Acérola : bienfaits et danger

-

Rapportée d’Amazonie par les conquistadors, l’acérola a conquis le monde moderne avec son goût acidulé et ses propriétés thérapeutiques. Généralement utilisée en raison de son taux élevé de vitamine C, la petite cerise des Antilles possède de nombreux autres bienfaits sur l’organisme. Découverte de ce complément alimentaire hors norme.

Présentation

L'acérola est une petite cerise rouge riche en vitamine C, aux nombreux bienfaits.

C’est à l’époque de la conquête de l’Amérique que l’acérola a, pour la première fois, franchi une frontière européenne. Abondamment utilisée par les indigènes, la cerise a rapidement attiré l’attention des scientifiques par sa richesse, notamment, en vitamine C. Aujourd’hui, c’est un complément alimentaire très apprécié et efficace. Plongée au cœur de la cerise des Barbades.

Historique

L’acérola est un fruit comestible. Il provient d’un arbuste sauvage d’Amazonie. Il a très longtemps été consommé par les Indiens pour lutter contre des troubles tels que les diarrhées, la dysenterie ou encore les désordres hépatiques.

Au cours du 16e siècle, les conquistadors ont découvert les vertus de ce petit fruit. S’il est difficile, aujourd’hui, de comprendre l’origine de son nom, il date cependant du 18e siècle.

Dès sa découverte, l’acérola a été utilisée abondamment par les marins. Sa richesse en vitamine C les aidait à lutter contre l’apparition du scorbut, une maladie grave et potentiellement mortelle. Elle est engendrée par une carence sévère en acide ascorbique.

Ce petit fruit fait l’objet de véritables recherches scientifiques depuis les années 50. C’est à ce moment qu’il a commencé à être utilisé comme complément alimentaire. C’est cependant sa richesse en vitamine C qui fait encore et toujours sa renommée.

Descriptif botanique 

L’acérola est le nom d’un arbuste qui pousse naturellement dans certaines forêts d’Amérique du Sud. On en trouve au Brésil, au Venezuela, au Pérou et dans les Antilles. Cet arbuste au feuillage persistant mesure 2 à 5 mètres de haut. Ses fruits, nommés acérola dans nos régions, sont également appelés « cerises des Barbades » ou « cerise des Antilles ».

Le fruit de l’acérola a une apparence similaire aux cerises présentent dans les régions tempérées. Rouge écarlate, il contient trois noyaux. Il apparait rapidement après l’épanouissement des fleurs. L’acérola bénéficie de trois récoltes par an.

Composition et principes actifs

C’est le fruit de l’acérola qui constitue la partie utilisée en nutrition et en phytothérapie.

L’acérola est riche dans de nombreux minéraux, vitamines et composés nutritionnels :

  • Vitamine C ;
  • Magnésium ;
  • Potassium ;
  • Vitamines B (thiamine, riboflavine, niacine, acide pantothénique) ;
  • Phosphore ;
  • Bêta-carotène ;
  • Polyphénols.

Propriétés de l’acérola

En raison de sa composition et de ses principes actifs, la cerise des Antilles comporte de nombreuses propriétés pour la santé :

  • Tonifiante, pour lutter notamment contre la fatigue ;
  • Stimulante, pour optimiser le système immunitaire ;
  • Antioxydante, pour réduire le vieillissement cellulaire ;
  • Revitalisante, pour favoriser un développement harmonieux.

Acérola Vs acide ascorbique 

L’acérola comporte un taux relativement élevé de vitamine C. C’est pour cela qu’elle est généralement consommée afin de consolider le taux de vitamine C du corps. Cette vitamine C est intégralement naturelle et ne comporte dès lors que des bénéfices. Sa biodisponibilité est très élevée.

La vitamine C synthétique, généralement désignée par acide ascorbique sur les emballages des compléments alimentaires, est moins bien absorbée par l’organisme. Par ailleurs, elle est souvent excitante et comporte quelques effets secondaires notamment sur le transit intestinal.

Vertus

L’acérola a de nombreux bienfaits qui sont, pour la grande majorité, engendrés par son taux élevé en vitamine C. De nombreuses études ont été entreprises, depuis les années 50, afin de consolider les observations épidémiologiques. Les résultats prouvent l’efficacité de ce complément alimentaire pour de nombreuses pathologies.

