Schizophrénie : causes et traitement naturel

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Maladie psychiatrique appartenant aux troubles psychotiques, elle peut être traitée par des traitements médicamenteux. Des complémentations nutritionnelles, ainsi qu'une alimentation saine, peuvent également améliorer les symptômes de la maladie. Quels sont les symptômes et causes de ce trouble psychique ? Quel traitement naturel privilégier, en cas de schizophrénie ?

Définition

Caractéristiques

Personne souffrant de schizophrénie : traitement naturel et causes.

La schizophrénie est une maladie psychiatrique, appartenant aux troubles psychotiques. Elle apparaît généralement entre l’âge de 15 et 30 ans. Les psychoses sont des troubles psychiques caractérisés par une perte de contact avec la réalité. La personne qui en souffre n’en a généralement pas conscience, plus particulièrement pendant les périodes aigües (symptômes dits "positifs" ou "excédentaires").

Les symptômes en période de crise sont les hallucinations et la modification du processus de pensée (délires). La personne peut alors voir, entendre ou sentir des objets et entités absents. Elle peut avoir l’impression de ne plus avoir le contrôle d’elle-même, de sa pensée et avoir l’impression d’être contrôlée par une force extérieure. Au contraire, elle peut penser qu’elle peut contrôler les éléments extérieurs, et avoir un sentiment de persécution ou une mégalomanie.

Hors des périodes de crises, le fonctionnement cognitif et social est altéré, à la fois dans la capacité de régulation émotionnelle, et dans la capacité à planifier des actions. La volonté et l’émotivité sont réduites, ce qui peut ressembler à une dépression grave.

Il existe également des symptômes dissociatifs moins aigus que les hallucinations et délires. La cohérence et la logique de la pensée et du discours sont alors perturbées, ce qui peut être très handicapant pour la concentration et la mémorisation nécessaires aux tâches quotidiennes. Les émotions et les comportements corporels peuvent également se modifier et ainsi nuire au bon déroulement de toutes sortes d'activités.

Les symptômes peuvent être très variés d’une personne à l’autre, c’est une maladie complexe. Ainsi la schizophrénie peut être un trouble hébéphrénique, paranoïde, schizoaffectif ou catatonique.

Elle débute avec un premier épisode psychotique, qui survient généralement à l’adolescence, et n’est souvent pas identifié. Son évolution fluctue avec différentes phases, chroniques et aigües et elle peut se stabiliser selon les caractéristiques de la maladie et la rapidité de sa prise en charge.

Ce trouble mental est dangereux avant tout pour la personne concernée. Les patients schizophréniques dangereux pour la société sont une minorité. Il est démontré que la consommation de drogues pousse à la criminalité chez les schizophrènes, dans les mêmes proportions que dans la population générale.

L’agressivité lors d’une crise est le plus souvent tournée vers le patient lui-même. La moitié des patients souffrant de cette maladie font au moins une tentative de suicide au cours de leur vie. Entre 10 et 20% en meurent (dont 5 % par suicide 1), particulièrement dans les premières années.

Les troubles psychotiques peuvent également toucher des personnes ayant d’autres troubles mentaux (bipolarité, dépression..).

Ils peuvent aussi survenir de façon transitoire chez certaines personnes en bonne santé, qui guérissent pendant une période allant de quelques jours à quelques mois. On appelle cela alors un trouble psychotique transitoire, il a lieu le plus souvent à la suite d’un facteur de stress important, un choc émotionnel.

Épidémiologie

0,7 à 1% de la population mondiale serait atteinte de schizophrénie, dont environ 600 000 personnes en France. Les femmes et les hommes sont concernés, mais elle apparaitrait cependant sous des formes plus précoces et invalidantes chez les hommes.

Elle semble aussi plus fréquente chez les personnes vivant en milieu urbain et celles ayant un parcours d’immigration. Ce qui s'expliquerait par des facteurs de stress plus importants. Le patrimoine génétique a une importance capitale dans son apparition.

Les stress intenses ou chroniques, les atteintes infectieuses et l’exposition à certaines substances, particulièrement durant l'enfance et l'adolescence, sont des facteurs qui pourraient favoriser les troubles mentaux.

La maladie se révèle généralement au cours de l’adolescence, entre 15 et 25 ans, mais elle débute le plus souvent plus tôt, sous une forme atténuée.

L'adolescence est une phase d’évolution du cerveau, au cours de laquelle les neurones et les différentes régions cérébrales se réorganisent en même temps que l’équilibre hormonal change. Cette période constitue une période importante pour le bon fonctionnement cérébral futur. La perturbation des modifications du cerveau pendant cette période peut avoir des conséquences délétères. C'est pourquoi la consommation de cannabis durant l'adolescence augmente par deux le risque de survenue de troubles psychotiques.

