Traitement Beljanski

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Ce sont des compléments alimentaires visant à lutter contre le cancer, en complément des thérapies conventionnelles, que sont la chimiothérapie et la radiothérapie. Ils renferment trois plantes : le Pao pereira, le
Rauwolfia vomitoria et le Ginkgo biloba, ainsi qu’un complément réalisé à partir de fragments d'ARN de la bactérie Escherichia Coli. Les recherches sur le traitement Beljanski ont été très controversées. Des études scientifiques apportent aujourd’hui confirmation du potentiel de certains de ces produits. Cependant, les études sur l’être humain sont largement manquantes pour pouvoir établir des données exactes.

Théorie

L’histoire des remèdes

Le traitement Beljanski permettrait de lutter contre le cancer.

Mirko Beljanski est un biologiste qui a mis au point des remèdes d'origine naturelle pour lutter contre le cancer et le sida. Ses découvertes sont controversées. Après avoir fini ses études en France, il travaillera à l’institut Pasteur de 1948 à 1978, ou il rencontrera sa future épouse et collaboratrice. En 1951, il entre au CNRS où il est successivement attaché, maître, directeur de recherches, et enfin directeur de recherche honoraire jusqu’à sa retraite en 1988.

De 1956 à 1958, il travaille également en association avec le prix Nobel S. Ochoa. Ils publient conjointement plusieurs articles sur la synthèse des protéines in vitro, grâce à des fractions de cellules bactériennes 1 2.

Il obtient en 1960 le Prix Charles-Léopold Mayer, partagé avec Roger Monier, pour son travail sur le rôle de l’ARN dans le processus de synthèse des protéines.

Howard Temin et David Baltimore3 recevront le prix Nobel en 1975 pour la découverte de la transcriptase inverse4 dont H. Temin a reconnu la priorité de Beljanski pour la découverte de la transcriptase inverse chez les bactéries 5. Il met en évidence quelques années plus tard la transcriptase inverse chez les champignons 6 en 1977, et chez les poissons 7 en 1988.

En 1976, il met au point l'Oncotest, qu'il présente, en 1979, comme une méthode rapide, économique et efficace permettant de détecter des tissus carcinogènes. Il n'a cependant pas été reconnu par la communauté scientifique comme une méthode fiable capable de mettre en évidence l'action d'un cancérogène ou les propriétés anticancérigènes d’une molécule, et son brevet est tombé dans le domaine public.

Il est licencié en 1978 de l’Institut Pasteur et trouve un poste de recherche à la faculté de Pharmacie de Châtenay-Malabry jusqu'à sa retraite en 1988, où il travaille avec son épouse Monique et trois autres personnes.

Durant ces années de recherche, il émet la théorie que la déstabilisation progressive et cumulative de l’ADN est à l’origine des cancers. On sait aujourd’hui qu’une grande partie des cancers sont dus à une transformation de l’ADN cellulaire 8 9, mais les mécanismes en cause identifiés ne semblent pas être les même que ceux décrits par Mirko Beljanski.

Après 1988, il continue ses recherches dans un laboratoire installé à Ivry-sur-Seine, le CERBIOL, financé par un homme d’affaire, Pierre Silvestri. Son épouse et lui commencent alors la commercialisation de produits visant à lutter contre le le sida et le cancer, ceci de manière illégale puisqu’ils n’avaient pas d’autorisation de mise sur le marché.

Plusieurs personnes portent plainte contre lui et ses associés dont le ministre de la santé, Claude Évin, en 1989.

Il continue ses recherches notamment sur la flavopéréirine, un alcaloïde du Pao pereira de 1990 à 1993.

En 1994, après la création de plusieurs association de soutien au CERBIOL, le COBRA (Centre Oncologique et Biologique de Recherche Appliquée), puis le CIRIS (Centre d'Information sur les Recherches et l'Innovation Scientifique), Pierre Silvestri retire son financement pour recherches sur ce traitement.

Il meurt le 27 octobre 1998 et sa femme continuera à développer leur travail, puis leur fille.

La Fondation promeut aujourd’hui les entreprises du même nom. Elle encourage la poursuite des recherches entreprises par le biologiste en cherchant à approfondir son héritage scientifique, en soutenant des recherches scientifiques et médicales, et en communiquant les recherches de Mirko Beljanski à travers des livres, articles et évènements. Sa fille poursuit l’œuvre de son père. Elle anime régulièrement des conférences dans le monde entier en anglais et en français sur cette méthode.

Les produits sont aujourd’hui commercialisés par la société américaine Natural source.

Les remèdes et la recherche actuelle

Le traitement de Mirko Beljanski a été approfondi par la recherche scientifique et confirmé. Cependant, si les études in vitro et in vivo chez l’animal confirment ses découvertes, il n’existe pas d’études contre placebo sur l’être humain pour la plupart des produits. Ils ne peuvent donc pas être considérés comme des remèdes sûrs.