Prévenir les infections

En raison de son taux élevé en vitamine C, l’acérola est très souvent utilisée l’hiver pour prévenir les infections liées au refroidissement.1

Des études ont démontré que l’utilisation de vitamine C en prévention permettait de réduire le risque de contracter un rhume après une exposition au froid.

De même, des études ont établi que la vitamine C, en cure préventive, pouvait réduire l’apparition et l’intensité de la pneumonie2.

Réduire les inflammations

Une étude originale, réalisée en 2003, a démontré, in vitro, que l’acérola pouvait diminuer l’inflammation sur des macrophages3. Aucune étude n’a cependant encore été menée en contexte réel.

Favoriser l’absorption du fer (et réduire l’anémie)

La vitamine C fait partie des facteurs qui stimulent l’absorption du fer. Par conséquent, elle permet de prévenir ou de résoudre les problèmes d’anémie.

Une étude a démontré que la vitamine C combinée à une prise quotidienne de fer en augmente l’absorption, tant chez l’adulte4 que chez l’enfant. Les résultats chiffrés permettent d’ailleurs de spéculer sur un doublement de l’absorption réelle de fer en présence de vitamine C5 6.

Corriger l’hypercholestérolémie

Une étude réalisée sur des cellules a démontré que l’acérola peut diminuer l’oxydation du mauvais cholestérol7. Cet effet est encore plus intense lorsque l’acérola est combinée à des extraits d’alfalfa et de soja. L’effet protecteur observé serait dû, pour le moins en partie, à sa forte teneur en vitamine C.

Lutter contre les pathogènes

En 1993, une équipe du Guatemala a démontré que l’acérola avait une efficacité réelle pour combattre certains types de champignons pathogènes8. En 2004, c’est une activité antibactérienne qui a été rapportée par des chercheurs japonais. La cerise des Antilles serait notamment efficace contre le Staphylococcus epidermis9.

Limiter les crises de goutte

L’effet potentiel de l’acérola sur les crises de goutte est sans doute celui qui divise le plus la communauté scientifique. En effet, des études réalisées à partir de la vitamine C laissent penser que celle-ci pourrait réduire et prévenir l’arrivée de crises de goutte10.

Cependant, d’autres scientifiques semblent penser que l’acérola n’est pas adaptée aux personnes qui souffrent de goutte, car elle peut augmenter les taux d’acide urique et par conséquent provoquer les crises.

Prévenir le cancer

Les propriétés anticancéreuses de la cerise des Antilles ont été démontrées une première fois en 2002 sur un modèle de souris. En 2004, une autre étude démontre également que l’acérola présente une action toxique sur les cellules tumorales11. Cela suggère que le fruit pourrait bel et bien avoir des propriétés anticancéreuses. Cependant, des études supplémentaires doivent être menées afin de vérifier la réalité de ces propriétés.

Soigner le scorbut

Durant très longtemps, les marins ont utilisé le jus d’acérola afin de lutter contre l’apparition du scorbut. En effet, cette maladie est liée à une carence sévère en vitamine C. L’acérola, particulièrement riche dans ce nutriment, peut donc avoir une action tant préventive que curative sur cette pathologie, à la finalité parfois létale.

Réduire les risques cardio-vasculaires

L’utilité de la vitamine C sur la prévention des risques cardio-vasculaires a fait l’objet de nombreuses études épidémiologiques. Cependant, les résultats obtenus sont contradictoires. La communauté scientifique est donc particulièrement partagée sur l’utilité de recommander la vitamine C pour prévenir l’apparition de maladies cardio-vasculaires.

La vitamine C d’origine alimentaire (forme qu’elle possède dans l’acérola) est associée à une réduction des risques de maladies cardio-vasculaires12.

Cependant, cette protection semble disparaître lorsque la vitamine C est apportée sous forme chimique13 14. Par conséquent, il est raisonnable de penser que l’acérola peut être effectivement associée à cette réduction de risques de maladies cardio-vasculaires.

Les différentes formes

Poudre, gélules et comprimés

En complément alimentaire, l'acérola est disponible sous forme de gélules, de comprimés ou en poudre.

De l'acérola bio?

L’acérola est un fruit comestible, qui peut être issu de cultures biologiques. Il peut donc être certifié bio.

