Vitamine D: quelles posologies?

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La vitamine D est essentielle pour l’organisme. Notre peau la synthétise principalement lors de l’exposition solaire, toutefois, nous pouvons aussi puiser de petites quantités à travers l’alimentation, via la consommation de produits d’origine animale. À l’heure actuelle, les autorités sanitaires reconnaissent que le déficit en vitamine D est mondialement répandu. Si tel est votre cas, votre médecin pourrait être amené à vous prescrire une supplémentation. Des compléments alimentaires sont également disponibles en vente libre. Quelles sont les recommandations officielles ? Où en est la recherche ? Zoom sur les posologies de la vitamine D pour les adultes.

Les recommandations des autorités sanitaires françaises

Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES)

Gélules : la posologie de la vitamine D pour les adultes peut varier en fonction de nombreux facteurs.

L’agence nationale de sécurité sanitaire, de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) a défini la référence nutritionnelle pour la population (RNP) en vitamine D : 15 µg par jour pour les femmes et les hommes à l’âge adulte. Cette valeur de référence tient compte d’une élaboration cutanée de cholécalciférol nulle. L’organisme précise que les RNP des autres tranches d’âge doivent encore être définies1.

Notons que les suppléments de vitamine D utilisent essentiellement la notion d’unités internationales (UI) pour quantifier la substance présente. Concernant la vitamine D, 1 UI équivaut à 0,025 µg. Ainsi, l’ANSES recommande un apport de 600 UI par jour pour un adulte, en l’absence de production endogène.

En outre, le site internet du Vidal (manuel de référence en matière de traitements médicamenteux, à l’attention des professionnels de santé) signale que la production endogène de cholécalciférol, couplée à une alimentation équilibrée, ne peut subvenir aux besoins d’un adulte, surtout s’il est âgé de plus de 60 ans.

Ainsi, la supplémentation en vitamine D est recommandée, à un dosage compris entre 800 et 1000 UI par jour. Cette préconisation s’applique d’autant plus aux personnes âgées de plus de 60 ans. Toutefois, les professionnels du Vidal expliquent que dans certains cas, les posologies quotidiennes de vitamine D pour les adultes peuvent s’élever à 2000 UI, sous strict contrôle médical2‌.

Positionnement de la Haute Autorité de Santé (HAS)

La HAS a publié en 2013 un rapport traitant de l’utilité clinique du dosage de la vitamine D3‌. Lorsque l’on parcourt cet écrit, on s’aperçoit que l’organisme ne chiffre pas précisément l’apport nécessaire en vitamine D. Les posologies de la vitamine D semblent effectivement dépendre de la pathologie en question et du dosage sérique, s’il s’avère nécessaire d’y avoir recours.

Prenons l’exemple de la population des personnes âgées. La HAS valide les travaux de la Société Française de Documentation et de Recherche en Médecine Générale (SFDRMG). Ainsi, ces deux organismes recommandent une supplémentation systématique des personnes âgées pour prévenir le risque de chutes. Il n’est donc pas obligatoire de faire effectuer un dosage de calcidiol ou 25(OH)D.

Concernant l’ostéoporose, la HAS tient compte des conclusions du Groupement de Recherche et d’Interventions sur les Ostéoporoses (GRIO) de 2011. Dans le cadre de ces pathologies, il s’avère nécessaire de doser régulièrement le taux de 25(OH)D, afin d’adapter les posologies d’attaque et d’entretien de la vitamine D.

Les préconisations internationales

Les recommandations qui vont être évoquées se trouvent également au sein du rapport de la HAS4‌.

La Canada Medical Association a publié une revue scientifique concernant la vitamine D, laquelle a permis d’établir une ligne de conduite en matière de posologie.

Tout d’abord, on s’intéresse aux adultes de moins de 50 ans, qui ne présentent pas de trouble de l’absorption ou d’ostéoporose. Ces personnes sont reliées à un risque faible d’hypovitaminose D. Néanmoins, les spécialistes recommandent une supplémentation systématique, comprise entre 400 et 1000 UI par jour de vitamine D, sans bilan biologique préalable.

Enfin, pour les personnes qui présentent des troubles avérés, la limite en vigueur de 2000 UI de vitamine D par jour peut être dépassée. Dans ce cas de figure, des prélèvements veineux seront prescrits pour évaluer le taux de 25(OH)D5‌.