La majorité des maladies psychiatriques se développent avant l’âge de 25 ans, en raison de la plasticité du cerveau. Pour les même raisons, durant cette période, une intervention thérapeutique adaptée est particulièrement efficace.

L'espérance de vie des personnes touchées par ce trouble mental est inférieure de 12 à 15 ans à l'espérance de vie moyenne. Cela peut s'expliquer par un risque plus élevé de problèmes de santé liés à la fois à la pathologie et à ses traitements, qui comportent de nombreux effets secondaires indésirables et délétères.

Pour traiter la schizophrénie, en plus des médicaments, il est possible d'envisager un traitement naturel adapté.

Traitements médicamenteux

Elle est couramment traitée par des médicaments antipsychotiques, appelés aussi neuroleptiques. Ces médicaments psychotropes sont utilisés pour leur efficacité contre l’agitation, le délire et la désorganisation de la pensée.

Les neuroleptiques sont pris en continu et préviennent les phases aiguës ou diminuent l'intensité des symptômes lorsqu’ils ont lieu. Ces médicaments sont par ailleurs moins efficaces sur les symptômes négatifs (ou dépressifs), l’inaction et l’apathie.

La prise en charge actuelle comporte une psychothérapie et un soutien éducatif, afin de permettre à la personne d'avoir une vie sociale.

Lorsque l'individu présente un risque pour lui-même ou pour les autres, une hospitalisation sans consentement peut être demandée par le médecin.

Symptômes

Ils sont nombreux et complexes, avec un diagnostic difficile à établir.

Il est aujourd'hui convenu de distinguer les symptômes dits "positifs ou excédentaires" (hallucination, délire, agitation), de ceux dits "négatifs ou déficitaires" (apathie, anhédonie, etc.) Les symptômes excédentaires sont communs à de nombreux troubles psychotiques.

Les formes déficitaires affectent particulièrement la qualité de vie des personnes souffrant de schizophrénie, alors que les symptômes positifs semblent plus difficiles à vivre pour leur entourage.

Positifs ou excédentaires

Les symptômes excédentaires s'ajoutent à l'expérience de la réalité et aux comportements habituels. Ils sont ajoutés au fonctionnement normal de l'individu, ils sont "en plus", d'où le terme « positif ».

Ils répondent généralement bien aux traitements antipsychotiques.

  • Hallucinations pouvant impliquer l'ensemble ou une partie des sens : les plus courantes sont des hallucinations auditives.
  • Accès de délire : erreurs de jugement logique comme la paranoïa, la mégalomanie, la toute puissance, auxquelles les hallucinations sont souvent reliées.
  • Déréalisation : impression d'étrangeté du monde, qui paraît irréel, flou, qui manque de sens.
  • Dépersonnalisation : impression d'étrangeté face à soi-même.

Négatifs ou déficitaires

Les symptômes négatifs, ou déficitaires, reflètent une modification des fonctions cognitives normales (mémoire, concentration, pauvreté du langage, émotions, plaisir), du comportement moteur (aboulie, amimie, apragmatisme), qui paraissent proches des graves dépressions et altèrent fortement la vie sociale.

Les symptômes déficitaires sont beaucoup plus résistants aux traitements médicamenteux actuels que les symptômes excédentaires, ils peuvent aussi être aggravés par les effets secondaires de ces mêmes traitements. Les supplémentations et modifications du régime alimentaire peuvent avoir un impact particulièrement intéressant.

  • Asthénie : perte d'énergie, grande fatigue.
  • Anhédonie : incapacité à éprouver du plaisir, psychique et physique, dans tout type d’activité.
  • Alogie : difficultés de communication liées aux symptômes de désorganisation.
  • Aboulie : perte de la volonté, de la motivation.
  • Apathie : incapacité à réagir psychiquement et physiquement, expressions émotionnelles réduites, manque de réactivité, inexpression.
  • Apragmatisme : incapacité à entreprendre des actions. 
  • Incurie : incapacité à s'occuper de soi. 
  • Désintérêt : la perte d’énergie et l’incapacité à éprouver du plaisir amènent souvent à un désintérêt général.
  • Le retrait social : isolement par désintérêt pour le monde extérieur. La vie psychique de la personne est tournée vers ses propres pensées et sensations intérieures, et elle ne parvient plus à s’adapter à son environnement.
  • Ambivalence : contradiction affective, aimer et détester à la fois.

Désorganisation

Les symptômes de désorganisation sont des troubles cognitifs, qui peuvent apparaitre chez une même personne. Ils peuvent être attenants à la maladie elle-même mais aussi pour certains faire partie des effets secondaires des neuroleptiques.

En cas de schizophrénie, les supplémentations, traitement naturel et modifications du régime alimentaire peuvent avoir un impact particulièrement intéressant, pour améliorer un certain nombre de ces symptômes.

