Phosphatidylsérine : guide complet

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La phosphatidylsérine également appelée Céphaline est produite par l’organisme.
Elle entre dans la constitution de la membrane cellulaire et se trouve en quantité abondante dans le cerveau (15%), les poumons (7.4%), les testicules (6.4%), les reins (5.7%), le foie (3.8%), les muscles squelettiques (3.3%), le cœur (3.2%).
L’alimentation représente également une source externe de phosphatidylsérine à travers le poisson, la lécithine de soja et dans une moindre mesure l’huile de krill car essentiellement sous la forme de phosphatidylcholine.
Elle a fait l’objet de recherche pour ses effets possibles sur la mémoire et plus généralement la fonction cérébrale.

Présentation

La phosphatidylsérine (PS) est composée principalement de 3 acides gras : l’acide stéarique, l’acide oléique et l’acide docosahexaénoïque (DHA). Cette composition varie selon l’organe. Ainsi le DHA est majoritairement présent au niveau de la substance grise ; l’acide oléique dans la substance blanche.
La PS donne le signal de libération et de réception des neurotransmetteurs par la membrane neuronale.
Aussi est-elle conseillée pour améliorer la résistance au stress, la mémoire et les fonctions cognitives des séniors.

Bienfaits

Sa forte présence dans le cerveau et son déclin avec l’âge font que la phosphatidylsérine fait l’objet d’essais cliniques concernant ses effets sur les fonctions cognitives des sujets âgés. Mais elle semble également dotée d’intérêt dans la prise en charge du stress et des troubles du comportement.

Mémoire et cognition

Lorsque des sujets âgés de plus de 65 ans consomment 300 mg / jour de PS issue de lécithine de soja durant 6 mois, leur faculté cognitive augmente : meilleure mémorisation et rappel avec une régression des premiers symptômes de démence1.

Lorsque la phosphatidylsérine est proposée cette fois à des séniors sans problème de démence mais présentant des troubles de la mémoire, leur capacité d’apprentissage, de mémorisation et de retranscription est significativement améliorée2. Tandis que l’étude de Jorissen BL. ne montre pas d’amélioration de la mémoire après une supplémentation de 300 ou 600 mg de PS dérivée du soja pendant 12 semaines3.
Un autre essai apportant 400 mg/ jour pendant 2 semaines à des jeunes de 18 à 29 ans, a permis d’augmenter de 20% leur vitesse de calcul avec +13 % de bonnes réponses et - 39% d’erreurs4.

Si la PS est administrée à des sujets atteints de démences séniles type Alzheimer, leur fonction cognitive est améliorée uniquement dans les premiers stades de la maladie5. Ces résultats sont confirmés par l’équipe d’Engel6.
Elle est sinon sans effet notoire chez les sujets plus avancés dans la maladie.

Cette amélioration serait due à une meilleure utilisation du glucose au niveau cérébral (+14,8% de captation du glucose par le cerveau)7 ainsi qu’à une sécrétion plus élevée d’acétylcholine observée sur des rats âgés mais non sur des jeunes8.

Hyperactivité des enfants

Compte tenu de la présence de la phosphatidylsérine au niveau cérébral et de son rôle dans la libération des neurotransmetteurs, elle a été testée auprès d’enfants hyperactifs. La prise 200 mg pendant 1 à 6 mois a amélioré significativement leur trouble de l’attention, leur mémoire auditive et leur comportement9.

Cette supplémentation est parfois complétée par 120 mg d’huile de poisson.
Les améliorations constatées sont d’autant plus positives chez les enfants présentant une hyperactivité impulsive, des réactions émotionnelles et comportementales non adaptées10.

Stress et fatigue

La supplémentation en PS (200 mg) pendant 42 jours avant l’exposition à un stress mental a conduit à une régression de sa perception11.
Lors de stress chronique, la prise de 400 mg de phosphatidylsérine amène une diminution de la stimulation de l’axe hypothalamo-hypophyso-cortical. Cet effet n’est ni constaté lors de stress modéré ni avec une consommation de 200 mg.12

Chez des sujets âgés déprimés ne répondant pas aux anti-dépresseurs, la moitié du groupe répond positivement à la PS (100 mg) combinée à 2 acides gras (DHA 119 mg, EPA 70 mg) avec une normalisation de la sécrétion de cortisol13.

