Fragments d’ARN de Beljanski : propriétés et contre-indications

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Les fragments d'ARN du traitement Beljanski sont issus de la bactérie Escherichia Coli K12. Ils permettraient de lutter contre le cancer, en complément des chimiothérapies. Malgré des résultats d’études positifs, il semble que celles-ci ne soient pas assez fiables. Découverte.

Présentation

ADN : les fragments ARN stimulent la synthèse de l'ADN.

Mirko Beljanski a étudié la nature et le rôle des fragments d'ARN dans le fonctionnement cellulaire tout au long de sa vie. Sa thèse de doctorat et ses premières publications portaient sur leur accumulation par les bactéries, mises en présence d’antibiotiques. Il étudia ensuite leur rôle dans la synthèse des protéines, ou de leurs précurseurs, les peptides.

Il mit au point une technique permettant de s'en procurer, permettant ainsi la stimulation de la production de globules blancs et de plaquettes sanguines.

Ceux commercialisés par la société Beljanski sont désormais appelés ReaLBuild® .

In vitro, ils stimulent considérablement la synthèse d’ADN de la moelle osseuse, ils seraient déterminants pour une amélioration de l’immunité.

Ingérés, ils agiraient comme des amorceurs de la multiplication cellulaire créée par l’ADN dans les cellules souches de la moelle osseuse. Au fur et à mesure du renouvellement cellulaire, les plaquettes et globules blancs seraient régénérés au contact de ces fragments d'ARN.

Ils faciliteraient donc la multiplication des globules blancs et des plaquettes saines, ceci sans avoir d’influence sur les plaquettes et les globules blancs cancéreux. Ils reconstruiraient le stock immunitaire de leucocytes et de plaquettes, en cas de diminution importante de leur nombre.

Cette stimulation de la production de globules blancs et de plaquettes protégerait alors d’un effondrement immunitaire précoce, après une radiothérapie ou une chimiothérapie.

Les fragments d'ARN de Beljanski sont issus d'Escherichia coli K12, une bactérie non-pathogène et naturellement présente dans l’intestin humain.

Une étude récente sur l’être humain a montré la moindre efficacité de ceux issus de levure. En effet, ceux à base de levure n’ont entraîné aucune augmentation du nombre de plaquettes.

Ses nouvelles applications médicales

L'acide ribonucléique (ARN) est présent chez la plupart des êtres vivants, bactéries et virus. Il est chimiquement proche de l'ADN et il en existe une grande variété.

On sait que les cellules en utilisent comme un support intermédiaire des gènes pour synthétiser les protéines dont elles ont besoin. Il peut remplir de nombreuses fonctions, il intervient dans les réactions chimiques du métabolisme cellulaire.

Il est utilisé dans un certain nombre d'applications telles que les vaccins à ARN Messager utilisés dans la lutte contre le Covid-19. Des essais d'utilisation de cette technique à des fins thérapeutiques sont envisagés, pour lutter contre des infections ou dans la lutte contre le cancer.

Dans une étude publiée en 2021, l’administration intracellulaire de ce type de vaccin anticancéreux, à des souris, a montré une efficacité antitumorale à la fois dans la prévention des tumeurs et dans les contextes de vaccination thérapeutique1.

On connaît également son potentiel d’action à produire une inhibition génique spécifique chez l’être humain 2.

Ce type de vaccin stimule aussi bien la réponse immunitaire cellulaire (lymphocytes T CD4+ et CD8+), que la réponse immunitaire humorale (activation des lymphocytes B et production d'anticorps spécifiques de l'antigène). Il peut aussi déclencher l’immunité innée.

Il contient une copie d'une portion de l'ADN correspondant à un ou plusieurs gènes du virus ou d’une cellule tumorale.

Son impact sur le système immunitaire est indéniable, et son potentiel d’action découvert par des chercheurs, comme Mirko Beljanski, se révèle aujourd’hui efficace. Cependant, les essais cliniques contre placebo sont aujourd’hui inexistants.

Manque de fiabilité des études

Toutes les études publiées, à ce jour, sur leurs effets sur le cancer ont été menées par Beljanski lui-même ou par des personnes dont les intérêts convergent avec la fondation.

Il existe un seul essai clinique, mené sur une trentaine de personne par John Lewis Hall, l’un des chercheurs et également le directeur de recherche de Natural Source International, l’une des entreprises appartenant à la famille Beljanski. Aussi, cet essai manque de fiabilité puisque qu’il n’y a pas eu de groupe témoin.

Si les résultats des études menées avec les fragments d'ARN ont été positifs, il est nécessaire que d’autres essais cliniques soient menés, pour pouvoir affirmer leurs bienfaits et ceci particulièrement pour l’administration par voie orale.

Bienfaits et vertus

Système immunitaire

Les traitements contre le cancer visent à détruire les cellules cancéreuses mais n’épargnent pas les cellules saines. Les chimiothérapies amenuisent en général la fonction immunitaire du corps humain, du fait que les traitements attaquent le foie et la moelle osseuse, dans lesquels les cellules immunitaires sont fabriquées.

Un système immunitaire efficace permettra à la fois de lutter contre les infections et contre les cellules cancéreuses affaiblies par le traitement, qu’il soit chimique ou radiothérapeutique.

Les traitements classiques, visant à stimuler le système immunitaire, sont les facteurs de croissance (Neupogen). Ils présentent des effets indésirables possibles importants.