  • Perte du cours de la pensée ou des idées : des phrases ou mots incohérents apparaissent (schizophasie).
  • Perte de concentration : au niveau du raisonnement ou de la conversation, une difficulté à diriger ses pensées vers un but.
  • Suggestibilité et pensée tangentielle : fuite de la conversation ou de la réponse à une question posée.
  • Comportement désorganisé : incapacité à prendre des décisions et des initiatives appropriées à la situation.
  • Agissements sans cause réelle : action tournée vers un but imaginaire.
  • Manque de fluidité et de flexibilité dans la pensée : discours et comportements répétitifs et rigides.
  • Difficulté à fournir une pensée abstraite : interprétation des concepts abstraits de façon erronée ou selon des critères personnels.
  • Syndrome d'automatisme mental : la personne est persuadée que quelqu'un ou quelque chose s'est emparé de sa conscience ou guide ses actes.
  • Graves difficultés pour aborder de nouveaux sujets de conversation ou adopter de nouveaux comportements.

Autres symptômes

D’autres symptômes psychiques et corporels sont souvent associés à la schizophrénie et aux troubles psychotiques en général.

Psychiques :

  • troubles anxieux / de l'humeur ;
  • pulsions suicidaires ;
  • abus de substances et dépendance.

Physiques :

  • Bufoténine (substance hallucinogène) dans le cerveau, le plasma sanguin et l'urine.
  • Dysfonctionnement du système immunitaire.
  • Inflammation de bas grade (chronique).
  • Un vieillissement prématuré chez certains patients (stress oxydatif élevé).
  • Dysfonctionnement mytochondrial.
  • Troubles digestifs importants 2.

Causes

Les causes de la survenue des troubles psychotiques ne sont pas encore précisément connues. Il semble que de nombreux facteurs soient en cause. Ces facteurs sont à la fois organiques et psychologiques, les deux étant intrinsèquement liés et s’influencent réciproquement.

Les causes génétiques et environnementales sont donc intimement liées dans le développement des troubles psychiques. Ainsi la prédisposition génétique est le plus souvent nécessaire à la survenue de ce type de troubles. Les facteurs environnementaux pourront être des facteurs déclencheurs. Ils peuvent aussi précipiter les crises.

  • Génétique : dans les facteurs héréditaires, plusieurs gènes seraient en cause. Ils sont impliqués dans le fonctionnement mitochondrial, le système immunitaire et le système nerveux. La vulnérabilité génétique, face à la maladie, est le facteur le plus connu causant sa survenue. La vulnérabilité génétique n’est pas le seul facteur déclenchant. Il est difficile de séparer les effets de la génétique de ceux de l'environnement. Ainsi, chez des jumeaux monozygotes, si l'un est atteint de ce trouble mental, le risque pour le second de le développer est de 40%.
  • Epigénétique : l’épigénétique est la capacité des gênes à être activés ou inhibés par des facteurs environnementaux. Le stress serait un facteur d’activation des gènes associés à ce trouble mental. Le stress impliquerait une dérégulation de la réponse inflammatoire et du stress oxydatif.
  • L’âge du père : à la naissance de l'enfant, le risque de survenue de schizophrénie augmente, si le père est âgé 3.
  • Déséquilibre du microbiote : les problèmes digestifs sont associés à des troubles psychologiques et psychotiques. L’équilibre du microbiote a été mis en cause dans la survenue de cette maladie psychiatrique 4 . L'équilibre du microbiote est influencé par le stress. Par ailleurs, il est garant de l’équilibre du système immunitaire. Un déséquilibre du système immunitaire peut entraîner la survenue de pathologies inflammatoires.
  • Les infections : certaines infections (herpès, influenza, protozoaire) pourraient entraîner la modification d’un fragment d’ADN (HERV-W), qui est impliqué dans son développement.
  • Le stress : que ce soit un stress quotidien ou traumatique, il peut de manière plus ou moins importante altérer différents mécanismes biologiques tels que l’équilibre du microbiote, du système immunitaire, de la neurogenèse… Ce qui expliquerait l’incidence plus élevée de la maladie en milieu urbain ou parmi les sujets ayant eu un parcours de migration, notamment au cours de l’enfance et de l’adolescence. Le stress peut jouer un rôle à la fois dans la vulnérabilité à la maladie, dans son déclenchement et dans les rechutes.
  • La consommation de substances psychogènes et particulièrement de cannabis : le delta-9-tétrahydrocannabinol (THC) perturberait la maturation cérébrale. Ainsi, la consommation de cannabis doublerait le risque de survenue de cette maladie à l’adolescence, mais avec une grande hétérogénéité en fonction des individus. Cela dépendrait de la dose, de la teneur du produit en THC, de la durée d’utilisation et de l’âge d’exposition. Les personnes les plus sensibles aux effets psychotiques du cannabis présentent des variants génétiques particuliers 5. La préexistence de troubles psychiatriques dans la famille devrait être un facteur de mise en garde supplémentaire pour les adolescents.
  • Stress prénataux :
    • La malnutrition sévère (famine, alcoolisme) et/ ou un stress psychologique important (deuil, détresse, grossesse non désirée)6 7 survenant au second trimestre de la grossesse.
    • Les réactions inflammatoires du système immunitaire fœtal.
    • Virus susceptibles d’interférer dans le développement cérébral du fœtus 8.
    • L’incompatibilité Rhésus pourrait multiplier le risque par trois 9.
    • De nombreux stress obstétricaux sont aussi mis en cause.
  • Toxoplasmose : la toxoplasmose est davantage présente chez les personnes atteintes de ce trouble mental que chez le reste de la population 10. Celle ci pourrait être un facteur aggravant des symptômes à travers l’inflammation qu’elle induit. Ainsi, il est estimé que 20 % des cas de cette maladie pourraient être évités par l’éradication du parasite 11.