Cinq études sur le Rauwfola vomitoria et ses effets sur les cellules cancéreuses des ovaires, du pancréas et de la prostate ont été menées entre 2006 et 2021 avec des résultats très prometteurs, tant in vitro qu’in vivo, chez la souris et le rat.

Sept études sur le Pao pereira ont été menées in vitro et in vivo chez l’animal entre 2009 et 2019, afin de comprendre ses effets sur les cellules cancéreuses des ovaires, de la prostate, du pancréas et du côlon. Toutes les études présentent des résultats prometteurs, l'indiquant comme un potentiel agent thérapeutique.

Une étude sur l'être humain a également montré des bénéfices.

De très nombreuses études sur les effets du Ginkgo biloba sur les cellules cancéreuses de nombreuses parties du corps (de la bouche, du poumons, de la peau, du sein, des ovaires, de la prostate, de l’estomac, du pancréas, du colon, du foie) ont été menées ces dernières décennies. Elles démontrent des effets intéressants et prometteurs des extraits de la plante et de certains de ces composés.

Cependant, la seule étude menée sur l’être humain dans le cadre du cancer du sein n’a pas montré de bénéfices, et il a été identifié comme cancérigène chez le rat dans une autre étude.

Les fragments d'ARN de Beljanski sont issus de la bactérie Escherichia Coli K12 qui est une hôte naturelle de l'être humain. Malgré des résultats d’études positifs, sans effets secondaires indésirables, les études sont peu nombreuses et il semble qu'elles ne soient pas assez fiables.

Controverse

Les découvertes scientifiques sont globalement valables et prometteuses, de même que celles sur les plantes dans le traitement Beljanski, qui ont été menées par différents groupes de scientifiques à travers le monde.

Ces études auraient dû être approfondies, avant toute commercialisation de produits, puisque les études in vitro et sur les animaux ne sont pas suffisantes pour établir des protocoles et traitements sur l’être humain. C’est pourtant ce qu’a fait le couple de chercheurs.

Des problèmes avec la justice

Les produits, lorsqu'ils ont été fabriqués en France, ont suscité plusieurs plaintes. En septembre 1988, plainte du ministère de la Santé, et en 1989, Claude Évin, alors ministre de la Santé, a porté plainte pour exercice illégal de la pharmacie et de la médecine 10.

Le couple n’a pas respecté la législation en vigueur en commercialisant le traitement Beljanski sans autorisation de mise sur le marché et a été condamné en 2002 pour exercice illégal de la pharmacie, à la suite de la commercialisation de ses produits11.

Des traitements couteux et sans preuve d’efficacité chez l’être humain

L’Oncotest, utilisé pour sélectionner les plantes anti-cancer, créé par Mirko n’a pas été validé.

Le prix du traitement Beljanski, très élevé (autour de 500 euros par mois aujourd’hui), associé au manque de preuve de leur efficacité, n’a pu que nourrir la controverse envers ces remèdes.

Les deux études menées sur l’être humain pour le RLB, nommé aujourd’hui
ReaLBuild®, ne peuvent valider correctement les résultats in vitro et in vivo pour plusieurs raisons.

Une étude sur des patients à l'hôpital Lapeyronie de Montpellier a été réalisée seulement sur deux patients âgés de 65 et 77 ans, souffrant de lymphome malin non-hodgkinien, et elle n'a pas été réalisée en double aveugle avec groupe témoin 12.

Une autre étude a été menée à l’université de l’Illinois aux Etats-Unis, financée par la société Natural Source International. Cet essai n’a pas de groupe de contrôle et si les données préliminaires qu'elle fournit sont prometteuses, elles ne peuvent garantir l’efficacité d’action du produit 13.

Malgré des études très prometteuses, aucun traitement Beljanski n’a prouvé son action anti-cancéreuse.

Des études contre placebo chez l’être humain sont donc absolument nécessaires pour pouvoir confirmer les effets de ces remèdes.

Allégations commerciales et légalité

Les plantes et fragments d'ARN, utilisés dans le traitement Beljanski, ont tous démontré leur efficacité in vitro et in vivo, mais aucune étude contre placebo n’a démontré leur efficacité chez l’être humain.

Les remèdes n’excluent pas les thérapies anti-cancer classiques, que sont les chimiothérapies et radiothérapies mais peuvent les compléter. Ils sont présentés comme complémentaires des pratiques médicales et paramédicales.

Les études scientifiques sur les différentes plantes et fragments confirment en général une synergie des remèdes en tant que co-adjuvant des chimiothérapies et radiothérapies.

Les traitement se veulent préventifs face aux risques de rechute, cependant aucune étude n’a été menée pouvant confirmer cette allégation.

Aucune toxicité ou effets secondaires indésirables graves liés à l’utilisation du Rauwolfia vomitoria (ne comportant pas de réserpine), du Pao pereira ou des fragments d'ARN n’ont été relevés ce jour. Le ginkgo biloba pourrait avoir un effet carcinogène pour le foie chez le rat.

Il n’existe aucune interdiction de commercialisation. Seule l’Agence Fédérale des Médicaments et des Produits de Santé de la Belgique a émis une mise en garde contre les alcaloïdes pyrrolizidiniques contenus dans le Pao pereira.

