaits observés sur l’ovulation.16 

La N-acétylcystéine exerce aussi son rôle bénéfique sur la fertilité masculine. Une étude a observé l’effet de 3 mois de traitement à base de NAC sur 50 hommes infertiles. Les résultats sont très encourageants : les chercheurs ont observé une augmentation du nombre de spermatozoïdes et de leur mobilité. Une diminution des dommages à l’ADN ainsi qu’une amélioration du profil hormonal complète le tableau, fortement lié à la régulation du stress oxydatif cellulaire. Des résultats récents qui appellent à de plus amples recherches.17

Une action modulatrice des réponses immunitaires

On l’a vu, la N-acétylcystéine booste le système immunitaire chez les femmes ménopausées. Ce rôle modulateur s’observe in vitro : ellerégule la cascade inflammatoire excessive.18 

Toujours in vitro, elle serait utile en complément thérapeutique dans le cas des infections au VIH (virus de l’immunodéficience humaine, à l’origine de la maladie du SIDA). La molécule permet d’améliorer l’état oxydatif des cellules, ce qui permet de réguler la réponse inflammatoire, favorable à la réplication du virus.19   

Un rôle protecteur du système cardiovasculaire

De nombreuses études cliniques présentent des résultats encourageants dans la sphère cardiovasculaire. De nombreux indicateurs sont au vert dans le cas des opérations du coeur, de la maladie coronarienne ou encore de l’infarctus du myocarde. La N-acétylcystéine diminue aussi de façon significative la pression sanguine chez des personnes souffrant d’hypertension artérielle.20 

Un diabète mal équilibré peut aussi entraîner des conséquences délétères sur le système cardiovasculaire. La molécule permet de prévenir ces complications. Ce sont ses effets antioxydants, anti-inflammatoires et vasodilatateurs qui sont en cause.21 

Protection du foie et des reins

Les bienfaits de la N-acétylcystéine ne s'arrêtent pas là: la protection des organes est un rôle bien connu de la NAC.

Côté rein, elle permettrait de ralentir la néphropathie induite par les produits de contraste. Il s’agit d’une insuffisance rénale qui se développe après certains examens de santé. La molécule réduit aussi les symptômes liés à la néphropathie.22 Elle améliore par ailleurs légèrement la fonction rénale chez des patients en dialyse, comme le montre une étude menée sur 10 personnes.23 

Enfin, des chercheurs ont montré son impact positif sur des rats atteints d’insuffisance rénale chronique. La baisse du stress oxydant a nettement amélioré les indicateurs de la fonction rénale.24 

Du côté du foie, elle est depuis longtemps réputée pour neutraliser l’intoxication à l'acétaminophène, ou paracétamol. Le glutathion produit suite à la prise de N-acétylcystéine inactive en effet la molécule active, et toxique pour le foie en excès. Le fonctionnement du foie peut ainsi être complètement rétabli, avec un dosage et un mode d’administration adéquats.25 

On observe aussi un effet protecteur vis-à-vis de la trabectédine. Ce médicament est utilisé dans un type de cancer, et est toxique pour le foie, tant et si bien qu’il doit parfois être stoppé. La NAC permet de réguler sa toxicité, et de poursuivre le traitement tout le temps nécessaire.26 

Dans le cas de l’insuffisance hépatique aiguë (et non liée à une intoxication au paracétamol), la prise de NAC permet de diminuer le temps d'hospitalisation, et même le taux de mortalité.27  

Un complément thérapeutique intéressant dans le cancer

Quelques études mettent en évidence le rôle prometteur de la N-acétylcystéine dans le traitement du cancer. In vitro, la molécule permet de diminuer la prolifération tumorale des cellules de glioblastome, une tumeur au cerveau très agressive.28

En outre, elle montrerait une activité protectrice vis-à-vis du cancer du poumon chez des fumeurs.29 

Enfin, une autre recherche médicale suggère qu'elle exerce un rôle préventif dans le développement du cancer du côlon chez des sujets sensibilisés, au dosage de 800 milligrammes par jour.30 

Les pistes côté cancer manquent d’études cliniques pour consolider ce rôle, mais une action préventive se dégage déjà nettement.  

Les différentes formes

La N-acétylcystéine est un médicament qui ne nécessite pas d’ordonnance. On la trouve donc aussi sur les tablettes aux côtés des compléments alimentaires. 

On peut la prendre sous forme de gélules, de poudre, ou bien de sirop. Elle peut aussi être administrée par voie intraveineuse dans un contexte médical, ou bien encore inhalée.

Dosage et utilisation

Il n’existe pas de posologie officielle quant au dosage de la N-acétylcystéine. Dans le cas des gélules, les études font état de dosages compris entre 600 et 1500 milligrammes de NAC par jour, à prendre en deux ou trois fois. 

Effets secondaires, contre-indications et dangers

La N-acétylcystéine peut représenter un certain danger et entraîner des effets secondaires, lorsqu’elle est inhalée ou ingérée notamment. Choc anaphylactique, maux de tête, troubles du rythme cardiaque, désordres gastriques, urticaire, spasmes bronchiques… 

De manière générale, il convient de demander conseil à un professionnel de santé en cas de prise de NAC. Pendant la grossesse, les femmes enceintes ou allaitantes doivent appliquer le principe de précaution et s’abstenir d’en prendre, tout comme les jeunes enfants. Les personnes souffrant de cystinurie doivent faire de même.

Attention également : il convient d’éviter de consommer de l’alcool avant la prise d’acétylcystéine. 

Conclusion 

De nombreuses preuves cliniques viennent appuyer l’utilisation de la N-acétylcystéine. Celle-ci agit comme un formidable agent protecteur de l’organisme. Et ce, grâce notamment à son pouvoir antioxydant capable de réaliser des prodiges. Un composé globalement sûr et aux multiples indications : protection des organes, prévention des dommages dus au stress oxydant, complément thérapeutique multiforme... Un allié de choix !

Questions fréquentes

Qu'est-ce que la N-acétylcystéine?

La N-acétylcystéine ou NAC est un composé synthétique, précurseur de la cystéine. Elle est reconnue pour ses propriétés antioxydantes et anti-inflammatoires.

Pourquoi se supplémenter en NAC?

- Traitement de certains troubles psychiatriques
- Activité anti-inflammatoire
- Prévention des maladies neurodégénératives
- Fort pouvoir antioxydant
- Renforcement du système immunitaire
- Protection cardio-vasculaire, du foie et des reins
- Activité anti-cancéreuse

Quelles sont les mises en garde?

La N-acétylcystéine ne doit pas être inhalée ou ingérée: elle peut entraîner des effets secondaires graves.
Il convient alors de demander conseil à un professionnel de santé en cas de prise de NAC.


Cécile Gonzalez Delacour

Rédactrice scientifique. Titulaire d'un master en biologie et d'une licence en sciences végétales.