Vitamine D, quels sont les effets secondaires et contre-indications?

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La vitamine D (ou calciférol) est essentielle pour notre santé, et ce à tout âge de la vie. Principalement connue pour contribuer au maintien de notre capital osseux, elle regorge d’autres bienfaits. Comme pour tout principe actif, il est nécessaire de consulter les précautions d’usage du calciférol, avant toute prise. De plus amples informations sur les contre-indications, les interactions et les effets secondaires et indésirables de la vitamine D.

La prise de vitamine D représente-t-elle un danger?

Vitamine D en gélules: la prise de vitamine D peut entraîner des effets secondaires.

Selon le Vidal (l’ouvrage de référence des substances médicamenteuses dédié aux professionnels de santé), il existe effectivement des contre-indications à l’administration de vitamine D.

Les spécialités qui contiennent de la vitamine D2 (ergocalciférol) ou D3 (cholécalciférol) ne doivent pas être prescrites aux personnes qui disposent d’un taux de calcium trop élevé dans le sang (hypercalcémie) ou dans les urines (hypercalciurie). En outre, la vitamine D est proscrite chez les individus qui ont des antécédents de lithiases rénales (plus communément appelées « calculs rénaux ») composées de calcium12‌.

En effet, le calciférol est connu pour augmenter le taux de calcium de l’organisme. Dans cet objectif, il mène une action sur les parathyroïdes et la production de parathormone. On observe alors une augmentation de l’absorption intestinale du calcium, et une diminution de son excrétion rénale3‌. Une supplémentation en vitamine D serait donc néfaste pour ces personnes.

La vitamine D est largement utilisée en complément alimentaire. Vous pouvez retrouver et comparer différents produits, en vous rendant sur l'article: Quelle vitamine D choisir? Tests et comparatif.

Y a-t-il des interactions médicamenteuses?

Les spécialistes du Vidal recommandent effectivement d’éviter certaines associations. Ils conseillent de prendre un avis médical avant toute prise de vitamine D si l’on suit un traitement contre les troubles du rythme cardiaque1 ou un traitement à base d’orlistat (principe actif prescrit dans le cadre de l’obésité, qui lutte contre l’absorption des graisses).

La spécialité à base d’ergocalciférol, Stérogyl, est constituée de plusieurs excipients dont l’éthanol. Si vous prenez du Stérogyl ainsi qu’un traitement destiné à lutter contre l’alcoolodépendance, vous pouvez subir un effet antabuse : bouffées de chaleur, céphalée, rougeur de la face, nausées et vomissements2. Renseignez-vous auprès d’un professionnel de santé : d’autres suppléments existent et ne contiennent pas d’alcool. Ils seront davantage adaptés à votre situation.

Quels effets indésirables peuvent survenir ?

La vitamine D est susceptible d’entraîner des effets secondaires dès lors qu’elle est absorbée de manière excessive.

Toxicité: à partir de quand peut-on parler de surdosage ?

L’agence nationale de sécurité sanitaire, de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) estime que la référence nutritionnelle pour la population (RNP) adulte, homme ou femme, en matière de vitamine D, s’élève à 15 µg par jour, soit 600 UI (Unités Internationales)3. Mentionnons que les spécialistes du Vidal recommandent aux français l’administration quotidienne de 800 à 1000 UI de calciférol, et jusqu’à 2000 UI sous contrôle médical4.

Il faut souligner que la posologie de la vitamine D ne fait pas consensus au sein du corps médical : certains experts sont convaincus qu’un dosage supérieur serait plus efficace, tout en restant sécuritaire. Citons par exemple une étude menée par le professeur Vieth, qui explique que la production cutanée de cholécalciférol peut s’élever à 10 000 UI par jour, en cas d’exposition de la totalité du corps aux rayons du soleil. Cette valeur indiquerait la limite physiologique5.

En revanche, praticiens et chercheurs s’accordent à dire que l’apport excessif de vitamine D est néfaste pour la santé: les effets secondaires surviennent à un dosage journalier conséquent. Le Vidal indique que les premiers signes apparaissent dès lors que l’administration quotidienne est supérieure à 50 000 UI6. Contrairement au déficit en vitamine D, le surdosage est donc bien plus rare. Il est même qualifié d’exceptionnel par les experts du Vidal.

Zoom sur l’hypervitaminose D

L’excès de vitamine D dans l’organisme, qui entraîne l’apparition d’effets secondaires, porte le nom d’hypervitaminose D.

Ce trouble survient du fait de la liposolubilité du calciférol. En effet, lorsque l’on absorbe cette substance excessivement, le corps opère un stockage. Les symptômes de l’hypervitaminose D peuvent ainsi perdurer, même après l’arrêt de la prise de calciférol, et ce, durant plusieurs semaines.

Selon l’ANSES et le Vidal, l’hypervitaminose D se manifeste au travers des signes suivants : céphalées, nausées, vomissements, perte de poids, asthénie, douleurs musculaires et osseuses. Des troubles graves peuvent survenir, au niveau cardiaque et rénal. On peut également retrouver des traces de calcium, témoignant d’un taux excédentaire au niveau circulatoire, rénal, cardiaque et pulmonaire. L’hypervitaminose D peut, dans les cas les plus graves, engager le pronostic vital.

Les précautions d’usage: femmes enceintes et lactation

Le déficit en calciférol (ou hypovitaminose D) est particulièrement courant lors de la grossesse et de l’allaitement. Néanmoins, la supplémentation en vitamine D lors de cette période de la vie fait l'objet d'une controverse.

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) reconnait que le calciférol apporte de nombreux effets bénéfiques aux femmes enceintes ainsi qu’aux enfants à naître. Pour autant, l’organisme ne recommande pas de se supplémenter7. L’OMS se base sur une revue scientifique qui conclue à un risque accru de prématurité en cas de prise combinée de vitamine D et de calcium8.

Notons que de nombreux médecins et organismes se positionnent en faveur de la supplémentation en vitamine D pour les femmes enceintes et allaitantes, considérant que la balance penche davantage vers les bénéfices, plutôt que vers le risque. Il convient alors de respecter la posologie prescrite, afin d’éviter tout surdosage. En effet, l’hypervitaminose D serait néfaste pour la femme et l’enfant.

Le Vidal indique également que les différentes spécialités d’ergocalciférol ou de cholécalciférol peuvent être administrées lors de la grossesse et de la lactation, sous réserve de respecter le dosage prescrit.

En conclusion

La vitamine D est contre-indiquée chez les personnes qui se trouvent en hypercalcémie ou en hypercalciurie ainsi que pour celles qui ont des antécédents de calculs rénaux composés de calcium.

Il convient d’évoquer l’éventualité d’une supplémentation en calciférol avec un professionnel de santé, si vous prenez un traitement :

  • antiarythmique ;
  • à base d’orlistat ;
  • destiné à lutter contre l’alcoolodépendance.

Si l’on respecte la posologie ainsi que ces précautions d’usage, la prise de vitamine D est sécuritaire. Les effets indésirables que l’on attribue au calciférol sont liés à un fort surdosage (plus de 50 000 UI par jour).

En cas de grossesse, il est déconseillé d’associer la vitamine D et le calcium, afin de ne pas accroître le risque de naissance prématurée.


Mélanie Manzanares

Rédactrice spécialisée dans le domaine de la santé, ayant obtenu le diplôme d'état infirmier en 2013.