De même, des femmes souffrant de syndrome prémenstruel avec un pic d’émotivité et de déprime important au moment de l’ovulation et avant les menstruations ont bénéficié d’une supplémentation en PS. Elles rapportent une nette amélioration de leurs symptômes physiques et émotionnels avec 400 mg de PS durant 4 cycles. La sécrétion de cortisol avait effectivement diminué alors qu’elle avait cru dans le groupe placebo14.

Performance sportive

Kingsley a étudié les effets de la phosphatidylsérine dérivée du soja auprès de cyclistes. Ceux-ci reçurent 750 mg de PS pendant 10 jours. La PS a montré des propriétés ergogéniques en permettant d’augmenter de 85%  le temps de l’effort avant épuisement (VO2max). Elle n’eut pas d’effet sur la réponse endocrine et l’oxydation des substrats15.

Lorsque la PS (400 mg) est associée à 2 g de carnitine et à un complexe de 3 minéraux (glycinates de fer, zinc, cuivre), la performance physique de femmes pratiquant du vélo en salle est significativement augmentée après 1 mois de supplémentation : augmentation de la vitesse et de la distance parcourue comparativement à un groupe sous placebo16.

Enfin, la consommation d’une barre enrichie de 200 mg de PS par des golfeurs semble réduire le stress avec un nombre de bonnes balles accru par rapport à des golfeurs consommant des barres non enrichies. Cependant cette étude a été réalisée par le fabricant de la barre17.

Les différentes formes

Si initialement, la phosphatidylsérine était extraite du cortex des bovins, l’encéphalopathie spondiforme bovine a exclu cette source de production.
Désormais elle est issue de la lécithine de soja modifiée chimiquement pour présenter une PS de même poids moléculaire.
Cependant les études menées sur les troubles de la mémoire et montrant des résultats positifs chez l’humain ont essentiellement été réalisées avec une PS d’origine bovine. Elles demandent à être confirmées avec la PS d’origine végétale.
L’huile de tournesol représente depuis récemment une nouvelle source d’apport. Les essais cliniques avec cette nouvelle forme manquent à ce jour.

La PS peut être associée avec des huiles de poisson pour un apport en EPA et DHA, des complexes de vitamines et de minéraux.

En pratique

Posologie

  • Troubles cognitifs : 300 à 400 mg/ jour - cure de 1 à 6 mois
  • Stress, fatigue : 200 mg – cure de 2 à 3 mois
  • Hyperactivité : 200 mg - cure de 1 à 6 mois
  • Performance sportive : 400 à 750 mg – cure de 1 mois

Précautions d’emploi

Aucunes

Contre-indications

  • allergie connue au soja
  • intolérance aux préparations de lécithine,
  • syndrome de Hughes (syndrome d’auto-immunité aux phospholipides)

Effets secondaires

A haute dose ( 600 mg/j), possibilité de troubles gastro-intestinaux.

Interactions médicamenteuses

Aucunes

Sources alimentaires

Les teneurs en PS sont variables selon les espèces :
- viande : entre 50 mg/100 g (foie de porc) et 134 mg/100 g (poulet)
- poisson : entre 28 mg/100 g (cabillaud) et 480 mg/100 g (maquereau)

Parmi les végétaux les plus riches :
- haricot (107 mg/100 g).

L’apport quotidien de phosphatidylsérine est estimé à 130 mg ; 50 mg chez les végétariens.

En aucun cas, les informations et conseils proposés dans cet article ne sont susceptibles de se substituer à une consultation, un diagnostic ou une prescription formulés par un médecin ou un professionnel de santé, seuls en mesure d'évaluer adéquatement votre état de santé.


Bénédicte Moulin

Naturopathe et Nutritionniste. Titulaire d'un DESS de Nutrition. Naturopathe agréé FENA depuis 2015. Spécialisée en diététique, phytothérapie et compléments alimentaires.