Obésité infantile: définition, causes et solution

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Selon l’OMS (Organisation mondiale de la santé), l’obésité infantile concerne, dans le monde, 6 % des filles et 8 % des garçons en 2016. En France, les chiffres sont élevés, mais plus ou moins stables depuis une dizaine d’années, selon l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale) : 18 % des filles et 16 % des garçons sont obèses. Ces enfants deviendront-ils systématiquement des adultes obèses? Comment traiter cette maladie chez les enfants? Comment l’éviter? Définition et causes de l'obésité infantile, quelle solution adaptée?

Qu'est-ce que c'est?

Enfant souffrant d'obésité infantile: définition, causes et solution.

Selon l’OMS, l’obésité est une maladie chronique qui se définit par: "une accumulation anormale ou excessive de graisse corporelle qui peut nuire à la santé1." Selon l’Inserm, cette pathologie se manifeste par un excès de masse grasse et une modification du tissu adipeux, qui contient les adipocytes (cellules destinées à stocker la graisse)2‌.

Bien qu’elle ne soit pas contagieuse, cette maladie est considérée par l’OMS comme une pandémie, tant elle progresse de façon exponentielle.

Un adulte est déclaré obèse, lorsque son indice de masse corporelle (IMC) est supérieur à 30.

A retenir : IMC = poids (en kg)/(taille x taille) (en m2)

L’obésité infantile se manifeste chez les bébés, les enfants et les adolescents. L’identification de cette maladie se fait en fonction de l’IMC, tout en tenant compte du sexe, de l’âge et des courbes de croissance, figurant dans le carnet de santé de l’enfant. Pour les enfants pratiquant une activité sportive, l’intensité de l’activité physique est également étudiée, car il se peut que l’enfant ait plus de muscles que de graisses.

D’après les chercheurs, le risque d’obésité infantile peut être évalué dès l’âge de 3 ans. Plus la courbe de poids est élevée à cet âge, plus le risque de souffrir d'obésité, à l'âge adulte, est grand. Toutefois, une prise en charge précoce permet de réduire ce risque.

A noter : Un enfant obèse avant l’âge de la puberté pourrait rester obèse à l’âge adulte, dans 20 à 50 % des cas. Pour un enfant obèse après l’âge de puberté, le risque serait de 50 à 70%3.

L’obésité infantile exposerait également l’enfant à l’apparition précoce de cancers, de diabète, de problèmes respiratoires, et d’autres maladies liées au surpoids. Il est donc conseillé d’intervenir rapidement, dès la détection d'un surpoids.

Quelles en sont les causes?

Quelles sont les causes de l'obésité infantile?

D’une manière générale, plusieurs facteurs participent à la survenue de l’obésité, dont :

  • une alimentation déséquilibrée, trop riche en glucides et en lipides ;
  • le manque (voire l’absence) d’exercice physique ;
  • une consommation calorique excessive, contre une faible dépense énergétique ;
  • les troubles du comportement alimentaire (boulimie, grignotage…) ;
  • le stress ;
  • l’insuffisance de sommeil ;
  • l’irrégularité ou l’absence des repas ;
  • la prédisposition génétique ;
  • les antécédents familiaux ;
  • des virus ;
  • la prise de certains médicaments ;
  • la composition de la flore intestinale ;
  • les conditions sociales ;
  • les influences culturelles.

Il se peut aussi que l’obésité de l’enfant soit associée à des facteurs de risque prénatal :

  • tabagisme parental ;
  • prédisposition génétique au diabète ;
  • surcharge pondérale durant la grossesse ;
  • un excès ou un retard de croissance du fœtus ;
  • une situation socioéconomique défavorable.

Comment y remédier?

Quelle solution pour traiter l'obésité infantile?
Le traitement doit se faire qu’avec l’assistance d’un médecin ou un spécialiste. Il consiste avant tout à la détermination des causes de l'obésité infantile, notamment à la détection des erreurs diététiques, puis à la mise en place d’un traitement adéquat.

Chez les enfants, le traitement de l’obésité devrait se limiter :

  • aux changements du comportement alimentaire, afin de rétablir l’équilibre nutritionnel;
  • à la pratique d’exercices physiques, adaptés à la capacité de l’enfant ;
  • à la diminution des activités sédentaires, qui maintiennent les enfants à rester assis, sans dépenser énergétiquement ;
  • à l’accompagnement psychologique, afin d’augmenter l’estime de soi.

Les traitements médicamenteux sont à éviter. Par ailleurs, la chirurgie est à proscrire. Pour 2023, le ministère de la Santé a défini des objectifs, en termes d'obésité infantile. En effet, le surpoids et l’obésité, chez les enfants et les adolescents, doivent avoir diminué de 20% d'ici 2023. Pour cela, le ministère de la Santé a émis des recommandations, dans le cadre du PNNS (Plan national Nutrition santé) 2019-20234, dont:

  • la pratique d’au moins 60 minutes d’exercice physique par jour ;
  • une alimentation saine, diversifiée et en quantité raisonnable, afin d’assurer une croissance et un développement normal.

