Les omégas 6 : bienfaits et dangers

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Les omégas 6 sont des acides gras polyinsaturés. Contrairement aux idées actuellement véhiculées, ils ne sont pas délétères pour l’organisme tant que leur consommation est maîtrisée. Dans ce cas, les omégas 6 comportent de nombreux bienfaits pour le corps humain. À la découverte de ces acides gras et de leurs utilisations pour le maintien d’une bonne santé.

Présentation

Définition

Gélules d'omégas 6 : elles soutiennent le fonctionnement cellulaire de l'organisme.

Les omégas 6, tout comme leurs cousins les omégas 3 sont des acides gras polyinsaturés. Certains sont dits essentiels, car ils ne sont pas synthétisés par l’organisme. D’autres, en revanche, sont produits par le corps humain à partir des premiers.

Longtemps, les omégas 6 ont été soupçonnés d’être mauvais pour la santé. Connus depuis 1929, ils n’avaient jamais fait l’objet de recherches sérieuses. Mais, aujourd’hui, les choses ont changé. De nombreuses études récentes mettent en avant leurs vertus dans le cadre d’une alimentation équilibrée. C’est en équilibre avec les omégas 3 qu’ils peuvent exprimer toutes leurs potentialités.

Désormais, leur consommation est recommandée afin d'apporter au corps humain le meilleur équilibre possible. Ces acides gras polyinsaturés interviennent dans de nombreuses réactions physiologiques essentielles au bon fonctionnement du corps humain.

Rôles

Les rôles des omégas 6 sur l’organisme humain sont nombreux et diversifiés. Ils interviennent dans le fonctionnement de toutes les grandes sphères de la vie.

Structurels

D’un point de vue biologique, les acides gras insaturés sont des constituants essentiels des membranes cellulaires. Ils régulent leur perméabilité et sont donc des garants de leur action de barrière. Par conséquent, ils contribuent au maintien de la fluidité membranaire. Ils sont également des nutriments essentiels à l’élasticité de la peau.

Rôles de précurseur

Les omégas 6 sont les précurseurs de nombreux dérivés lipidiques. Ces dérivés lipidiques ont, pour la plupart, des rôles essentiels à la bonne santé du corps humain. L’acide arachidonique, en particulier, est le précurseur de certains dérivés lipidiques dont les rôles sont de réguler l’activité neuronale, la pression artérielle, l’immunité ou encore la coagulation.

Cérébraux

Les omégas 3, et principalement ceux d’origine animale sont connus pour être les constituants majoritaires de la matière cérébrale. Cependant, le cerveau a également besoin d’omégas 6, et principalement d’acide arachidonique pour se structurer et fonctionner correctement. Ces acides gras polyinsaturés ont donc une place essentielle dans le développement cérébral.

Génétiques

L’expression génétique se fait tout au long de la vie, et pas uniquement pour déterminer la couleur des yeux ou des cheveux d’un bébé. Certains omégas 6 ont un rôle prépondérant dans l’expression de certains gènes impliqués dans le métabolisme des lipides. L’acide arachidonique, notamment, fait partie des dérivés lipidiques qui régulent des neurotransmetteurs responsables de l’appétit. Il est donc correct d’affirmer que certains acides gras polyinsaturés de type oméga 6 ont des propriétés hypolipidémiantes.

Anti-inflammatoires

Les omégas 3 sont très régulièrement cités pour leurs propriétés anti-inflammatoires. Pourtant, les omégas 6 ne sont pas en reste. L’acide gamma linolénique semble avoir une action anti-inflammatoire. Cet acide gras polyinsaturé pourrait, a priori, diminuer le stress oxydatif responsable de certains types d’inflammations.

Les différentes formes

Les omégas 6 sont une famille d’acides gras polyinsaturés. Comme toutes les familles, elle compte plusieurs membres. D’un point de vue biologique, ils sont tous importants. Les 4 principaux sont :

  • l’Acide linoléique ;
  • Gamma linolénique ;
  • Dihoma-gamma-linolénique ;
  • l’Arachidonique.

L’acide linoléique est le seul acide gras « oméga 6 » dit essentiel. Il s’agit du seul oméga 6 que le corps ne peut pas synthétiser par lui-même. Les autres sont fabriqués par le corps à partir de l’acide linoléique.

Propriétés

Les rôles des omégas 6 dans l’organisme humain sont nombreux. Nous allons maintenant voir quels sont les bienfaits d’une complémentation dans ces acides gras. Les recherches sur lesquelles se basent les résultats cités ont été réalisées, soit avec des omégas 6 de type « acide linoléique » soit avec des aliments riches en omégas 6 de type « huile de carthame ».

Anti-cholestérol

Contrairement aux idées reçues, les omégas 6 ne sont pas responsables des excès de cholestérol. Au contraire, cette famille d'acides gras polyinsaturés, de qualité, en quantité raisonnable permettraient de maîtriser le taux de cholestérol.