En plus d'un traitement médicamenteux et naturel adapté, l'hygiène de vie doit être également modifiée, en cas de schizophrénie.

Hygiène de vie

Hygiène émotionnelle

Un entourage familial fonctionnel pour les enfants génétiquement à risque diminue le risque de survenue de la maladie, alors qu’une famille aux comportements dysfonctionnels semble augmenter le risque de survenue 12 13‌‌. Une famille émotionnellement fonctionnelle permet à contrario de diminuer le risque de rechute 14 15.

  • Famille fonctionnelle : les parents établissent et maintiennent une complicité avec leurs enfants et adolescents.
  • Famille dysfonctionnelle : les parents ont une attitude affective négative, critique, intrusive et culpabilisante, il y a des débordements émotionnels.

Bien-être

En cas de schizophrénie, outre un traitement naturel adapté, certaines thérapies alternatives peuvent être mises en place.

Toutes les stratégies visant à apporter calme et bien-être à travers le corps et une pensée positive sont potentiellement bénéfiques pour le malade : les thérapies cognitivo-comportementales, la relaxation corporelle, la marche dans la nature, le contact avec les animaux, les massages…

Certains types de thérapies, comme l’hypnose dissociative, sont à proscrire. Cependant, un thérapeute aguerri en hypnose humaniste, (hypnose consciente et associative), pourra accompagner une personne psychotique.

Pour la méditation, la relaxation, la sophrologie, l'hypnose, et autres types de transes, la dissociation psychique est un risque existant pour les personnes atteintes de troubles psychotiques.

Hygiène de vie

L’inflammation, le stress oxydatif et des dysfonctionnements mitochondriaux sont impliqués dans les maladies psychiques, et particulièrement dans les troubles psychotiques. L’inflammation cérébrale est reliée aux troubles psychiques en général 16. En cas de schizophrénie, une bonne hygiène de vie et un traitement naturel adapté peuvent permettre d’améliorer des symptômes et/ou de diminuer la prise de médicaments.

Les drogues et toxiques en tout genre sont à proscrire. Les déséquilibres cérébraux que les drogues provoquent, ainsi que leur élimination par l’organisme, entraînent une inflammation importante dans le corps et le cerveau.
L’alcool et le tabac sont également à proscrire, mais aussi le café, le thé, le cacao, le maté et le guarana. La caféine et/ou la théophylline qu’ils contiennent diminuent la présence d’adénosine dans le cerveau. L’adénosine protège de l’inflammation. Plus son niveau est élevé, plus le cerveau est protégé.

Alimentation

En plus d'un traitement naturel adapté, une alimentation anti-inflammatoire, riche en fibres et en nutriments est nécessaire pour améliorer l’état de santé des personnes atteintes de schizophrénie. Une alimentation équilibrée est indispensable à l’équilibre du microbiote, qui est un élément central de la santé, physique et psychique.

Cependant, l’amélioration du régime alimentaire ne peut suffire. Certaines personnes peuvent avoir des besoins accrus en éléments nutritifs, du fait de leur pathologie et/ou des traitements médicamenteux.

On privilégiera une alimentation semi-végétarienne ou végétarienne selon les personnes et toujours riche en fibres.

Cela consiste en un apport important en fruits et légumes, avec au minimum 5 portions par jour, des céréales complètes ou semi-complètes, des oléagineux, ainsi qu'un apport important en légumineuses.

Les aliments fermentés ont un impact très positif sur le microbiote, ils permettent sa régulation et la production dans les intestins de nombreux composants qui favorisent l’équilibre psychique.

Il est préférable de supprimer les produits laitiers de vache et de consommer de la viande, provenant d'animaux élevés en plein air, car les produits animaux peuvent être pro-inflammatoires.

