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Yam et onagre : le confort de la ménopause

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L’onagre et le yam sont deux plantes originaires d’Amérique latine. Ces deux trésors des peuplades amérindiennes sont principalement utilisés, afin de soulager les troubles hormonaux. Ce duo peut donc se qualifier d’allié des femmes, surtout en période de ménopause. Découverte de ce duo aussi singulier qu’efficace.

Présentation du duo

Yam : le tubercule peut être associé à l'huile d'onagre.

L’onagre (Oenothera biennis) et le yam (Dioscorea villosa) sont deux plantes réputées pour leurs bienfaits sur le cycle féminin et la gestion de la ménopause. L’huile de Oenothera biennis provient des graines des fruits de la plante. Dioscorea villosa est, quant à lui, un tubercule à partir duquel on fabrique une sorte de « farine ». Découverte de ce duo inattendu, dédié au confort féminin.

Particularités de l’onagre

La plante aux fleurs jaunes crépusculaires est connue des médecines traditionnelles depuis la nuit des temps. Son huile fait aujourd’hui grand bruit en raison de ses nombreux bienfaits sur l’organisme.

Un trésor venu du Nouveau Monde

Celle que l’on surnomme « primevère du soir » connaît un regain de popularité depuis les années 2000. Mais d’où vient vraiment l’onagre et qui est-elle ?

Ses origines

La première apparition confirmée de cette plante apparaît au XVe siècle chez les Amérindiens. Il est cependant fort probable que sa connaissance en Amérique soit bien antérieure à cette époque. Les peuples d’Amérique du Nord l'utilisaient alors pour soigner la peau. Ces peuples faisaient aussi usage d’une infusion destinée à soulager les quintes de toux.

L’arrivée de la plante en Europe ne se fit que 3 siècles plus tard. C’est cachée dans des sacs de lestage que la petite herbacée pose ses premières graines sur le vieux continent. Petit à petit, elle conquiert de nouveaux territoires et se distribue aujourd’hui dans toutes les régions tempérées.

En botanique

Elle appartient à la famille des herbacées. C’est une plante bisannuelle qui déploie sa floraison crépusculaire au cours de l’été. Ses jolies fleurs jaunes possèdent un parfum envoûtant qui berce la nuit. À côté de ses fleurs jaunes, la plante fabrique aussi des fruits noirs dont les graines, pressées à froid, donnent l’huile d’onagre si précieuse en phytothérapie.

Les propriétés de l’huile végétale

Riche en acide gamma linolénique, elle comporte de nombreuses propriétés médicinales et esthétiques.

En ce qui concerne le côté esthétique, c'est un trésor pour la peau. Elle est considérée comme antirides, hydratante, calmante et astringente.

En ce qui concerne le côté médicinal, l’huile d’onagre intervient positivement dans de nombreux systèmes. Elle est jugée antispasmodique, hépatoprotectrice, vasodilatatrice, anti-inflammatoire, anticoagulante et hypocholestérolémiante.

Les bienfaits de la plante

L’huile d’onagre comporte une composition biochimique des plus exceptionnelles. Riche notamment en acide gamma-linolénique, en polyphénols, en phytostérols et en esters d’acides triterpéniques, cette huile végétale participe à la :

  • protection contre certains troubles cardio-vasculaires ;
  • propriétés anti-inflammatoires ;
  • réduction des troubles liés à la ménopause1;
  • prévention du syndrome prémenstruel et de l’ostéoporose2 ;
  • réduction des crises d’eczéma et de l'acné4‌  3 ;
  • prévention des symptômes de l’arthrite rhumatoïde4,5;
  • traitement adjuvant de la neuropathie diabétique.

Découverte du yam

Petit tubercule sud-américain, il s’illustre depuis des siècles dans le confort féminin. Remis au goût du jour au milieu du XXe siècle, ce cousin de la patate douce n’en finit plus de séduire. Zoom sur un tubercule pas comme les autres.

Un secret des Aztèques

Appréciée pour sa teneur en diosgénine, l’igname sauvage nous vient tout droit des Aztèques. S’il est fortement plébiscité par la médecine naturelle, ce petit tubercule reste encore assez méconnu du grand public. Alors, d’où vient le yam et qui est-il vraiment ?

Origine

Les origines sont imprécises, mais on retrouve ses premières traces au sein de la culture aztèque. Dans cette civilisation amérindienne, le tubercule est principalement utilisé comme antalgique. Il semblerait que les Aztèques l’utilisaient déjà pour ses bienfaits hormonaux également.