Les remèdes sont présentés comme une solution pour les cancers qui ne répondent plus aux chimiothérapies. Là aussi, il n’existe pas d’études menées sur les êtres humains et ce ne sont que des suppositions.

Remèdes : mode d'action, protocoles et efficacité

Le traitement Beljanski contient des extraits de trois plantes, le Pao pereira, le
Rauwolfia vomitoria, le Ginkgo biloba, et des fragments d'ARN issus de la bactérie Escherichia coli K12.

Chaque remède possède des principes actifs distincts, cependant les trois plantes ont des points communs. Elles sont toutes trois des remèdes utilisés par les médecines traditionnelles pour traiter différents maux.

Le ginkgo biloba, le Pao pereira et le Rauwolfia vomitoria possèdent tous des propriétés anti-inflammatoires et les deux derniers sont des antiparasitaires avérés.

Ces plantes peuvent augmenter la destruction spontanée des cellules cancéreuses (apoptose), tout en préservant les cellules saines.

Traitement conseillé

En général, en termes de protocole indicatif, la personne atteinte par un cancer prendra en moyenne 1 gélules par jour de Pao et/ou de Rovol par tranche de poids de 10kg. Il est recommandé d’utiliser le Rovol V et le Pao V simultanément.

Cette recommandation est due au fait que des études in vitro et sur des souris ont montré que le Pao pereira conduit à l’apoptose 14, alors que le Rauwolfia vomitoria intervient dans l’arrêt du cycle de duplication de la cellule cancéreuse 15. Ces plantes agiraient donc en synergie, cependant aucune étude n’a été réalisée sur leur utilisation concomitante.

Ces traitements sont conseillés en complément des traitements anti-cancéreux classiques que sont la chimiothérapie et la radiothérapie.

Une révision de l’hygiène alimentaire est demandée en parallèle des traitements.

Le traitement Beljanski est à prendre en permanence pendant la maladie et il est recommandé en rémission de faire 2 à 3 cures par an, en fonction de la toxicité de l’environnement, des antécédents médicaux, de l’intensité du stress, de la fragilité immunitaire des personnes.

La fondation offre un service de consultation téléphonique afin d’aider ses clients.

Autres produits

D’autres produits sont proposés par Natural source :

  • Prostabel, destiné plus particulièrement aux cancers de la prostate.
  • Signature Chelate, un dépuratif composé de glutathion, de Chlorella, de Chitosan, de Shilajit et d’un extrait de coriandre.
  • Puri perfect, un régulateur digestif stimulant du système immunitaire composé de Juglans nigra, de poudre de coquillage, d’origan, de Citrus paradisi, de thym, d’olive, d’ail, et de cumin noir.
  • Lovaliver, un protecteur du foie composé de sélénium, de
    N-acétylcystéine, d’acide alpha-lipoïque, d’extrait de Chardon-Marie, de L-cystéine et de L-Taurine.
  • Colonet, qui vise a aider les intestins, est composé de magnésium, de fenouil, de rhubarbe, de L-Glutamine, d’extrait de brocoli, d’extrait de Triphala, de guimauve, de curcuma, de lin, de gingembre, de chlorella, d’ashwagandha, de betterave, de bardane, de pissenlit, d’artichaut, de trèfle rouge et de cannelle.

OnkoTea®, trois mélanges de plante à infuser, qui contiennent tous les thés verts Gunpowder et Dragonwell et Ceylan associés à d’autres plantes :

  • OnkoTea® Serenity : gingembre Bio, citronnelle Bio, Tulsi Bio, arôme Naturel de Citron, Bi Luo Chun Bio
  • OnkoTea® Radiance : rooibos Rouge Bio, Tulsi Bio, arôme Naturel de Mangue et de Pêche, Bi Luo Chun Bio
  • OnkoTea® Wellness : citronnelle Bio, Rooibos Vert Bio, zeste de Citron Bio, Bi Luo Chun Bio

Mais aussi des vitamines, minéraux et omégas-3 sous différentes formulations, ainsi qu’un régulateur de l’appétit et une gamme de produits pour la peau.

Où trouver les remèdes ?

Les remèdes et traitement Beljanski sont disponibles sur les sites :

Informations complémentaires

Vous pouvez en apprendre davantage à ce sujet :

Questions fréquentes

Qu'est-ce que le traitement Beljanski ?

Le traitement beljanski se caractérise par un ensemble de remèdes, qui permettrait de lutter contre le cancer, en complément des thérapies conventionnelles.

Quelle efficacité ?

Les remèdes, utilisés dans le traitement Beljanski, ont démontré leur efficacité in vitro et in vivo, mais aucune étude contre placebo n’a démontré leur efficacité chez l’être humain.

Quelles sont les autres recommandations ?

L'hygiène alimentaire doit être modifiée, en parallèle des remèdes.


Marianne Buclet
Marianne Buclet, Auteur

Naturopathe et professeure de yoga