En guise de conclusion, la HAS souligne que les préconisations formulées par les spécialistes des différents pays ne sont pas homogènes. Elles tiendraient compte des spécificités propres à chaque territoire et à chaque population. Ainsi, il conviendrait de suivre les recommandations émanant de notre pays de résidence.

Qu’en est-il de la recherche ?

Nous venons de constater que diverses lignes de conduite existent en matière de posologies de la vitamine D pour les adultes. En France, l’apport quotidien conseillé semble être compris entre 600 et 1000 UI, surtout si l’on est âgé de plus de 60 ans, et que l’on ne produit pas de cholécalciférol par l’exposition aux rayons UVB. La dose de 1000 UI par jour incarne l’apport maximal. Intéressons-nous maintenant aux conclusions posées par la recherche.

Doses de vitamine D administrées dans les essais cliniques

Lorsque l’on prend connaissance des études visant à valider ou réfuter les allégations santé de la vitamine D, on s’aperçoit que :

  • la RNP définie par l’ANSES, soit 15 µg par jour ou 600 UI, est bien souvent dépassée
  • et la posologie limite de 1000 UI est souvent franchie.

Par exemple, dans le cadre de la prévention des chutes accidentelles chez les personnes âgées, des doses quotidiennes de cholécalciférol comprises entre 800 et 1000 UI ont montré leur efficacité6‌. Ces posologies sont donc plus élevées que la RNP. En revanche, elles correspondent aux préconisations du Vidal.

Prenons le cas de la contribution de la vitamine D à l’hémostase. Un essai clinique a émis des conclusions favorables à la suite de l’administration d’une dose de charge de 300 000 UI de cholécalciférol, suivi de doses d’entretien quotidiennes de 800 UI7‌.

Enfin, la supplémentation en vitamine D s’est montrée bénéfique sur le virus de la grippe saisonnière. La posologie était alors de 1200 UI par jour, pour des enfants8‌.

Risques liés à l’hypervitaminose D

Les autorités sanitaires recommandent de ne pas excéder la dose sécuritaire de 1000 UI, afin de ne pas accumuler une quantité trop importante de vitamine D dans l’organisme, et ainsi s’exposer à des effets secondaires.

Selon l’ANSES, les signes de l’hypervitaminose D sont les suivants : céphalées, nausées, vomissements, perte de poids et asthénie. Le Vidal précise que l’on peut également souffrir de douleurs musculo-squelettiques, d’hypercalcémie ainsi que de troubles au niveau cardiaque et rénal.

Une dose limite controversée

Chacun s’accorde à dire que l’excès de vitamine D peut être particulièrement néfaste pour la santé. Toutefois, la valeur limite de 1000 UI entraîne des divergences d’opinion. Nombreux sont les professionnels de santé qui pensent que les autorités sanitaires devraient tolérer des posologies plus importantes.

En tout premier lieu, l’argument avancé est que la production cutanée de cholécalciférol liée à l’exposition solaire peut largement surpasser les 1000 UI, sans que cela soit préjudiciable pour l’organisme. Une étude scientifique explique effectivement que les rayons UVB apportent 10 000 UI de vitamine D par jour, si le corps entier est exposé. Ainsi, cette valeur incarnerait la limite physiologique2.

En second lieu, les effets secondaires liés à l’hypervitaminose D ont effectivement été constatés par la recherche, mais à des doses bien plus élevées que 1000 UI par jour. Le professeur Reinhold Vieth, expert de la vitamine D au Canada, explique que les effets indésirables reliés à l’excès de vitamine D peuvent être perçus si l’on absorbe plus de 40 000 UI par jour3. De surcroît, on peut lire sur le site du Vidal que les signes de l’hypervitaminose D surviennent avec un dosage quotidien supérieur à 50 000 UI.

En outre, certains chercheurs sont convaincus que l’efficacité de la vitamine D ne peut s’observer en deçà d’une dose plus conséquente. Pour l’équipe du docteur Garland, qui exerce au Canada, si la population disposait d’un taux sérique de 25(OH)D compris entre 40 et 60 ng/ml, on observerait alors :

  • 58 000 nouveaux cas de cancers du sein en moins,
  • 49 000 nouveaux cas de cancers colorectaux évités
  • et une diminution de près de trois quarts des décès liés à ces pathologies, aux États-Unis et au Canada.

Pour parvenir à ce taux de calcidiol dans l’organisme, les chercheurs indiquent que l’apport quotidien doit être de 2000 UI. Selon les chercheurs, cette posologie de la vitamine D, destinée aux adultes, est sécuritaire4.