Si l’igname sauvage s’étend peu à peu à toute la planète, il tombe également en désuétude. Ce n’est qu’au cours de la moitié du XXe siècle que des scientifiques remettent en selle ce tubercule en y découvrant de la diosgénine. Ce composé chimique servira alors à la fabrication d’hormones telles que celles trouvées dans les premières pilules contraceptives. Aujourd’hui, ces perspectives se sont élargies avec le traitement des troubles de la ménopause.

En botanique

Le yam est une espèce de plante grimpante appartenant à la famille des dioscorea. Si son apparence reste quelconque, une sorte de liane avec de grandes feuilles, c’est son rhizome qui mérite toute l’attention. En effet, enfui dans la terre, ce tubercule de 5 à 10 centimètres de long renferme une richesse biochimique sous-estimée.

Ses propriétés

Bien que son utilisation soit très ancienne en médecine traditionnelle, il semble que ses propriétés précises ne soient pas encore toutes découvertes. À l’heure actuelle, il est considéré comme un :

  • cholérétique ;
  • antioedémateux ;
  • anticellulite ;
  • amaigrissant ;
  • cardioprotecteur ;
  • antispasmodique ;
  • anti-inflammatoire.

Ses vertus

Sa composition biochimique est tout à fait singulière. C’est notamment la présence de la diosgénine, mais aussi des stérols, des saponines et des alcaloïdes qui lui confèrent ses bienfaits.

Les bienfaits les plus populaires du yam sont son action sur l’équilibre hormonal. Le tubercule prévient aussi les symptômes désagréables liés à la ménopause. 

Moins connus, les bienfaits liés à la gestion de la douleur et à la décontraction musculaire remontent pourtant à l’utilisation ancestrale du rhizome. 

Il se pourrait également qu'il puisse stimuler la sécrétion de bile et favoriser la perte de poids en régulant le métabolisme des graisses.

Pourquoi les associer ?

Le yam et l'onagre possèdent des propriétés complémentaires pour l’équilibre féminin. Ensemble, ils offrent un spectre d’action plus large sur les troubles de la ménopause et ses inconforts.

D’une part, l’huile d’onagre, grâce à son acide gamma-linolénique, entre autres, agit sur l’inflammation avec la production de prostaglandines de type 1. D’autre part, le yam, avec sa diosgénine, agit sur la production des hormones féminines, amenant un certain équilibre. En synergie, ils forment alors un combo qui régule les hormones et limite les inflammations pourvoyeuses d’inconforts.

Les allégations autorisées

Tant le yam que l’huile d’onagre possèdent des propriétés de santé acceptées par les autorités européennes6

Pour Oenothera biennis, ces allégations sont :

  • contribue à maintenir la santé de la peau et des tissus ;
  • aide à maintenir un confort des menstruations.

Pour l'igname sauvage, ces allégations sont :

  • aide à maintenir une ménopause confortable ;
  • aide à faire face aux signes associés à la ménopause tels que les bouffées de chaleur, la transpiration, l’agitation et l’irritabilité.

Comment les associer ?

Pour associer le yam à l’onagre, il n’est point besoin de jouer à l’apprenti chimiste. La plupart des fabricants offrent des solutions 2 en 1, où les deux plantes se trouvent déjà ensemble dans une même gélule. Respectez bien les précautions d’usage, car l'igname sauvage possède certaines contre-indications.


  • 1Farzaneh, F., Fatehi, S., Sohrabi, M. R., & Alizadeh, K. (2013). L’effet de l’huile d’onagre orale sur les bouffées de chaleur ménopausiques: un essai clinique randomisé.
  • 2Kruger MC, Coetzer H, et al. Calcium, gamma-linolenic acid and eicosapentaenoic acid supplementation in senile osteoporosis. Aging (Milano) 1998 Oct;10(5):385-94.🔗 https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/9932142
  • 3Kapoor, S., & Saraf, S. (2011). Thérapies à base de plantes topiques un choix alternatif et complémentaire pour lutter contre l’acné. , (6), 650‐9.
  • 4Morse, N. L., & Clough, P. M. (2006). Une méta‐analyse d’essais cliniques randomisés, contrôlés par placebo de l’huile d’onagre Efamol® dans l’eczéma atopique.
  • 5Cameron M & al. Herbal therapy for treating rheumatoid arthritis. Cochrane Database Syst Rev. 2011 Feb 16;2:CD002948🔗 http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/21328257
  • 6Laposata, M. (1996). Traitement à l’acide gamma‐linolénique de la polyarthrite rhumatoïde. Un essai randomisé contrôlé par placebo.
  • 7Allégations de santé autorisées conformément à la législation européenne sur les compléments alimentaires CE n° 1924/2006.
Caroline Thomas
Caroline Thomas, Auteur

Rédactrice spécialisée. Naturopathe certifiée, spécialiste en techniques de santé naturelle. Coach en nutrition certifiée.