Le régime sans gluten a fait ses preuves dans des études sur la schizophrénie. Les patients présentant des anticorps AGA-IgG bénéficieraient particulièrement de l’exclusion du gluten 17.

Consommer le moins possible de sucre permet de prévenir l’inflammation. Vous pouvez aussi remplacer le sucre par du sucre complet non raffiné (miel, sucre de coco/de canne, sirop d'agave ou d'érable).

Au mieux, toutes les boissons sucrées, soda, jus de fruits, doivent être supprimées.

Exercice physique

La pratique d’un exercice physique modéré est très bénéfique pour l’organisme à de nombreux points de vue. Ainsi, marcher une demi-heure par jour au minimum et avoir une activité physique un peu plus intense du type cardio (aérobique, jogging, danse…), 2 à 3 fois par semaine, permet au corps d’accélérer les processus de détoxifications nécessaires à son bon fonctionnement.

La bonne évacuation des toxines cellulaires agit contre l'inflammation, car l'accumulation des toxines et le manque de mouvement des liquides corporels l'empire.

Ainsi, la pratique sportive modérée pourrait apaiser l’inflammation corrélée aux troubles psychiques, en général. 18

Une pratique sportive intensive peut au contraire créer de l'inflammation dans certains cas, il convient d'augmenter l'intensité des exercices de manière douce pour éviter des désagréments.

Un traitement naturel adapté, tout comme une supplémentation, peuvent permettre de traiter la schizophrénie.

Supplémentation

L’accompagnement des troubles psychotiques par une supplémentation, à base de plantes et/ou micronutriments, peut améliorer le bien-être des malades.

Les scientifiques s’accordent aujourd’hui sur le fait que l’association de 40 à 50 nutriments dont 15 vitamines, 10 acides aminés et des acides gras essentiels, sont nécessaires pour une amélioration de l’état des malades souffrant de troubles psychiques 19.

La supplémentation peut permettre, selon les cas, d'améliorer le microbiote, abaisser l’inflammation, réduire le stress oxydatif et améliorer la production d’énergie mitochondriale.

Schizophrénie : quel traitement naturel privilégier ?

Dans le soin des troubles psychiques, et d’autant plus pour les psychoses, une supplémentation à large spectre fait sens. Etant donné la complexité de ce genre de supplémentation, il est préférable de consulter un professionnel de santé spécialisé en micronutrition, comme le sont certains naturopathes et médecins.

Il a été démontré qu’un apport alimentaire «faible» en protéines, en oméga-3, en vitamines B et C nuit aux patients atteints de schizophrénie 20. Il est ainsi recommandé aux personnes souffrant de cette maladie, d’avoir un apport élevé en micronutriments. En effet, toute carence est nocive au bon fonctionnement de l’organisme. Plus l’état inflammatoire est installé, ce qui est le cas chez les personnes soufrant de psychoses, plus il est important de maintenir un apport suffisant en nutriments.

Une supplémentation peut ainsi permettre d'éviter des carences et d'abaisser l'inflammation, ce qui peut améliorer certains symptômes, et parfois diminuer la quantité de médicaments.

Les dysfonctionnements mitochondriaux corrélés à la maladie pourraient expliquer un besoin accru en micronutriments, chez les personnes souffrant de psychoses.

Vitamines

Vitamine B

Le rôle des vitamines B dans les pathologies psychiques est établi. Les vitamines B ont un impact positif, pour aider les personnes souffrant de ce trouble mental 21.

Les vitamines B induisent la production de neurotransmetteurs et participent en ce sens à l’équilibre cérébral.

Des études s’attardent particulièrement sur l’impact positif des vitamines B3 (niacine), B6 (pyridoxine), B9 (acide folique) et B12.

Vitamine C

La vitamine C est un antioxydant puissant, qui peut être un allié pour combattre le stress oxydatif et l’inflammation.

Une supplémentation en vitamine C, traitement naturel, a déjà montré son efficacité, en synergie avec d’autres vitamines et minéraux, dans des études cliniques sur la schizophrénie.

Elle peut être prise à haute dose et est sans danger. Elle peut avoir un impact neuroprotecteur mais aussi contrer les effets secondaires pro-inflammatoires, liés aux médicaments antipsychotiques.

Vitamine E

La vitamine E est un antioxydant, qui a montré un rôle positif dans le traitement des troubles psychiques. Elle permet notamment d'améliorer l’humeur des personnes souffrant de cette pathologie.

Vitamine D

La vitamine D est anti-inflammatoire et antioxydante, un apport suffisant en vitamine D est nécessaire dans le traitement des troubles psychiques. Les carences pouvant être délétères. Un apport suffisant en vitamine D peut permettre d'éviter l'aggravation des processus inflammatoires.

Elle est d'autant plus nécessaire que les carences en vitamine D sont plus fréquentes chez les personnes atteintes de schizophrénie, que dans le reste de la population 22.