A noter : pour un résultat efficace, il faudrait limiter la perte de poids à 5 % du poids initial par an, et maintenir ce taux sur le long terme. Diminuer considérablement la masse corporelle, à un rythme variable, pourrait être néfaste pour la santé. Ainsi, le risque de reprise de poids ne serait pas à écarter.

Qu’en est-il du régime hyperprotéiné ?

Grands principes

Le régime hyperprotéiné fait partie des traitements préconisés, lors de la prise en charge de l’obésité chez les adultes. En effet, cette solution peut être envisagée chez les adultes, mais pas chez les enfants présentant une obésité infantile.

Il s’agit de déséquilibrer l’alimentation, en augmentant les apports en protéines. Couplé avec une activité physique, ce régime permet de perdre du poids. L’objectif est de réduire la masse graisseuse petit à petit mais durablement, sans fatigue ni sensation de faim, et en faisant en sorte que la masse musculaire ne soit pas modifiée.

Est-il efficace chez les enfants? Ne présente-t-il pas des effets néfastes?

Pour la population infantile, un quelconque régime alimentaire est déconseillé. Les apports nutritionnels dans l’alimentation des enfants et adolescents obèses devraient toujours être équilibrés. L’augmentation de l’apport en protéines, au détriment des autres nutriments, pourrait engendrer des carences nutritionnelles. L'organisme pourrait également avoir des difficultés, pour assimiler et éliminer ces protéines.

Même chez les adultes, le régime hyperprotéiné pourrait affecter les fonctions rénales, notamment chez un sujet qui ne s’hydrate pas suffisamment. Et dans le cas d’un régime sans suivi médical, le patient risquerait de reprendre du poids dès l’arrêt du traitement.

Quoi qu’il en soit, pour éviter les carences et les troubles du comportement alimentaire, ce régime ne devrait être mené qu’avec l’accompagnement d’un médecin ou d’un diététicien nutritionniste.

Comment prévenir cette maladie?

En France, le CIS 2019 (Comité interministériel pour la Santé 2019) a encadré la prévention et la promotion de la santé. Au cœur des débats, la priorité a été donnée à l’alimentation, la nutrition et l’activité physique. Ainsi, en cas d'obésité infantile, il est recommandé:

  • d'initier les enfants à une alimentation saine et équilibrée, dès l’âge de 2 ans ;
  • de privilégier des repas faits maison ;
  • d'opter pour des aliments de saison et des produits locaux ;
  • de pratiquer au moins 30 minutes d’activité physique dynamique, par jour.

Ce qu’il faut manger :

  • des fruits et des légumes frais, surgelés ou en conserve (au moins 5 par jour) ;
  • des légumes secs (au moins 2 fois par semaine) ;
  • des fruits à coques (une petite poignée par jour) ;
  • du pain complet, des pâtes et du riz complets, de la semoule complète (au moins 1 féculent complet par jour) ;
  • des poissons (2 fois par semaine, poisson gras et poisson maigre en alternance) ;
  • des produits laitiers (2 par jour) ;
  • des matières grasses ajoutées, comme de l’huile, du beurre et de la margarine (en petites quantités par jour) ;
  • de la viande ou de la volaille.

Ce qu’il faut réduire dans l’alimentation :

  • les produits trop sucrés, trop gras, trop salés et ultra-transformés ;
  • le sel ;
  • la charcuterie (limiter à 150 g par semaine) ;
  • les viandes de porc, de bœuf, de mouton ou d’agneau et les abats (limiter à 500 g par semaine).

Pour prévenir l’obésité infantile, les enfants devraient également maintenir un mode de vie convenable :

  • dormir suffisamment ;
  • manger correctement et à heures fixes ;
  • réduire la sédentarité ;
  • éviter les grignotages ;
  • se limiter à 3 repas et 1 à 2 collations par jour.

Conclusion

Comme on dit, il vaut mieux prévenir que guérir. L’obésité infantile peut être évitée, avec une bonne hygiène de vie, une alimentation saine et une activité physique régulière.

Toutefois, il n’est pas question de forcer les enfants à manger équilibré.
L'idéal est de présenter différemment les aliments qu'ils n'apprécient pas, ou bien de proposer une alternative. L’important est de transmettre "l'envie de manger", pour une croissance adéquate.

Pour les enfants obèses, une prise en charge précoce pourrait leur permettre de retrouver rapidement un poids normal. Les traitements à adopter sont différents d’un enfant à un autre, en fonction des causes de l'obésité infantile, d’où l’importance d’un accompagnement médical.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que l'obésité infantile?

L'obésité infantile, se manifeste par une accumulation anormale de graisse corporelle, chez les bébés, enfants et adolescents.

Quelles sont les causes?

- Régime alimentaire inadapté
- Un manque d'exercice physique
- Stress et sommeil insuffisant
- Antécédents familiaux
- Influences sociales et culturelles

Quelles solutions?

- Adopter un régime alimentaire équilibré
- Pratiquer une activité physique
- Accompagnement psychologique


Collectif thérapeute

Un ensemble de thérapeutes ont participé à cet article.