Une étude néo-zélandaise réalisée avec de l’huile de carthame met en lumière les propriétés hypocholestérolémiantes des omégas 61. Pour réaliser cette étude, des participants ayant un taux de cholestérol modérément élevé ont suivi des régimes alimentaires différents. Durant 6 semaines, leur alimentation a été enrichie soit avec du beurre, soit avec de l’huile de noix de coco soit avec de l’huile de carthame.

Les résultats ont démontré, sans aucun doute possible que le groupe de participants nourris avec un supplément d’huile végétale avait un taux de cholestérol final moins élevé.

Activité « anti-graisse » des acides gras polyinsaturés

Le laboratoire de nutrition de l’exercice et de la performance de l’université de Floride a sorti une publication qui confirme les bienfaits de certains omégas 6 sur la santé2.

La littérature scientifique y suggère que, selon plusieurs études animales et in vitro, ils ralentissent le développement des cellules adipeuses. Les mêmes experts parlent également d’un ralentissement du développement des cellules adipeuses lorsqu’elles sont déjà présentes. Dans la même lignée, ils expriment également le rôle des acides gras de cette famille sur l’accroissement des cellules musculaires.

Protection du système cardio-vasculaire

Une université américaine a récemment fait une publication qui expose l'impact des omégas 6 sur la santé cardio-vasculaire3.

Cette famille d'acides gras polyinsaturés est très souvent pointée du doigt pour son rôle présumé dans la mauvaise santé cardio-vasculaire. Or, cette étude démontre en réalité l’exact opposé.

La publication de l’université américaine se base sur une série d’études qui suggèrent que l’acide linoléique conjugué (CLA-6) a une efficacité dans la prévention du cancer, de l’obésité et de l’artérosclérose. Les chercheurs y affirment également que ce type d'acide gras a un potentiel réel contre l’obésité.

Néanmoins, les scientifiques restent prudents sur leurs affirmations. En effet, l’efficacité démontrée en laboratoire reste modeste sur les populations humaines et des recherches supplémentaires, de plus grande ampleur, sont encore nécessaires afin de démontrer leur impact réel sur le corps humain.

Activité anti-inflammatoire

Dans une publication apportée par un laboratoire américain, les scientifiques estiment que certaines familles d’omégas 6 ont des effets biologiques intéressants sur la santé. Ils pensent que ces acides gras polyinsaturés, de qualité, représentent une voie nutritionnelle intéressante pour lutter contre les maladies dites « de civilisation »4.

Parmi les nombreuses propriétés évoquées par les chercheurs, les propriétés anti-inflammatoires de certains types d’omégas 6 semblent être les plus prometteuses. Cependant, des recherches de plus grande échelle sont nécessaires pour mesurer l’impact réel des acides gras de ce type.

Action anticancéreuse

Plusieurs études polonaises ont mis en lumière leur rôle positif sur les cellules cancéreuses.

Dans une première parution, les scientifiques parlent d’une action bénéfique des omégas 6 dans la protection des cancers du sein5. Bien que les facteurs qui favorisent le déclenchement de la maladie soient encore partiellement inconnus, l’alimentation semble faire partie des facteurs protecteurs ou non. Selon les dires de cette parution scientifique, la qualité des différents acides gras est un facteur déterminant ou non dans l’apparition de la maladie. Les acides gras de type « oméga 6 » de qualité pourraient donc être un facteur de protection.

Dans une autre parution, les scientifiques mettent en lumière une étude scientifique qui explore le rôle de certains types d’omégas 6 sur l’inhibition des cellules cancéreuses6. Selon cette étude, l’acide linoléique conjugué a une action favorable sur l’apoptose et les gènes du contrôle du cycle cellulaire. Par ailleurs, ce type d’omégas 6 serait également un effet intéressant sur l’inhibition de la prolifération des cellules cancéreuses dans le cadre du cancer de la prostate. Cependant, ces résultats doivent encore être corroborés chez l’être humain.

Rapport omégas 3 / omégas 6 : un équilibre essentiel

S’il ne faut pas bouder les omégas 6, il ne faut pas non plus oublier les omégas 3. En effet, pour fonctionner correctement, l’organisme a besoin des deux types d’acides gras polyinsaturés avec un juste équilibre.

Un peu de biologie

D’un point de vue biologique, les mécanismes qui permettent de synthétiser et de dégrader les acides gras polyinsaturés sont les mêmes pour les omégas 3 et 6. Ces mécanismes passent notamment par l’utilisation de l’enzyme delta 6-désaturase. Par conséquent, lorsque cette enzyme est surutilisée par un type d’acides gras polyinsaturés, c’est forcément au détriment de l’autre.

Les chercheurs estiment qu’une alimentation trop riche dans un type d’acides gras polyinsaturés apporte le déséquilibre puisqu’elle empêche l’utilisation correcte de l’autre type d’acides gras polyinsaturés. Des données montrent qu’au cours des 150 dernières années, les rapports entre les acides gras polyinsaturés ont été totalement bouleversés. C’est à partir des observations qu’ont été élaborés les rapports idéaux entre omégas 6 et oméga 3.