Il est possible que des carences de vitamine D durant l’enfance soient reliées à la survenue de troubles psychotiques. Elle est indispensable au bon développement et fonctionnement du système nerveux 23.

Minéraux

Une supplémentation en minéraux peut être également un traitement naturel intéressant, en cas de schizophrénie.

Les minéraux présents dans l’alimentation, tout comme les vitamines, sont nécessaires à l’équilibre cellulaire et à la production des neurotransmetteurs.

Des perturbations des taux sanguins d’oligo-éléments sont fréquemment rencontrées chez les personnes atteintes de ce trouble mental 24.

Si les traitements font souvent augmenter les taux sanguins de certains minéraux, il apparaît une chute des mêmes dosages à long terme. Les mécanismes menant à ces résultats ne semblent pas encore bien compris 25. Des études supplémentaires sont nécessaires.

Cuivre

Des niveaux élevés de cuivre sont fréquemment retrouvés dans le plasma des personnes atteintes de cette maladie, qui consomment généralement des antipsychotiques.

Zinc

Les niveaux de zinc dans le sérum sont en général bas chez les schizophrènes. L’équilibre Cuivre / Zinc pourrait constituer un paramètre, lié au stress oxydatif, chez les personnes atteintes de ce trouble psychotique.

Une étude menée sur 30 patients, atteints de schizophrénie, a montré les résultats positifs d’une supplémentation en sulfate de zinc, durant 6 semaines 26.

Fer

Lors de tests sanguins, il apparait des niveaux inférieurs de fer dans le sérum chez de nombreux patients. Cela ne peut être corrélé directement à la maladie ou à ses traitements. Cependant, on sait que des déficiences en fer ont été repérées chez les personnes ayant un premier épisode psychotique, accompagné de symptômes négatifs 27.

Magnésium

Les traitements antipsychotiques entrainent fréquemment une baisse du taux de magnésium dans le sang. Une supplémentation en magnésium pourrait être bénéfique 28.

Sélénium

Une étude a montré qu’après une supplémentation en sélénium, traitement naturel, des patients atteints de schizophrénie ont connu une amélioration de leur état, dont l'appétit et la mémoire 29.

Manganèse (Mn)

Une exposition excessive en manganèse peut induire des manifestations psychotiques cliniques, notamment des changements d’humeur, une labilité émotionnelle, des hallucinations et un rire incontrôlé, appelées «psychose Mn».

Mais des taux trop bas peuvent aussi induire ces symptômes. Les taux sériques de Mn pourraient être modifiés par des substances psychoactives : ils augmentent avec l'usage du tabac ou de l'alcool et diminuent avec les médicaments antipsychotiques.

Les niveaux de manganèse sont fréquemment bas dans le plasma des personnes sous traitement neuroleptique. Ainsi, une supplémentation peut être bénéfique en cas de carence.

Acides aminés

La perturbation des niveaux d'acides aminés a été liée à la physiopathologie de la schizophrénie dans de nombreuses études récentes. Ils permettent le bon fonctionnement des cellules cérébrales, mais aussi la production de glutathion, un antioxydant important 30.

Une supplémentation en acides aminés peut permettre de moduler la fonction cérébrale 31.

Lysine

La lysine est connue pour son effet sur le stress et l’anxiété. Une supplémentation en L-lysine pendant 4 semaines, à raison de 6 grammes par jour, a permis de diminuer le stress et l'anxiété, chez 8 des 10 patients de l’étude 32.

Tryptophane

Une alimentation n’apportant pas assez de tryptophane peut avoir un effet négatif sur la schizophrénie 33. Cependant, un excès de tryptophane peut entraîner la production d’acide kynurénique, qui est déjà particulièrement élevé chez les personnes prenant un traitement neuroleptique. Cette élévation a potentiellement un impact négatif 34.

Glycine

La dose de 0,8 g/kg de glycine, par jour pendant 6 semaines, a permis d'améliorer les symptômes négatifs de personnes atteintes de ce trouble psychique3536 37.

L-théanine

Une supplémentation en L-théanine, associée à un traitement antipsychotique, peut améliorer les symptômes positifs, d'activation et d'anxiété chez les patients atteints de ces troubles psychiques et schizo-affectifs 38.

Elle est utile également pour améliorer la qualité du sommeil 39. Ses effets pourraient être liés à l’augmentation de la DHEAS, par la supplémentation en L-théanine 40.

Les doses de 250 à 400 mg par jour, durant 8 semaines, se sont montrées efficaces.

D-sérine

Une étude a permis de démontrer qu’une supplémentation en D-sérine, pendant l’enfance et l'adolescence, pourrait empêcher l'apparition de psychose à l'âge adulte. Une supplémentation précoce en D-sérine peut donc être intéressante, pour empêcher la survenue d'une psychose chez les sujets à haut risque 41.