Comment mettre en œuvre une supplémentation adaptée?

Déterminer le dosage

Les recommandations en matière de posologies de la vitamine D pour les adultes sont donc variables.

En cas de problème de santé, tel que l’ostéoporose, ou de prise de traitements médicamenteux, il convient d’évoquer l’éventualité d’une supplémentation en vitamine D avec votre médecin. Ce dernier évaluera la nécessité ou non de doser votre taux sanguin de 25(OH)D. Il vous orientera ensuite sur la dose de vitamine D à prendre.

Vous ne présentez pas de problématique de santé particulière, mais vous souhaitez prévenir un éventuel déficit, ou tout simplement profiter des bienfaits de la vitamine D.

Gardez à l’esprit les préconisations officielles, mais soyez rassuré en ce qui concerne les effets secondaires. Nous l’avons évoqué, ils ne surviennent qu’à des doses extrêmement élevées. En effet, vous pouvez en apprendre davantage au sein de l'article : Vitamine D: quels sont les effets secondaires et contre-indications?
Toutefois, n’hésitez pas à demander conseil à un professionnel de santé ou à un thérapeute. Des conseils personnalisés vous seront délivrés, en fonction de l’effet recherché.

Les différentes formes

La vitamine D peut être administrée par voie orale, injectable ou en application cutanée.

En matière de compléments alimentaires, on la trouve sous forme de comprimés, de capsules ou bien de solution buvable.

Vitamine D2 ou D3 ?

La recherche semble indiquer que la vitamine D3, ou cholécalciférol, est plus efficace pour maintenir un taux normal de calcidiol que l’ergocalciférol (ou vitamine D2). Elle permettrait également de faire des réserves plus conséquentes. En cas de carence en vitamine D, les chercheurs conseillent donc de se tourner davantage vers la vitamine D35.

À quel moment faut-il prendre son complément alimentaire?

La vitamine D, sous sa forme injectable, s'administre généralement tous les mois ou tous les trimestres.

Selon le site du Vidal, les suppléments per os sont à prendre de préférence au cours des repas. La vitamine D étant liposoluble, il convient de choisir un repas de la journée où l’on consommera une certaine quantité de graisses, dans l’objectif d’optimiser l’absorption du complément. Matin, midi ou soir, c’est donc à votre convenance.

À cet égard, une étude signale que l’absorption de la vitamine D3 augmente de 32% si l'on prend son complément au cours d’un repas présentant une teneur en graisses, comparativement à un repas sans matières grasses6.


  • 1Site de l’ANSES🔗 https://www.anses.fr/fr/content/vitamine-d
  • 2Eureka santé par Vidal (2016) Vitamine D (calciférols)🔗 https://eurekasante.vidal.fr/parapharmacie/complements-alimentaires/vitamine-d-calciferols.html
  • 3HAS (2013) Utilité clinique du dosage de la vitamine D – Rapport d’évaluation🔗 https://www.has-sante.fr/jcms/c_1356838/fr/utilite-clinique-du-dosage-de-la-vitamine-d-rapport-d-evaluation
  • 4Ibid.
  • 5David A. Hanley & al. (2010) Vitamin D in adult health and disease: a review and guideline statement from Osteoporosis Canada. CMAJ.
  • 6Dawson-Hugues B. (2017) Vitamin D and muscle function. J Steroid Biochem Mol Biol.
  • 7Blondon M. & al. (2019) Thrombin generation and fibrin clot structure after vitamin D supplementation. Endocrine connections.
  • 8Urashima M. & al. (2010) Randomized trial of vitamin D supplementation to prevent seasonal influenza A in schoolchildren. Am J Clin Nutr.
  • 9Vieth R. (1999) Vitamin D supplementation, 25-hydroxyvitamin D concentrations, and safety. Am J Clin Nutr.
  • 10Ibid.
  • 11Garland CF. & al. (2009) Vitamin D for cancer prevention : global perspective. Annals of epidemiology.
  • 12Robert P. Heaney & al. (2011) Vitamin D3 Is More Potent Than Vitamin D2 in Humans. The Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism.
  • 13Dawson-Hugues B. & al. (2015) Dietary Fat Increases Vitamin D-3 Absorption. Journal of the Academy of Nutrition and Dietetics.
Mélanie Manzanares

Rédactrice spécialisée dans le domaine de la santé, ayant obtenu le diplôme d'état infirmier en 2013.