Posologie de l'acérola

Le dosage de l’acérola est bien souvent rapporté à sa teneur effective en vitamine C.

Dosage

De manière générale, il est recommandé de prendre 500 mg à 1 g d’acérola par jour. Cela correspond à 112,5 % des apports journaliers recommandés en vitamine C pour 500 mg et 225 % des apports journaliers recommandés en vitamine C pour 1 g.

Utilisation

En principe, la vitamine C de la cerise des Antilles étant naturelle, elle ne provoque pas de troubles du sommeil. Cependant, par mesure de précaution, chez les personnes sensibles, il est recommandé de prendre ce genre de complément le matin ou le midi.

Précautions d'usage

L’acérola est un complément alimentaire naturel. Par conséquent, les précautions d’emploi sont relativement peu nombreuses. En effet, l’acérola est un complément particulièrement sécuritaire.

Précautions d’emploi

Il n’existe aucune précaution spécifique à des doses thérapeutiques normales.

Effets secondaires

Aucune étude clinique n’a, à ce jour, rapporté d’effets indésirables liés à la prise d’acérola. Cependant, d’un point de vue tout à fait théorique, la vitamine C contenue dans le complément peut engendrer des effets secondaires mineurs tels que :

  • Diarrhée ;
  • Douleurs abdominales ;
  • Nausées.

Contre-indications

L’acérola peut favoriser l’apparition de calculs rénaux. Il est donc déconseillé aux personnes présentant des infections rénales susceptibles d’engendrer des calculs rénaux.

Certaines études suggérant que l’acérola est en capacité d’augmenter le taux d’acide urique, le fruit est contre-indiqué aux personnes qui souffrent de la goutte.

Interactions avec d’autres substances

En raison de sa teneur importante en vitamine C, la cerise des Antilles est incompatible avec certains types de médicaments :

  • Antiplaquettaires ;
  • Anticoagulants15 ;
  • Oestrogènes16 ;
  • Fluphénazine.

Le fruit a cependant des interactions positives avec certains autres produits de phytothérapie. Les associations de phytothérapie les plus communes sont avec :

  • La spiruline ;
  • Le ginseng ;
  • Le saule ;
  • Le pélargonium ;
  • L’alfalfa.

Informations complémentaires

Vous pouvez en apprendre davantage sur l'acérola :

Questions fréquentes

Qu'est-ce que l'acérola?

L'acérola est un fruit comestible, originaire d'Amérique du Sud. Très riche en vitamine C, il présente de nombreuses vertus médicinales.

Pourquoi en prendre?

- Prévention des infections - Activité antimicrobienne
- Traitement du scorbut
- Réduction des inflammations
- Facilite l'absorption du fer
- Régulation du cholestérol
- Participe à la lutte contre le cancer
- Diminution des risques cardiovasculaires

Quelles sont les mises en garde?

La consommation d'acérola est contre-indiquée pour les personnes présentant des infections rénales : l'acérola peut provoquer l’apparition de calculs rénaux.