Chez les personnes atteintes de schizophrénie, l'efficacité des traitements à la rispéridone et à l'olanzapine pourrait être augmentée avec un traitement adjuvant à la D-sérine. Une étude a été menée pendant 6 semaines. Les patients ont reçu 30 mg par kg de D-sérine, par jour. Cette supplémentation a entraîné des améliorations significatives, à la fois sur les symptômes négatifs, positifs, cognitifs et dépressifs 42.

N-acétylcystéine

La N-acétylcystéine ou NAC est un acide aminé non essentiel, qui stimule la production de glutathion, un antioxydant majeur qui est présent dans le cerveau.

Dans le cadre du traitement naturel de la schizophrénie, il aurait un effet sur les symptômes dépressifs majeurs 43.

Dans un essai contrôlé randomisé, une supplémentation de 6 mois de N-acétylcystéine, a augmenté les niveaux de glutathion cérébral, ce qui pourrait améliorer la connectivité fonctionnelle du cerveau 44.

Dans une autre étude, 20 patients présentant une forme paranoïde, ont reçu de la N-acétylcystéine à une dose de 2000 mg par jour pendant 60 jours. La supplémentation en N-acétylcystéine a montré une activité positive générale sur certaines fonctions cognitives, en particulier la mémoire de travail 45.

Acides gras polyinsaturés

Les omégas-3 sont des acides gras essentiels utilisés en abondance par le cerveau. L’équilibre des différents types d’acides gras 3/6/9 est essentiel au bon fonctionnement de l’organisme et de la fonction cognitive 46.

Ils ont montré leur efficacité dans l’amélioration des déficiences de la cognition, liées aux psychoses 47 48.

Les propriétés anti-inflammatoires des acides gras oméga-3 seraient responsables de ces améliorations 49.

Des huiles de poisson, riches en DHA et en EPA, associées à un traitement médicamenteux (rispéridone), ont montré des bénéfices santé dans un essai mené sur 16 semaines 50. Les omégas-3 permettraient d’atténuer partiellement les altérations de la substance blanche 51.

Il est pertinent d’utiliser certains types d’acides gras au moment de l’apparition des troubles psychotiques 52 et pour réduire sa progression 53.

Les omégas-3 peuvent à la fois être ajoutés à l’alimentation (huiles de lin, de chanvre, de cameline…). Il est également possible de prendre des omégas-3 en complément alimentaire, le plus souvent sous forme d’huile de poisson, dont les taux de DHA et EPA sont standardisés.

Antioxydants

Coenzyme Q10

La supplémentation en CoQ10 a des effets positifs sur la fatigue, les troubles cognitifs et les difficultés affectives dans plusieurs affections neurologiques et neuropsychiatriques associées à un dysfonctionnement mitochondrial , dont la schizophrénie 54.

Glutathion

Les niveaux de glutathion sont peu élevés chez les patients schizophrènes par rapport aux témoins sains. Ces taux bas peuvent être liés à la physiopathologie de cette maladie, plutôt qu'à la présence d'un traitement neuroleptique 55.

Le glutathion est utile dans l’élimination des toxiques et des métaux lourds, ceux-ci ayant un fort impact dans l’altération du fonctionnement cérébral.

DHEA

Des ratios cortisol/DHEA plus élevés (plus de cortisol, moins de DHEA) sont observés dans de nombreux troubles psychiques, dont la schizophrénie.

Il a été démontré qu'une supplémentation en DHEA de 100 mg, pendant 6 semaines, peut aider à soulager certains symptômes.

L'augmentation de la DHEA est alors efficace dans la gestion des symptômes négatifs, dépressifs et anxieux, avec une amélioration des symptômes négatifs, particulièrement visible chez les femmes 56 57.

L’équilibre du microbiote, alimentation et probiotiques

L'utilisation de probiotiques, autre traitement naturel, peut être également intéressante, en cas de schizophrénie.

Les déséquilibres du microbiote entrainent des déficiences dans de nombreuses substances essentielles au bon fonctionnement du corps, dont le cerveau. On pourrait dire que tout débute dans le microbiote et qu’un microbiote sain est le garant de notre santé, tant au niveau immunitaire, que pour protéger d'une inflammation chronique.

Une alimentation saine, riche en fibres et micronutriments pourvoit en principe les éléments nécessaires à cet équilibre.

Les produits fermentés, qui sont des probiotiques naturels, sont trop souvent oubliés, mais indispensables.

Les probiotiques peuvent également être pris en supplémentation, il a été démontré qu’ils ont des effets bénéfiques sur les patients atteints de ce trouble58.

Jeûne intermittent

Le jeûne, sous ses différentes formes, est un puissant anti-inflammatoire qui a fait ses preuves dans l’accompagnement de divers troubles psychiques. Ses bienfaits sur le cerveau sont reconnus et de plus en plus étudiés.