Mirko Beljanski a démontré que pour se dupliquer, l’ADN a besoin de fragments d’ARN. En effet, il n’entre pas dans le processus de duplication, il le déclenche. Une fois ce processus enclenché, il se détache avant de disparaître, détruit par les ribonucléases.

Par découpage enzymatique de longues chaines d’ARN isolées d’une bactérie non pathogène, Mirko Beljanski a obtenu en quantité des fragments dont certains se sont avérés in-vitro des promoteurs de la duplication de l’ADN de moelle osseuse humaine 3 4.

Cette duplication permettrait la production accrue de cellules du système immunitaire, telles que les lymphocytes.

Dans une étude de Beljanski menée en 1974, chez des lapins contaminés par les virus de Shope et de la vaccine, leur injection (et non l’ingestion) a montré une action antivirale 5 6.

Cancer

Les traitements par chimiothérapie affectent les cellules hématopoïétiques (qui produisent les cellules sanguines) et l’immunité. Les fragments d'ARN, avant et pendant les traitements, permettraient de protéger et de restaurer l’immunité, plaquettes et globules blancs, grâce à la réplication ADN qu’il produisent, et ceci sans induire de prolifération des cellules malignes.

Mirko Beljanski a mené des études sur des tumeurs chez des végétaux et des animaux in vitro et in vivo.

Il est apparu qu'ils inhibent, chez les plantes, la prolifération de cellules tumorales liées à la galle du collet (Rhizobium radiobacter ou Agrobacterium tumefaciens), une bactérie 7 8 9. Cependant, le mécanisme d’action exact n’a pas été défini et reste une interrogation.

De la même manière, une autre de ses études montre un développement tumoral diminué chez des lapins atteints par les virus de Shope et de la vaccine.

Les fragments d'ARN d’Escherichia Coli et de Neurospora crassa (une espèce de champignons filamenteux) produiraient une protection contre les effets secondaires des chimiothérapies, utilisées dans le cadre des traitements contre le cancer. La stimulation du système immunitaire a permis une augmentation des taux de leucocytes et de plaquettes 10.

Dans ces études très prometteuses sur les lapins, ils ont été injectés et non administrés par voie orale.

Seules les études chez l’être humain ont été menées avec une administration orale des fragments d'ARN.

Une étude préliminaire, menée avec deux personnes atteintes de lymphome malin non hodgkinien, a donné des résultats positifs en 1991 11.

Une étude récente a été menée en 2010, sur un groupe de 31 personnes âgées de 18 à 80 ans, atteintes de différents cancers à différents stades et soignées par différents traitements chimiothérapeutiques.

Cette étude a été conçue pour évaluer leur efficacité. Les patients se sont auto-administrés les agents par voie sublinguale, en association avec un supplément de magnésium tous les deux jours. Ils ont reçu des transfusions de plaquettes si leur taux tombait en dessous de 20000 cellules/ml.

Il est apparu que l'augmentation de la dose de fragments d'ARN d'Escherichia Coli n'affecte pas la capacité de la chimiothérapie à abaisser les taux de plaquettes.Aucun patient, traité aux doses les plus élevées (60 et 80 mg), n'a eu besoin d'une transfusion de plaquettes pendant l’étude. Il y a eu une relation significative entre les taux de récupération des plaquettes et l'augmentation des doses de fragments d'ARN d'Escherichia Coli.

Cet essai présente des limites qui sont annoncées dans ses conclusions, et qui portent sur le cœur de l’étude, c’est-à-dire la fréquence et les horaires des numérations plaquettaires.

Aussi, les données collectées de manière prospective sur les patients ont fourni des résultats concernant l'administration de l'agent et les effets secondaires, mais n'incluaient pas les signes et les symptômes de thrombocytopénie, tels que des saignements ou des pétéchies.

La sélection des patients n’a pas été idéale. Cependant, les doses les plus élevées administrées (80 mg de fragments d'ARN d'Escherichia coli) ont semblé accélérer la récupération plaquettaire.

Si ces données préliminaires sont prometteuses, elles ne peuvent garantir l’efficacité d’action du produit. D’autres essais, sur un plus grand nombre de personnes et contre placebo, sont nécessaires pour établir les réels bénéfices des fragments ADN et des schémas thérapeutiques efficaces 12.

Dosage

La posologie recommandée par la marque : une dose tous les deux jours à laisser fondre sous la langue, le matin à jeun.

Il convient d’éviter de boire ou manger durant les 15 minutes, suivant la prise, et de ne pas dépasser la dose quotidienne recommandée.

Forme galénique

Le produit est vendu sous le nom ReaLBuild®, il se présente sous forme de cônes qui renferment chacun 20 mg d’extrait ribonucléique d’Escherichia Coli K-12, sous forme de poudre blanche à laisser fondre sous la langue.

Précautions

Une prise régulière de magnésium, concomitante à l’utilisation des fragments d'ARN, est recommandée par la marque.

Contre-indications

Les patients présentant une atténuation de la réponse immunitaire, telle que les greffes, ne doivent pas les utiliser.

En cas de troubles du système immunitaire (maladies auto-immunes), il convient de demander l’avis d’un professionnel de santé.

Interactions médicamenteuses

Les fragments d'ARN de Beljanski interagissent avec :

  • les benzodiazépine ;
  • les médicaments immunodépresseurs.

Marianne Buclet
Marianne Buclet, Auteur

Naturopathe et professeure de yoga