  • 1Heimer KA, Hart AM, et al. Examining the evidence for the use of vitamin C in the prophylaxis and treatment of the common cold. J Am Acad Nurse Pract. 2009 May;21(5):295-300.🔗 http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/19432914
  • 2Hemilä H, Louhiala P. Vitamin C for preventing and treating pneumonia. Cochrane Database Syst Rev. 2013;8:CD005532.🔗 http://www.ncbi.nlm.nih.gov/entrez/query.fcgi?cmd=Retrieve&db=PubMed&list_uids=23925826&dopt=Abstract
  • 3Wakabayashi, H., Fukushima, H., Yamada, T., Kawase, M., Shirataki, Y., Satoh, K., Tobe, T., Hashimoto, K., Kurihara, T., Motohashi, N., and Sakagami, H. Inhibition of LPS-stimulated NO production in mouse macrophage-like cells by Barbados cherry, a fruit of Malpighia emarginata DC. Anticancer Res. 2003;23(4):3237-3241.
  • 4Levine M, Rumsey SC, Daruwala R, et al. Criteria and recommendations for vitamin C intake. JAMA 1999;281:1415-23.🔗 http://www.ncbi.nlm.nih.gov/entrez/query.fcgi?cmd=Retrieve&db=PubMed&list_uids=10217058&dopt=Abstract
  • 5Davidsson, L., Walczyk, T., Morris, A., and Hurrell, R. F. Influence of ascorbic acid on iron absorption from an iron-fortified, chocolate-flavored milk drink in Jamaican children. Am.J Clin.Nutr. 1998;67(5):873-877.🔗 http://www.ncbi.nlm.nih.gov/entrez/query.fcgi?cmd=Retrieve&db=PubMed&list_uids=9583844&dopt=Abstract
  • 6Davidsson, L., Walczyk, T., Zavaleta, N., and Hurrell, R. Improving iron absorption from a Peruvian school breakfast meal by adding ascorbic acid or Na2EDTA. Am.J.Clin.Nutr. 2001;73(2):283-287.🔗 http://www.ncbi.nlm.nih.gov/entrez/query.fcgi?cmd=Retrieve&db=PubMed&list_uids=11157325&dopt=Abstract
  • 7Hwang, J., Hodis, H. N., and Sevanian, A. Soy and alfalfa phytoestrogen extracts become potent low-density lipoprotein antioxidants in the presence of acerola cherry extract. J.Agric.Food Chem. 2001;49(1):308-314.
  • 8Caceres, A., Lopez, B., Juarez, X., del Aguila, J., and Garcia, S. Plants used in Guatemala for the treatment of dermatophytic infections. 2. Evaluation of antifungal activity of seven American plants. J Ethnopharmacol. 1993;40(3):207-213.
  • 9Motohashi, N., Wakabayashi, H., Kurihara, T., Fukushima, H., Yamada, T., Kawase, M., Sohara, Y., Tani, S., Shirataki, Y., Sakagami, H., Satoh, K., Nakashima, H., Molnar, A., Spengler, G., Gyemant, N., Ugocsai, K., and Molnar, J. Biological activity of barbados cherry (acerola fruits, fruit of Malpighia emarginata DC) extracts and fractions. Phytother.Res. 2004;18(3):212-223.
  • 10Choi HK, Gao X, et al. Vitamin C intake and the risk of gout in men: a prospective study. Arch Intern Med. 2009 Mar 9;169(5):502-7.🔗 http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/19273781
  • 11Motohashi, N., Wakabayashi, H., Kurihara, T., Fukushima, H., Yamada, T., Kawase, M., Sohara, Y., Tani, S., Shirataki, Y., Sakagami, H., Satoh, K., Nakashima, H., Molnar, A., Spengler, G., Gyemant, N., Ugocsai, K., and Molnar, J. Biological activity of barbados cherry (acerola fruits, fruit of Malpighia emarginata DC) extracts and fractions. Phytother.Res. 2004;18(3):212-223.
  • 12Mente A, de Koning L, et al. A systematic review of the evidence supporting a causal link between dietary factors and coronary heart disease. Arch Intern Med. 2009 Apr 13;169(7):659-69.🔗 http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/19364995
  • 13Ye Z, Song H. Antioxidant vitamins intake and the risk of coronary heart disease: meta-analysis of cohort studies. Eur J Cardiovasc Prev Rehabil. 2008 Feb;15(1):26-34.🔗 http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/18277182
  • 14Shekelle P, Morton S, et al. Effect of supplemental antioxidants vitamin C, vitamin E, and coenzyme Q10 for the prevention and treatment of cardiovascular disease. Evid Rep Technol Assess (Summ). 2003 Jun;(83):1-3🔗 http://www.ncbi.nlm.nih.gov/entrez/query.fcgi?cmd=Retrieve&db=pubmed&dopt=Abstract&list_uids=15040141&query_hl=26&itool=pubmed_docsum
  • 15Rosenthal G. Interaction of ascorbic acid and warfarin [letter]. JAMA 1971;215:1671.
  • 16Back, D. J., Breckenridge, A. M., MacIver, M., Orme, M. L., Purba, H., and Rowe, P. H. Interaction of ethinyloestradiol with ascorbic acid in man. Br Med J (Clin Res Ed) 5-9-1981;282(6275):1516.
Caroline Thomas
Caroline Thomas, Auteur

Rédactrice spécialisée en nutrition, bien-être et santé naturelle. Naturopathe certifiée et spécialiste en techniques de santé naturelle. Formation de coaching en nutrition et bien-être en cours de validation.