Quels sont les besoins des nourrissons et des bébés en vitamine D?

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Dès la naissance, la vitamine D est essentielle au bon fonctionnement de l’organisme. Tous les nouveau-nés, qu’ils bénéficient d’un allaitement maternel ou artificiel, présentent un risque accru de manquer de cette vitamine. C’est pourquoi les autorités sanitaires françaises et les médecins préconisent l’administration systématique de cette même vitamine. Point complet sur la supplémentation en vitamine D pour les nourrissons et les bébés.

Pourquoi est-elle essentielle?

La vitamine D est essentielle pour les nourrissons et les bébés.

La vitamine D présente de nombreux bienfaits pour la santé, et ce, à tout âge. Lorsque l’on s’intéresse aux nouveau-nés et aux nourrissons, on se focalise essentiellement sur deux de ses propriétés, validées par l’EFSA (European Food Safety Authority).

Tout d’abord, la vitamine D stimule le métabolisme phosphocalcique afin de maintenir des taux sanguins optimaux de calcium et de phosphore. Ensuite, elle permet une croissance et une minéralisation normale des os, des cartilages mais aussi des dents.

Une carence sévère en vitamine D est susceptible d’entraîner l’apparition du rachitisme infantile. Cette pathologie induit, sur le long terme, des déformations osseuses visibles, mettant en péril la croissance de l’enfant. Notons que cette affection est extrêmement rare au sein des pays développés. En revanche, le déficit en vitamine D se rencontre fréquemment.

Comment les supplémenter?

L’organisme humain est capable de produire de la vitamine D3 lors de l’exposition aux rayons du soleil, mais plusieurs critères sont à prendre en compte notamment l’heure de l’exposition et sa durée, l’habillement, l’éventuelle application de crème solaire…

L’alimentation est, quant à elle, une source minoritaire de vitamine D2 et D3. On absorbe de faibles quantités de ces substances lorsque l’on consomme des produits d’origine animale (pour la D3) ou certains végétaux et champignons (pour la D2).

Selon le site internet du Vidal (l’ouvrage de référence des traitements médicamenteux, à l’usage des professionnels de santé), la production endogène de la vitamine D et son apport exogène via l’alimentation sont considérés depuis peu comme insuffisants pour maintenir un taux optimal de la vitamine dans l’organisme1.

Production endogène

Dans la très grande majorité des cas, la synthèse cutanée de la vitamine D3 (ou cholécalciférol) sera nulle. En effet, si l’on peut s’installer au soleil avec son bébé de très courts instants, on ne peut prendre le risque d’une exposition prolongée : attention au maintien de la température corporelle de bébé ainsi qu’aux coups de soleil qui surviennent très rapidement sur sa peau fragile.

Apport exogène par le lait maternel

La supplémentation de la femme lors de la grossesse et de l’allaitement

Lors de la grossesse et de l’allaitement, les gynécologues prescrivent généralement de la vitamine D aux femmes car leurs besoins sont accrus. La vitamine D se prend seule ou intégrée à des compléments alimentaires riches en plusieurs vitamines et minéraux.

L’ANSES (l’agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) a établi une Référence Nutritionnelle pour la Population (RNP) concernant la vitamine D : 15 µg par jour ou 600 UI, en l’absence de production endogène cutanée, pour les adultes de sexe masculin ou féminin2. À l’heure actuelle, l’organisme ne précise pas la RNP pour les femmes enceintes ou allaitantes.

Notons que la plupart des compléments synergiques préconisés contiennent 400 UI de vitamine D.

Qu’en dit la recherche ?

La recherche scientifique semble indiquer qu'il faudrait prescrire un dosage plus conséquent à la mère, afin de transmettre une teneur optimale en vitamine D aux nourrissons et aux bébés.

Lors d’un essai clinique randomisé, des chercheurs ont administré d’une part 6400 UI de vitamine D3 par jour à un groupe de jeunes mères, et, d'autre part, 400 UI de la même substance aux mères du groupe contrôle. L'étude a duré 6 mois. Les nourrissons du groupe test n’ont pas reçu de supplémentation. En revanche, ceux du groupe contrôle ont absorbé 300 UI de cholécalciférol chaque jour.

Finalement, les chercheurs se sont aperçus que les taux de vitamine D dans le sang (à savoir le calcidiol ou 25(OH)D) des bébés du groupe test étaient similaires à ceux du groupe contrôle. L’administration quotidienne de 6400 UI de cholécalciférol aux mères allaitantes a donc permis de maintenir le taux sérique de vitamine D des nourrissons, en l’absence de toute supplémentation. Il faut aussi souligner que la dose journalière de 400 UI de cholécalciférol ne permet pas aux mères de transmettre une quantité optimale de la vitamine aux bébés allaités : une supplémentation est donc nécessaire3.

Lait infantile

Dans l’objectif d’éradiquer le rachitisme infantile, les autorités sanitaires ont autorisé, en 1992, l’enrichissement du lait infantile en vitamine D. Ainsi, les fabricants peuvent ajouter 40 à 100 UI de la vitamine aux préparations pour nourrissons, et 40 à 120 UI au lait de suite4.