Bien les équilibrer

À l’origine, le rapport omégas 6/omégas 3 était de 2/1. Aujourd’hui, la majorité de la population occidentale consomme ces acides gras polyinsaturés avec un ratio de 20/1. Dans les pays les plus impactés par la malbouffe, comme les États-Unis, ce ratio peut atteindre un rapport de 40/1.

D’un point de vue nutritionnel, cela est clairement contre-productif, voire dangereux. Malheureusement, l’alimentation moderne fait qu’il est impossible de retourner au rapport initial entre acides gras polyinsaturés.

L’Organisation mondiale de la Santé recommande alors de s’orienter vers un ratio de 5/1 voire 4/1, tout à fait accessible à partir d’une alimentation équilibrée.

Il faut cependant savoir que la répartition entre les acides gras polyinsaturés est toujours en débat au sein du monde scientifique. Certains spécialistes se concentrent davantage sur le ratio tandis que d’autres s’orientent principalement vers la quantité de lipides globale.

Posologies et utilisation

Dosages

En raison du débat toujours en cours dans le monde scientifique, il n’y a pas aujourd’hui de dosage précis quant à la consommation d’oméga 6 en compléments alimentaires. Il convient cependant de garder son bon sens et de respecter le juste équilibre entre les omégas 6 et les omégas 3 ainsi que la quantité maximale de lipides recommandés par les nutritionnistes.

En termes numériques, les diététiciens se basent sur un apport de 10 g pour la ration alimentaire classique d’un homme, soit de 1200 kcal par jour. En ce qui concerne les femmes, pour une ration alimentaire moyenne de 1800 kcal par jour, les diététiciens s’accordent sur une consommation de 8 g d’omégas 6.

Indications

En complément alimentaire, ils sont généralement présentés sous forme de gélules en gélatine. Suivant l’objectif de leur utilisation, ils peuvent être associés ou non à des huiles contenant des omégas 3. Cela permet de préserver l’équilibre entre les deux types d’acides gras polyinsaturés.

Dans tous les cas, il est préférable de consommer les omégas 6 froids afin de préserver leurs qualités nutritionnelles.

Précautions

Comme tous les compléments alimentaires, les gélules répondent à quelques précautions d’emploi.

Précautions d’emploi

Par mesure de prudence, les gélules d’omégas 6 sont déconseillées aux femmes enceintes et allaitantes. Elles sont également déconseillées chez les enfants de moins de 12 ans et chez les personnes présentant des troubles cardio-vasculaires.

Contre indications

En raison de leurs actions sur l’organisme, les compléments d’acides gras polyinsaturés présentent plusieurs contre-indications :

  • en cas de diabète, présentant ou non une insulinodépendance, un avis médical est fortement recommandé ;
  • la prise d’un anticoagulant ou d’un antiagrégant plaquettaire constitue une contre-indication majeure à l’utilisation d’un complément alimentaire de ce type ;
  • en cas d’opération chirurgicale prévue, les compléments alimentaires à base d’acides gras polyinsaturés doivent être arrêtés 14 jours minimum à l’avance.

Effets secondaires

Dans le cadre d’une complémentation à doses thérapeutiques, les omégas 6 ne présentent aucun danger. À très forte dose, de rares cas de malaises gastro-intestinaux et de céphalées ont été rapportés.

Interactions

Les omégas 6 peuvent théoriquement présenter des interactions avec les :

  • omégas 3 ;
  • hypoglycémiants ;
  • antiagrégants plaquettaires ;
  • anticoagulants.

Sources alimentaires

Les acides gras polyinsaturés de type « omégas 6 » se trouvent à la fois dans les végétaux et dans les animaux. Cela dépend principalement de leurs sous-familles.

Il existe notamment de nombreuses sources alimentaires d'acide linoléique, acide gras essentiel, vous pouvez retrouver l'ensemble des informations au sein de l'article : Où trouver de l'acide linoléique dans les aliments?

Questions fréquentes

Quels sont les rôles des Omégas 6?

Ils jouent un rôle essentiel au sein de l'organisme :
- Constitution des membranes cellulaires
- Régulation de l'activité neuronale, de la pression artérielle et de l'immunité
- Développement cérébral
- Expression de certains gènes
- Action anti-inflammatoire

Pourquoi en consommer?

Ils disposent de nombreux bienfaits :
- Régulation du taux de cholestérol
- Ralentissement du développement des cellules adipeuses
- Protection du système cardiovasculaire
- Activités anticancéreuse et anti-inflammatoire

Quelles sont les mises en garde?

Une supplémentation en omégas 6 est déconseillée pour les femmes enceintes et allaitantes et les enfants de moins de 12 ans.
Par ailleurs, ils peuvent entrer en interaction avec un nombre important de traitements : hypoglycémiants, antiagrégants plaquettaires et anticoagulants. Il est recommandé de demander l'avis d'un médecin avant d'en consommer.


Caroline Thomas
Caroline Thomas, Auteur

Rédactrice spécialisée. Naturopathe certifiée et spécialiste en techniques de santé naturelle.