Le jeûne intermittent est une solution à moyen et long terme pour lutter contre l’inflammation, ceci dans le cadre d’un régime alimentaire équilibré fournissant tous les nutriments et micronutriments nécessaires à l’organisme.

Le jeûne intermittent est la forme de jeûne la plus adaptée aux pathologies nécessitant une prise continue de médicaments.

Phytothérapie

La phytothérapie est un traitement naturel de premier choix, en cas de schizophrénie.

Curcumine

Dans une étude de 24 semaines, des personnes atteintes de cette maladie, ont reçu 3000 mg de curcumine par jour. Cette supplémentation a montré des bénéfices significatifs. De plus, aucun effet indésirable n'a été rapporté 59.

Safran

Le safran (Crocus sativus) et ses composants permettraient de traiter certaines maladies psychiatriques, telles que l’anxiété et la schizophrénie 60.

Dans une étude contre placebo, des extraits aqueux de safran et de crocine (un composant du safran) à des doses de 15 mg, par jour, étaient tolérés en toute sécurité chez les patients présentant cette maladie 61.

Ginkgo Biloba

De nombreuses études démontrent les effets positifs d’une complémentation en extrait de ginkgo biloba, en tant qu’adjuvant des traitements antipsychotiques. Il s’est avéré utile pour renforcer les bénéfices de la clozapine 62, de l'olanzapine 63, et de l'halopéridol 64.

Il peut également aider à rendre les traitements à la clozapine efficaces chez les patients résistants au traitement 65, ceci en produisant peu d'effets secondaires aux doses recommandées 66.

Il a aussi été démontré une amélioration des fonctions immunitaires périphériques. L’efficacité du ginkgo biloba, dans l’amélioration des symptômes, pourrait être due à son activité antioxydante 67.

CBD

Alors que la consommation de cannabis est un facteur aggravant et peut déclencher des psychoses, du fait de l’activité psychotique du tétrahydrocannabinol (THC). Le cannabidiol (CBD), un autre de ses composants, provoque un effet inverse, antipsychotique, et pourrait ainsi être intégré dans le traitement naturel des personnes atteintes de schizophrénie.

Un traitement de 6 semaines permet de réduire les symptômes positifs (excédentaires) et leur intensité. Une amélioration des fonctions cognitives a été notée.

Ces résultats suggèrent que le CBD a des effets bénéfiques chez les patients et qu’il pourrait représenter une nouvelle classe de traitement, associée à des neuroleptiques. 68

Cependant, l'efficacité du CBD n’est pas confirmée, en raison du manque de preuves cliniques 69.

Psychothérapies et autres thérapies

Outre un traitement naturel adapté, des thérapies peuvent être envisagées, en cas de schizophrénie.

Un accompagnement psychothérapeutique est aujourd’hui proposé de façon quasi-systématique aux personnes atteintes de psychose, en parallèle des traitements médicamenteux.

De manière générale, les psychothérapies pourront êtres appliquées au malade comme à la famille.

Les psychothérapies reconnues :

  • Les thérapies psychanalytiques.
  • Cognitives comportementales (TCC).
  • Les thérapies systémiques individuelles et familiales.

D’autres types de thérapies et d’approches comportementalistes peuvent également être utiles :

  • La gestalt-thérapie
  • L’analyse transactionnelle
  • L’EMDR : conseillée pour évacuer les traumatismes
  • La communication non-violente (CNV) : pour établir une communication interpersonnelle saine
  • La programmation neurolinguistique (PNL)
  • Les thérapies psychocorporelles
  • L’hypnose et la sophrologie, sous leurs formes associatives uniquement, et avec un thérapeute spécialiste des psychoses (les formes classiques sont dissociatives et peuvent aggraver les psychoses).

Relaxation

Des techniques de relaxation peuvent être utiles, pour faire baisser le niveau d’anxiété, qui peut être particulièrement élevé.

  • La méditation en pleine conscience
  • Les massages et automassages
  • Les exercices de respiration
  • La cohérence cardiaque
  • Le yoga

Questions fréquentes

Qu'est-ce que la schizophrénie ?

La schizophrénie est une maladie psychiatrique sévère. 600000 personnes en France sont concernées par cette maladie.

Quel traitement naturel envisager ?

- La phytothérapie
- Une supplémentation en vitamines, minéraux, oligo-éléments, acides aminés et acides gras
- La prise de probiotiques
- L'utilisation de CBD

Quelles sont les autres recommandations ?

- Un accompagnement psychothérapeutique
- La pratique de la relaxation et du jeûne intermittent
- La pratique d'une activité physique
- Une alimentation saine et équilibrée


Marianne Buclet
Marianne Buclet, Auteur

Naturopathe et professeure de yoga