S’il est vrai que les diverses formules de lait maternisé sont plus ou moins enrichies en vitamine D3, elles ne couvrent pas pour autant la totalité des besoins. Comme pour l’enfant allaité, une supplémentation est recommandée. Toutefois, le dosage prescrit sera moins conséquent pour un nourrisson bénéficiant d’un allaitement artificiel.

Quelles sont les instructions officielles?

Afin d’éradiquer les complications liées à la carence en vitamine D, les autorités sanitaires se positionnent en faveur de l’administration systématique d’un supplément vitaminique à tous les nouveau-nés, qu’ils bénéficient d’un allaitement maternel ou artificiel.

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) se positionne en faveur de la supplémentation en vitamine D des nourrissons que l'on n'exposerait pas suffisamment au soleil. Néanmoins, elle précise que la recherche doit se poursuivre, dans l’objectif de pouvoir formuler des préconisations éclairées5.

Si l’ANSES a formulé une RNP en vitamine D à l’attention des adultes, elle ne s’est pas encore prononcée pour les autres catégories d’âge. Elle ne formule donc pas, à ce jour, de RNP précise pour les bébés.

Le Comité de nutrition de la société française de pédiatrie (SFP) a fait le point sur la recherche scientifique et a ainsi pu émettre des recommandations adaptées à chaque cas de figure. Elle conseille donc :

  • 1000 à 1200 UI de vitamine D par jour pour les nourrissons allaités,
  • 600 à 800 UI de vitamine D par jour pour les nouveau-nés de moins de 18 mois qui consomment un lait infantile enrichi
  • et 1000 à 1200 UI de vitamine D chaque jour pour les bébés de moins de 18 mois recevant un lait qui ne serait pas enrichi6.

La supplémentation en vitamine D pour les nourrissons et les bébés

La prise d’un supplément de vitamine D est donc indispensable à la bonne santé des nourrissons et des bébés. Apprenons-en davantage sur cette supplémentation.

Quelles sont les spécialités prescrites par les pédiatres ?

Zyma D 10 000UI/ml

À l’heure actuelle, la spécialité la plus couramment prescrite par les pédiatres est Zyma D. Il s’agit de cholécalciférol qui se présente sous forme de gouttes dosées à 300 UI par goutte. Zyma D présente l’avantage d’avoir peu d’excipients : de l’huile d’olive raffinée, de l’essence d’orange douce et du tocophérol. Il est également facile à administrer : selon le Vidal, ces gouttes de vitamine D3 peuvent se diluer dans un biberon de lait ou de jus de fruits, mais elles peuvent aussi être données pures7.

Stérogyl 2 000 000 UI/100ml

Le Stérogyl peut être prescrit à bébé. Il se compose d’ergocalciférol, à raison de 400 UI par goutte. Toutefois, il convient d’être vigilant avec ce médicament, car il dispose d’une teneur en alcool non négligeable. Il ne faut donc jamais l’administrer pur, mais le diluer dans un biberon de lait, d’eau ou de jus de fruits8.

Adrigyl 10 000UI/ml

L’Adrigyl peut également être administré aux nouveau-nés. Il s’agit de vitamine D3, dosée à 333 UI par goutte. Il est conseillé de mettre les gouttes dans une petite cuillère et de les donner à bébé pures ou diluées avec un peu de boisson9.

Retour sur la controverse de l’uvestérol D

Depuis 2017, cette spécialité n’est plus distribuée à la suite du décès d’un nourrisson et du signalement de plusieurs cas de fausses routes. Il est à noter que le principe actif n’a pas été mis en cause : c’est le mode d’administration par pipette qui s’est avéré dangereux. En effet, un mauvais positionnement de l’enfant, un débit de vitamine trop rapide ou une pipette trop enfoncée dans la bouche du bébé sont autant de situations qui peuvent engendrer une inhalation du médicament.

Existe-t-il d’autres alternatives ?

Certains laboratoires commercialisent effectivement de la vitamine D. Ils mettent en avant des excipients sûrs, des procédés naturels et une meilleure assimilation. Si vous décidez de vous tourner plutôt vers ces suppléments, parlez-en au médecin ou au pédiatre référent de votre bébé, afin qu’il puisse vous aiguiller sur la posologie à suivre, ainsi que sur le mode d’administration.

Vitamine D : à quel moment de la journée?

La vitamine D s'administre à tout moment de la journée. Cependant, la recherche semble indiquer qu’elle serait plus efficace dans le cas où elle serait absorbée au cours d’un repas riche en matière grasses10. En effet, la vitamine D est liposoluble. Prise en même temps qu’une tétée ou qu’un biberon de lait infantile, elle sera mieux assimilée par l’organisme, du fait de l’apport simultané de matière grasses.


Mélanie Manzanares

Rédactrice spécialisée dans le domaine de la santé, ayant obtenu le diplôme d'état infirmier en 2013.